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Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ]
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Juno

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MessagePosté le: Lun 27 Oct - 15:08 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Au milieu de l’eau : un temple. Un grand temple majestueux que la pluie ne cessait de tourmenter dans une inlassable plainte, comme si les Dieux eux-mêmes en voulaient à cet endroit.
Dans ce temple, des centaines, voir peut-être même des milliers de salles, chacune renfermant l‘une des créations d’Aqua, le Dieu de l’eau. Et parmi elles, Juno attendait son heure, aussi patiemment qu’un être puisse le faire.

Sa salle, qui ressemblait bien plus à une caverne qu’à une chambre, était loin d’être la plus accessible, bien que sa position soit évidente aux yeux de n’importe quel humain qui pénétrait en ces lieux.
Tout près de l’entrée se trouvait un escalier qui semblait descendre jusque dans les tréfonds de l’enfer. Le simple fait de regarder cet escalier avait dissuadé plus d’une personne d’y pénétrer : il était sombre, étroit, et descendait en spirale jusqu’on ne savait où.
À allure rapide, il faudrait tout de même cinq longues minutes pour qu’un humain puisse en atteindre le fond. Et quand bien même il arriverait jusque-là, un message l’attendrait de pieds ferme, gravé dans la pierre près de la grande porte en métal qui emprisonnait l’être.

« Toi qui prétends mériter une Invocation,
Prépare-toi à rencontrer la plus calme et la plus délicate d’entre elles.
Mais n’espère pas en aucun cas que le tour soit joué et n’attends pas d’elle ses faveurs.

Ton Courage elle mettra à l’épreuve,
Par une épreuve qui pourrait te coûter la vie. »


Ce message, dont les fines inscriptions argentées reluisaient sur le mur de pierre, avait dissuadé plus d’une personne d’entrer. Pour cause : le mystère qu’inspirait cette déclaration ainsi que la probable fin de la personne qui tentait l’épreuve.
Mais Juno n’avait pas le choix : seule une personne au cœur assez fort pour oser affronter la Grande Faucheuse pourrait la maîtriser et, qui savait, peut-être même rétablir Junon.

Si malgré les escaliers et l’inscription, un Homme se risquait à ouvrir la porte, il tomberait sur une salle très étrange.
En réalité, plutôt qu’une salle, ce serait à une caverne que cet Homme aurait à faire. Une grande caverne, remplie de stalactites et de stalagmites de roches, parfois plus grands que les grand pilonnes à l’entrée du temple lui-même.
Et tout au fond, un petit point d’eau. Ne dépassant pas les deux mètres carré de surface, la profondeur de ce puits, à défaut d’autres mots, était si grande qu’on ne pouvait en voir le fond. La noirceur de l’endroit aurait pu cacher des énormes créatures comme des trésors inestimables, que personne ne s’en serait rendu compte.

Et juste derrière ce point d’eau, Juno attendait, les yeux fermés et ses appendices de métal repliées sur elle en guise de protection, concentrée sur le moindre des bruits que pourrait faire la personne assez courageuse pour franchir la porte.
Cela faisait des années qu’elle attendait ainsi, sans bouger, mais son sixième sens lui disait que cela n’allait plus durer.

Advienne que pourra.
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MessagePosté le: Lun 27 Oct - 15:08 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Lilith

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MessagePosté le: Jeu 13 Nov - 10:45 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

L’eau… Un élément essentiel à la survit de la vie, à son épanouissement. L’eau, ennemi mortel du feu.

Lilith avait décidé d’enfin aller chercher une invocation d’eau. Etant un élément diamétralement opposé au feu, et donc à Agaliaretph, elle avait décidé de le laisser sur la berge. Et puis l’immense cerbère ne serait pas entré dans un petit canot sans le faire couler à cause de son poids… Elle s’était ensuite dirigée vers le regroupement de petites iles ceinturant le Temple, allant vers son centre à l’aide d’une petite embarcation.

Elle était un peu inquiète de le laisser ainsi, sans « surveillance » et trop loin d’elle à son goût. Elle s’était vite habituée à sa réconfortante présence, à la douce chaleur de son pelage contre elle… Elle ignorait si elle allait réussir l’épreuve que le demi-dieu ou la demi-déesse lui réserverait mais elle savait en tout cas que son beau Agaliaretph l’attendrait.

Rassérénée, elle banda ses muscles des bras et ramena contre ses flancs les rames. De la sueur coulait sur son front, se mélangeant à l’eau de pluie, ses bras la brûlaient. Elle allait bientôt faire une petite pause. Pour ne pas rester obnubilée par ses douleurs, elle repensa à leur chemin depuis le Temple de la Terre jusqu’au Temple de l’Eau…

Elle avait marché puis chevauché Agaliaretph, prenant en tout premier lieu la même route que pour le Temple du Feu. Puis, au lieu de retraverser le dangereux Désert Ambré – non merci, elle avait déjà suffisamment donné -, elle avait bifurqué vers le nord. Là, la terre formait une presqu’ile, tout comme le petit bout de terre reliant le continent au Temple du Feu.

Cela lui semblait étrangement familier sauf cette atmosphère lourde et humide qui collait ses vêtements contre son corps lorsqu’il ne pleuvait pas en averse. Le froid s’immisçait à travers son épais manteau, la glaçant jusqu’aux os. Heureusement qu’elle avait pu se réchauffer auprès de son invocation de feu…

Maintenant qu’elle était seule, elle n’avait plus intérêt à s’endormir ou se reposer, sinon le froid l’engourdirait et la plongerai dans un sommeil autre que réparateur - la mort -.

Alors qu’elle donnait un vif coup de rame, le canot racla brusquement quelque chose, déstabilisant Soki. Elle brassa l’air quelques secondes puis se retrouva les fesses au fond de l’embarcation, les fesses trempées d’eau gelée. Avec un juron bien senti, elle se redressa et regarda autour d’elle. Alors qu’elle tournait le dos à sa destination, elle n’avait pas vu, trop plongée dans ses pensées, qu’elle avait fait tout le chemin d’une seule traite !

Ses muscles se rappelèrent soudain à elle. Ses fesses congelées et le corps ankylosé, elle se demanda si elle devait faire une pause. Elle décréta que dès qu’elle serait à l’abri, elle soufflerait un petit peu. L’eau n’était décidément pas son élément préféré…

Elle monta respectueusement les marches de l’édifice du Temple de l’Eau. Tant de splendeur dans un lieu si froid, désolé et isolé… C’était affligeant que tant de beauté ne soit pas partagé. Mais Soki n’était pas venue pour admirer le travail des ouvriers… D’un pas vif, elle pénétra dans la douce protection du bâtiment sacré.

Elle se secoua, chassant un peu d’eau. Elle avait encore quelques perles accrochées à ses cheveux, chassant la couleur fictive qu’elle s’était appliquée avant de partir. Le noir coula, révélant sa chevelure auburn sanglante. Elle enleva sa besace qu’elle portait en bandoulière puis ses vêtements, de peur d’attraper une maladie tant ils étaient trempés. Elle frissonna. Elle pressa les tissus imbibés et fit couler sur le sol l’élément vénéré autrefois puis les jeta par terre.

Il y avait dans la grosse sacoche des victuailles, de l’eau, des vêtements et des torches ainsi que deux silex. Elle sorti des vêtements secs et chauds, qu’elle enfila rapidement, par mouvements saccadés. Ils étaient rembourrés de plumes, retenu par du tissu cousu. De couleur noir, les vêtements faisaient ressortir la blancheur de sa peau. Elle se pencha à nouveau sur son sac et en extrait quelques bouts de viandes séchées. Elle alluma une torche avec ses silex puis s’assit à même le sol.

Son repas était léger mais suffisant pour apaiser sa faim. Elle passa le tout avec une bonne rasade d’eau puis se releva. Son corps lui ordonnait de s’allonger et se reposer mais elle savait, au fond d’elle, qu’elle n’y arriverait pas si elle lui obéissait.

Elle regarda les centaines de portes closes. Les Temples se ressemblaient bien plus que ce que ne l’avait imaginé la jeune femme… Quand soudain… son regard fur attiré par un escalier sombre proche d’elle. Un vent glacé semblait pousser dans son dos, l’invitant à s’engouffrer dedans. Elle décida de suivre son instinct. L’escalier était en colimaçon, enroulé autour de lui-même dans uns spirale infernale, sombre et étroit. Il semblait ne plus jamais vouloir s’arrêter de descendre. Heureusement que le cerbère n’était pas avec elle car il n’aurait pas pu l’accompagner tellement le passage était étroit.

La jeune femme prit une petite inspiration puis descendit. C’était le même genre d’escalier qu’elle avait eu à passer pour trouver Agaliaretph. Etait-ce un signe du destin ? Rapidement, elle dévalait les marches. Grâce à sa bonne condition physique, elle atteignit le palier en quatre minutes.

Elle déboucha devant une grande porte en métal, bloquant le passage de la caverne humide. Proche de l’entrée, il y avait, gravé à même la pierre, une inscription argentée :


« Toi qui prétends mériter une Invocation,
Prépare-toi à rencontrer la plus calme et la plus délicate d’entre elles.
Mais n’espère pas en aucun cas que le tour soit joué et n’attends pas d’elle ses faveurs.

Ton Courage elle mettra à l’épreuve,
Par une épreuve qui pourrait te coûter la vie. »


* Délicate ?? Non… Ne me dites pas que j’ai fait tout ce chemin pour passer l’épreuve d’une « délicate » invocation ?! *

La jeune femme était indécise… Allait-elle prendre le risque de passer une épreuve mortelle pour obtenir une invocation qui ne lui conviendrait probablement pas ? Cela ferait probablement plaisir à Agaliaretph si elle revenait seule mais… pour ses projets, ses ambitions, elle avait besoin d’une invocation de chaque élément. Peut-être devait-elle obtenir celle-ci pour calmer les trois autres invocations qu’elle posséderait ? Cette invocation était-elle à ce point spéciale ?

Trop engagée pour reculer – et trop curieuse pour son bien -, la guerrière poussa la lourde porte de ses deux mains. Le métal était froid, légèrement glissant. Soki se pencha en avant, mettant tout son poids pour enfin écarter les portes grinçantes. L’eau avait crée de la rouille, attaquant le fer de la porte. Soki ne prit pas la peine de l’ouvrir entièrement et se faufila entre les deux battants, le souffle court.

Une grotte s’ouvrait devant elle, couverte… non… envahit par des stalactites et des stalagmites. Les « épines » étaient de tailles assez diversifiées, quelques unes aussi fines qu’une aiguille et d’autre encore plus grosses que les piliers à l’entrée du temple. Elle choisit de rester silencieuse, faisant le moins de bruit possible, ses pas aussi léger qu’elle le pouvait, de peur de provoquer la chute des roches aiguisées. La guerrière slaloma entre les plus grosses par choix. Elle se rapprochait lentement, inexorablement vers le fond de la grotte, entrevoyant de temps en temps une forme arrondie.

Soki dégaina son arme, sur ses gardes. Sa respiration ralentie, son corps se prépara à parer des coups et ses pas se firent plus souples. Sa lame en forme de demi-lune plaquée contre sa cuisse droite, elle continua d’avancer. Elle voyait de plus en plus clairement l’être qui se tenait face à elle. La demi-déesse – elle espérait que c’était l’invocation en tout cas – était très étrange.

Elle avait le buste d’une femme – ainsi que ses courbes généreuses - ainsi que le visage mais… celui-ci semblait dépourvu de traits, comme un masque blanc. Elle était encore loin mais il n’y avait pas l’air d’y avoir de nez, d’oreilles ou de bouche. Elle avait une chevelure longue et grise. Dessous le buste en revanche, plus rien n’était humain. Une sorte de gros ballon décoré remplaçait les jambes et les pieds. Il semblait bouger à l’intérieur – peut-être de l’eau ? -. La demi-déesse ne touchait pas le sol, comme si elle lévitait. Elle portait un petit haut bordeaux avec quelques froufrous blanc ainsi qu’une… bâche ? ou peut-être un drap, cachait l’arrière du ballon, touchant le sol telle une traîne.

La demi-déesse ne bougeait pas, suspendu à quelques centimètres du sol, les yeux fermés. Soki ne savait pas s’il fallait dire quelque chose et approcha respectueusement. La dalle en pierre n’avait rien indiqué sur la marche à suivre…

Elle s’avança donc encore, suffisamment proche maintenant pour apercevoir un point d’eau pas très large mais d’une profondeur insondable. Soki était certaine que si elle tombait dedans, elle pourrait se noyer à jamais sans toucher le fond. Elle recula un peu, prudente et leva les yeux vers l’invocation. Elle vit alors des éclats brillants sur chaque côté de la demi-déesse. Etait-ce des ailes ? Il semblait y avoir encore des motifs concentriques dessus.


* Comment va-t-elle me parler sans bouche ?! *

La femme décida de rester de ce côté-ci de l’eau, lui laissant une marge de manœuvre suffisante si elle voulait bouger librement. Elle rangea cependant son arme, la jugeant « déplacée » en un lieu d’apparence si serein. Si un ennemi apparaissait à cet instant, cela pourrait lui coûter la vie… Elle essaya de juger la dangerosité de l’invocation et estima qu’elle était trop calme pour être violente.

Soki était impressionnée par l’aura de calme, de quiétude qui émanait de l’être en face d’elle. Elle l’observa presque craintivement, de peur de lui faire peur. Comme c’était ironique ! La jeunette décida de garder encore quelques instants le silence, s’interrogeant sur la marche à suivre pour communiquer avec la demi-déesse de l’Eau. Elle prit une lente inspiration et se lança enfin.


« - Ô Demie-déesse de l’Eau ! Je te prie de m’excuser si ma présence te dérange. Je suis venue jusqu’à toi, attirée jusqu’ici par les Dieux. Laisses-moi passer ton épreuve et te libérer ! Permets-moi de te montrer que je suis digne de toi ! »

Soki attendit, ruminant ses paroles. Elle aurait pu faire mieux tout de même ! Pour un premier contact, cela laissait à désirer ! Elle espérait cependant que cela plairait à l’invocation…
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Juno

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MessagePosté le: Jeu 13 Nov - 12:06 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Le calme…
Rien d’autre que le calme. Dans sa grande caverne où elle se sentait définitivement trop seule, Juno attendait. Ici, le moindre courant d’air suffisait à briser un silence quasi-surnaturel, comme si le temps avait été arrêté. De temps en temps, une goutte tombait de l’un des stalactites, résonnant dans toute la salle, prouvant à l’Invocation présente que le temps s’écoulait toujours bel et bien.
Et Juno attendait. Même si elle n’avait pas pu leur parler depuis des milliers d’années, elle se doutait que son calme était légendaire, tout comme sa patience. Elle savait que la plupart de ses congénères attendaient tout comme elle, dans une impatience que personne ne pouvait blâmer. Seulement… malgré cela, ce n’était pas elles qu’on venait chercher… car finalement…

Un grincement.
Malgré le temps qui s’était écoulé depuis la dernière fois que Juno en avait perçu le bruit, elle avait été dans l’incapacité d’oublier le son que faisait la grande porte de métal en s’ouvrant. On venait donc la chercher… ?
En premier lieu, Juno décida de ne pas se laisser envahir par l’excitation et attendit patiemment, se concentrant sur tous les bruits qui pourraient arriver jusqu’à elle. Même si son envie de sortir de cette caverne était immense, l’Invocation ne pouvait pas se permettre de confier son pouvoir à n’importe qui, et il fallait d’abord juger celui ou celle qui avait foulé de ses pieds ce temple, cette salle.

De ce qui se passa, Juno ne manqua rien. Une personne, probablement une femme au vu de sa manière de se déplacer, slalomait entre les stalagmites. L’Invocation ressentait déjà de l’estime poindre dans son esprit pour cette femme. Après tout, elle avait osé descendre l’étroit escalier et même la promesse de mort à l’entrée de la caverne ne lui avait pas fait peur…
Mais Juno resta encore ainsi, sans bouger, alors que l’humaine ici présente s’approchait d’elle petit à petit, dans une curiosité qui se voulait grandissante pour la semi-Déesse.

La distance qui séparait l’humain de l’un de ses créateurs était maintenant insignifiante, et l‘épreuve aurait pu commencer, mais Juno préférait attendre que ce soit l’autre qui parle la première. Aussi s’amusa-t-elle à « observer » la femme ici présente, captant par ses appendices tous les mouvements qu’elle pouvait faire.
À première vue, l’humaine semblait hésiter. Elle avait descendu un escalier peu avenant, elle avait ignoré une menace de mort, et maintenant, elle hésitait. Pour quelles raisons ? Juno n’en savait rien. Peut-être bien que le calme et la patience de l’invocation l’intriguait ? Peut-être attendait-elle que l’Invocation fasse le premier pas ? Ce qu’elle ne savait pas, c’était que Juno avait une patience sans limite, et ce serait forcément à elle de parler la première.

Après un laps de temps finalement plutôt assez court, l’Invocation remarqua que la femme en face d’elle prenait une lente inspiration, probablement pour se donner du courage, et parla.

Si Juno avait eu un visage, l’humaine en face d'elle aurait pu y voir un sourire. L’immobilité de l’Invocation lui avait donné l’impression qu’elle dormait, et elle semblait gênée de devoir réveiller une semi-Déesse. Elle voulait prouver qu’elle était digne de Juno ? Sa manière de parler plaisait à l’Invocation : elle était respectueuse, et il lui semblait que les Invocations n’étaient pas pour elle des esclaves.
Ce respect lui rappela sa vie d’avant l’enfermement, lorsqu’elle était encore libre, et que l’Homme la considérait comme une bienfaitrice. Un soupçon de regret s’immisça dans le cœur d’eau de Juno.

Et puis là, l’Invocation revint dans le présent, se rappelant que sa seule chance de sortie attendait qu’elle ne parle. Une grosse dizaine de secondes devait s’être écoulée, et Juno décida de rompre son immobilisme millénaire.

Lorsqu’elle écarta ses ailes de métal dans un geste lent, Juno constata avec joie que son immobilisme millénaire n’avait en rien entravé ses capacités de mouvement. Quelques courbatures se faisaient ressentir, mais l’Invocation était prête à se battre dans la minute, s’il le fallait.
Accompagnant ses deux appendices, ses deux bras suivirent le mouvement et s’ouvrirent pour une arrivée triomphale. Par la même occasion, le buste de l’Invocation s’était relevé et se tenait maintenant droit, alors que ses deux yeux s’ouvraient.

Juno détailla la personne en face d’elle. C’était une femme, effectivement, et elle semblait avoir hérité des formes généreuses de sa créatrice. De longs cheveux auburn, une peau blanche qui contrastait avec des vêtements noir, cette femme savait mettre en valeur ses atouts.
Malgré cela, ce n’était pas sa beauté qu’elle était venu juger ici, mais bien son courage et sa détermination. Brisant donc le silence, les échos de la voix de Juno se décidèrent enfin à répondre à son hôte.

« Bienvenue à toi, humaine. »

L’invocation décida de s’arrêter quelques secondes pour permettre à la femme en face d’assimiler le fait que ce n’était pas par la bouche qu’elle parlait, mais bien depuis ses appendices de métal.
Puis, cet instant de flottement passé, Juno décida de reprendre, avec une voix qui se voulait calme, mais de bonne humeur.

« Je suis heureuse de voir à nouveau l’une de mes créations, et heureuse de te présenter une épreuve. Ta réussite amènera à lier les deux êtres que nous sommes, et ce jusqu’à ta mort. »

Juno leva la main droite et désigna le puits devant.

« Vois-tu ce puits ? Un être humain serait parfaitement incapable d’en toucher le fond. Malgré cela, c’est en cela que consiste l’épreuve. Je souhaiterai que tu tentes par tous les moyens d’en atteindre le fond, sachant qu’il t’est impossible d’y arriver. L’eau y est très froide pour l’humaine que tu es, et il te sera impossible de te repérer dans les ténèbres de ces eaux. »

Toisant du regard l’humaine pour observer sa réaction, Juno remarqua qu’il était bien impossible de savoir ce qui se passait dans sa tête. Penchant un peu la tête sur le côté en signe de contentement, l’Invocation décida de conclure de sa voix robotisée.

« Très bien, tu as l’air téméraire. Veux-tu tenter ta chance ? »


Dernière édition par Juno le Jeu 13 Nov - 13:41 (2008); édité 1 fois
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Lilith

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MessagePosté le: Jeu 13 Nov - 13:23 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Soki avait attendu. Elle avait fait preuve de plus de patience qu’elle n’aurait cru puis quelque chose bougea. La demi-déesse s’étirait lentement, dévoilant devant l’humaine qu’elle était ses ailes et son corps dans son ensemble.

* C’était donc bien des ailes… *

La jeune femme failli sursauter en voyant enfin les yeux de l’invocation s’ouvrit et ne put se retenir lorsqu’elle s’adressa à elle, projetant des échos partout en travers la grotte.

* Comment ?! Comment a-t-elle fait cela ? *

Son instinct la poussa a regarder les ailes, son regard s’y attardant. Elle ne remarqua presque pas que l’être devant elle s’était tu. Lorsque la « voix » s’éleva à nouveau, elle eut la certitude que c’était grâce à ses ailes qu’elle pouvait parler sans bouche.

La guerrière écouta religieusement les propos de l’invocation jusqu’à ce qu’elle annonce l’épreuve. Elle ne put se retenir de s’écarter d’un pas du point d’eau obscur. Se rendant compte de son geste, elle pinça les lèvres et fit deux pas en avant, toute proche de l’épreuve.


* C’est un suicide ! Je ne comprends rien à ce qu’elle attend de moi… Elle me dit que je dois toucher le fond pour réussir l’épreuve alors que c’est impossible ! Vais-je risquer ma vie pour libérer une invocation « délicate » donc faible ? Et puis, elle me donne son épreuve d’un ton un peu trop joyeux à mon goût ! Est-ce son but, de tuer tous les humains qui viennent à elle ?*

Elle secoua la tête, indécise. Elle avait de sérieux doutes. Elle avait franchi la porte en pensant que ce serait une épreuve du style d’Agaliaretph : qu’y gagnerait-elle de l’accompagner mais ça… Elle ne s’y était pas du tout attendu.

Elle essaya de mesurer le risque mais elle le connaissait déjà en ayant franchi la porte rouillée : la mort. Déjà qu’elle n’aimait pas l’eau alors s’enfoncer dans un puits noir comme l’encre… Elle frissonna.

Soki pesta. Elle n’était pas une froussarde ! Ce n’était pas elle ça ! Avec des gestes rageurs, elle ôta ses vêtements, ne gardant que ses dessous. Elle allait voir cette invocation, ce qu’elle en ferait de son épreuve ! Elle sautilla sur place pour se réchauffer, frottant ses bras vigoureusement avec ses mains.

Elle s’approcha, pieds nus jusqu’au bord du trou. Elle s’agenouilla et prit en coupe un peu d’eau. Elle se le versa sur la nuque. Une telle froideur lui coupa le souffle. Elle hoqueta de surprise et serra le poings. Cette eau était sur le point de geler tellement elle était froide !

Pour repérer l’air libre, elle planta au sol quatre torches tout autour du trou et les alluma, ainsi elle saurait dans les dernières mètres où se trouvait la sortie.


* Peut-être est-ce simplement une épreuve pour voir si je suis tout de même prête à plonger pour essayer ? Peut-être me demandera-t-elle au dernier moment de ne pas sauter… Ou alors est-ce que c’est une image pour me dire qu’il faut que je regarde au fond de moi quelque chose ? *

Soki se rendait bien compte qu’elle ne faisait que reculer l’échéance. Il lui fallait plonger dans la noirceur de l’eau pour libérer cette demi-déesse… Elle s’aspergea à nouveau d’eau glacée pour habituer son corps sous le regard impacible de l'invocation. Si elle plongeait et que la température était trop différente, elle risquait de s’évanouir. A moitié refroidie, elle rejeta loin d’elle la peur, l’incertitude, le doute.

Ne disant toujours rien, l'invocation la laissa faire. Soki se releva et prit une longue inspiration, ses pieds touchant presque l’eau. Elle leva bien haut ses bras, leur donnant la forme d’un triangle au-dessus de sa tête. Elle ferma les yeux et d’une brusque détente, sauta la tête la première dans le puits, son corps tendu de la tête jusqu’à la pointe des pieds. Un petit floc et des ondes d’eau furent la seule preuve qu’elle ne s’était pas fracassée la tête contre la pierre…

Le choc de température la désorienta et elle ouvrit les yeux. Son corps était déjà en train de s’engourdir, neutralisant peu à peu son cerveau. Le noir… Le noir était partout ! La pression de son corps lui ordonna de jaillir hors des ténèbres mais la guerrière résista. Elle perdit cependant quelques petites bulles d’air de sa bouche.


* J’aurais dû entrer dans l’eau petit à petit, en me tenant aux bords ! *

Mais elle savait qu’elle se mentait à elle-même. Si elle avait fait ça, elle aurait renoncé à mouiller sa tête… et donc à plonger. Elle prit le sens inverse des bulles d’air, ne voyant que vaguement les flammes de ses torches. Elle nageait la tête en bas… Une première pour elle. C’était très déstabilisant de devoir nager ainsi, sans rien voir.

Alors qu’elle pensait nager parfaitement droit, elle se cogna contre le mur du puits. Quelques bulles échappèrent à nouveau de ses lèvres glacées. Elle décida de longer le mur, s’aidant des petites interstices dans les briques pour se propulser avec les bras, ses jambes battant frénétiquement l’eau pour s’enfoncer plus rapidement.

Si elle arrivait à toucher le fond, elle aurait gagné l’épreuve !

Son souffle commença à manquer mais la jeune femme ignora la supplique de ses poumons. Elle plongeait encore plus profondément dans le noir, s’écorchant les mains contre les pierres rugueuses.

Soki craignait de sentir des algues ou des corps la frôler. Une tension, une peur panique s’empara d’elle. Tout son être la poussait à sortir hors des ténèbres ! Elle resta ainsi à combattre son instinct de survie quelques précieuses secondes. Son pouls battait trop vite, usant donc plus vite de l’air restant dans ses poumons.

Une brûlure naquit et son esprit s’engourdissait en plus de ses membres. Elle se rendit compte qu’elle ne savait pas à combien de mètres elle s’était ainsi enfoncée. Elle aurait tout aussi bien pu avoir fait que deux mètres autant que dix, pour elle, c’était pareil.

Elle sentait poindre le sentiment d’échec. Jamais de sa vie, elle n’avait aussi lamentablement échoué. Pour elle, perdre, c’était perdre la vie. Elle savait, dans un dernier éclair de lucidité, qu’elle ne pourrait jamais remonter à temps pour soulager ses poumons. Plus faiblement, elle continua de plonger, s’aidant maintenant pratiquement qu’avec ses jambes.


* Le fond ! Toucher le fond ! Je dois… Je DOIS y arriver ! Mon Dieu… Je n’y arriverai pas…

Qu’ai-je fait ? …

Je suis sincèrement désolée, mon tendre et cher Agaliaretph… Si je meurs, tu te retrouveras à nouveau enfermé dans ta prison de feu jusqu’au prochain humain digne de toi… *


Le corps de Soki s’affaibli et les dernières bulles d’air vicié s’échappèrent. Son corps se tendit. Ses poumons réclamaient de l’air, la forçant à avaler de l’eau automatiquement. Elle acceptait sa mort, inéluctable, mais pas son corps. Elle n’avait que l’immense regret d’avoir entraîné Agaliareth avait elle… Sa curiosité l’aura tué finalement……
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Juno

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MessagePosté le: Jeu 13 Nov - 14:45 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

L’énonciation de l’épreuve avait tout de même jeté un froid sur la situation, et l’humaine en face d’elle semblait hésiter, éprise d’un doute immense sur la véritable nature de l’épreuve. Elle fit un pas en arrière à la vue du puits, puis en fit deux en avant, signe qu’elle n’avait pas l’habitude de se laisser marcher sur les pieds, ou même simplement d’abandonner.

Juno se contenta d’observer, sans donner de détails supplémentaires. Si elle commençait à parler, elle se doutait que sa gentillesse expliquerait le geste attendu.
C’était donc de manière neutre qu’elle observa la femme en face d’elle secouer la tête, l’air un peu perdu. Alors qu’elle observait le puits, le visage de la femme se voila d’une succession de sentiments : peur, doute, colère et détermination.
Cette détermination… elle semblait sans faille. Un moment, Juno fut tenté d’arrêter l’épreuve et dire que c’était gagné, mais elle se ravisa et observa. Après tout, le dicton « Courageux mais pas téméraire » existait pour une raison bien réelle.

Toujours sous le regard avisé de Juno, la femme commença à se déshabiller, dans des gestes précipités qui montraient encore une fois la détermination de l’être. L’Invocation en déduisit qu’elle avait décidé de faire le grand plongeon, au sens propre comme au sens figuré. Même si l’humaine n’aurait pu le deviner sur le visage lisse de Juno, l’Invocation était déjà satisfaite de la tournure des évènements. Plus le temps passait, et plus elle se voyait dehors, au côté de cette femme aux cheveux rouge.

Mais elle n’en était pas encore là.
Pour le moment, la femme tentait d’habituer son corps à la température de l’eau, chose qui ne semblait pas évidente au vu de son mouvement brusque au contact de l’eau sur sa nuque. Abandonnant pour le moment l’idée de s’habituer, l’humaine tenta quelque chose que personne avant elle n’avait fait.
Pour se repérer dans les ténèbres des eaux, elle planta des torches tout autour du puits. Même si Juno fut au premier abord surprise, elle se surprit à féliciter la sagesse de l’humaine, et ce même si ce geste ne servirait à rien.

Pendant un nouvel instant, le femme ne bougea plus, concentrée sur le puits. Comme les autres Hommes avant elle, elle devait chercher une faille dans ce qu’avait dis Juno, un sous-entendu qui ferait qu’il était inutile de plonger dans l’eau, probablement sans succès. Après tout, l’Invocation était franche : il fallait vraiment sauter dans l’eau pour remporter l’épreuve haut la main.

Puis, décidément trop têtue pour poser des questions, comme l’avaient fait les autres prétendants à l’épreuve, elle recommença à étaler l’eau glacée sur son corps. Lorsqu’elle jugea que c’était suffisant, elle se releva et se mit en position, les deux bras en l’air au-dessus de sa tête, prête à plonger.
Durant tous ces gestes, Juno avait bien remarqué les regards en biais que lui lançait fréquemment l’humaine. Comme les autres avant elles, elle cherchait à savoir si ce qu’elle faisait était juste ou non, si l’épreuve n’était en fait qu’une épreuve mentale ou non. Pourtant, l’Invocation avait pris sa décision : son épreuve ne serrait remportée que par un humain dont le courage affronterait la mort sans ciller.

Avec un large sentiment de satisfaction, Juno observa la femme qui plongeait. L’épreuve commençait vraiment. L’Invocation se rapprocha du puits et y plongea ses yeux à la suite de l’humaine. Même si cette dernière n’y voyait rien, l’Invocation voyait elle clairement ce qui s’y passait.
Sans lever le petit doigt, elle observa donc la femme s’agripper au paroi pour descendre plus vite, elle l’observa se frapper contre les murs, elle observa les bulles d’air qui lui échappaient…

Elle avait déjà atteint un point de non-retour que personne n’avait osé approcher. Ses gestes se faisaient de plus en plus lents, de plus en plus affolés, comme si la peur prenait peu à peu le contrôle de son corps.
Cette femme était en soit une humaine, elle avait peur. Et c’était normal. La seule véritable peur était celle de la mort, et elle la défiait, continuant à s’enfoncer de plus en plus profondément dans ce puits qui lui semblait sans fond. Elle n’abandonnait pas, quand bien même elle savait qu’elle ne pourrait remonter à la surface, mais Juno se contentait toujours d’observer.

Voilà qu’elle atteignait ses limites. Il n’y avait plus que ses jambes qui bougeaient, dans un mouvement lent et faible. Et puis elle s’arrêta et accepta son sort, celui de perdre la vie ici. Avant que cela ne soit plus possible, elle ferma les yeux.



La chaleur…
Il faisait chaud, maintenant, autour de son corps. Rapidement, la femme ouvrit les yeux. Elle était en position fœtus, dans les mêmes ténèbres que ceux dans lesquelles elle croyait être morte, mais elle pouvait respirer. Lorsqu’elle tenta d’étirer son corps, la seule chose qu’elle put toucher fut une sorte de membrane plastifiée, qui avait la forme d’une sphère. Elle aurait pu avoir l’impression d’être enfermée dans une bulle d’eau, mais… elle pouvait respirer. Elle était dans l’eau, et elle pouvait respirer.

« Félicitations, humaine. Tu as remporté l’épreuve en bravant la mort. Ne t’inquiète pas, nous allons sortir d’ici et tu pourras regagner la terre ferme en toute sécurité. »

Dans le noir complet, il aurait été impossible à l’humaine de comprendre ce qu’il se passait, si ce n’était que la voix venait d’au-dessus d’elle, et… qu’elle était vivante. Sûrement cette conséquence devait lui suffire, pour le moment.

Lorsqu’enfin elles rejoignirent la surface et par la même occasion la lumière, la femme put comprendre ce qui s’était passé.
Juno était descendue la sauver, et elle était maintenant dans la sphère qui remplaçait les jambes de l’Invocation. Juno, dont les pouvoirs de contrôle sur l’eau permettait d’en extraire de l’oxygène, avait modifié la structure du liquide bleu de sa sphère pour permettre à l’humaine d’y survivre, comme un enfant le faisait dans le ventre de sa mère.

D’un geste doux et maternel, l’Invocation refit passer la femme à l’extérieur de sa sphère et la posa délicatement sur le sol, à côté de ses vêtements.
Elle s’en éloigna pour revenir à sa position initiale, le puits séparant les deux êtres, et attendit quelques secondes que tous ses sens ne reviennent à la femme. Après tout, elle venait de voir la mort de très près, peut-être même de plus près que n’importe quel être humain n’aurait jamais à le faire.
Malgré cela, Juno n’oublia pas la raison de cette épreuve et, dans une courbette gracieuse, elle s’adressa à la survivante.

« Ta détermination et ton courage sont exemplaires, jeune femme. Moi, Juno, accepte dès à présent d’être ton Invocation. Utilise mes pouvoirs comme bon il te semblera. »

Se relevant de sa courbette, elle examina le visage bleue de froid de la femme en face d’elle.

« Maintenant, me ferais-tu l’honneur de connaître ton nom ? »

Oui, maintenant plus que tout, Juno voulait connaître le nom de celle qui venait de la libérer et qui, par la même, venait de lui rendre une liberté tant attendue… Elle n'était pas pressée, cependant. Il était normal qu'il faille du temps à la jeune femme pour bien comprendre tout ce qui venait de se passer et surtout pour reprendre suffisamment ses esprits pour répondre.


Dernière édition par Juno le Ven 14 Nov - 10:04 (2008); édité 2 fois
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Lilith

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MessagePosté le: Ven 14 Nov - 09:05 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Elle ferma les yeux, son dernier geste, selon elle. Un dernier acte mais de faiblesse. Fermer les yeux ne l’empêcherait pas de mourir… Quelle honte pour une guerrière et chasseuse de monstre de mourir ainsi...

***

Tout d'un coup, elle put à nouveau respirer !! Elle n’avait plus froid. Etait-ce ça la mort ? Ses muscles et ses mains douloureuses lui apprirent qu’elle était toujours vivante. Avait-elle réussi l’épreuve ?! Avait-elle atteint le fond malgré tout, sans s’en rendre compte ? Tout en crachant l’eau qu’elle avait avalé, elle tenta de regarder autour d’elle.

Elle semblait toujours être dans de l’eau mais pouvait respirer à plein poumons. Pourquoi ?! La jeune femme, trop choquée par la mort qu’elle venait de frôler n’essaya pas vraiment de comprendre. Son esprit encore embrumé lui réclamait du repos et du calme.

Ténèbres obscures… Verrait-elle à nouveau la lumière du soleil ?

En essayant de s’étirer, elle buta contre une matière élastique, un peu caoutchouteuse. Elle toucha les parois jusqu’à en avoir fait le tour. Elle était dans une espèce de bulle souple. Une bulle ? Elle revit le bas du corps de l’invocation, rempli d’eau. Etait-elle… ? Elle se secoua la tête.

* Voyons, ce n’est pas possible ! Elle était en haut. Comment aurait-elle pu me rejoindre aussi vite ? A moins que j’ai fait demi-tour quand j’ai manqué d’air ? Et puis, je ne devrais pas pouvoir respirer dans de l’eau mais me noyer ! Quelle est donc cette magie ? *

Une voix transperça enfin les ténèbres, empêcha la guerrière de paniquer. C’était la demi-déesse ! Elle l’avait donc rejointe pour la sauver au dernier moment… L’épreuve était donc de défier la mort et non pas toucher le fond ?! Elle la réconforta en la prévenant qu’elle la ramenait sur le sol du Temple. Soki força son corps à se détendre, profitant de la douce chaleur l’environnant.

Une lumière ! Au-dessus d’elle, un rayon des flammes des torches l’atteignait à nouveau ! Elle pleura doucement de joie. L’invocation sorti totalement de l’eau, Soki dans son ventre. La femme put enfin sortir du cocon d’eau. L’air froid sur sa peau lui donna la chair de poule et la fit frissonner. Finalement, elle aurait voulu rester un peu plus longtemps dans le ventre de la demi-déesse… Elle retomba sur ses genoux maladroitement, à côté de ses vêtements, encore sous le choc.

L’invocation était retourné à sa place, de l’autre côté du puits. Avait-elle rêvé lorsqu’elle lui avait dit qu’elle avait réussi l’épreuve ? Si non, pourquoi s’était-elle remise là-bas ?! La jeune femme était désemparée, son corps frissonnant. Il fallait qu’elle se sèche et s’habille rapidement. Elle mit donc de côté ses questions, s’approcha à contrecœur du puits et s’emparer de toutes les torches. Elle les positionna en tas sur le sol de sorte à former un feu de camp. Elle plaça ses mains gelées au-dessus des flammes, approchant son corps le plus possible de la chaleur salvatrice, se frottant les bras avec ses mains chaudes de temps à autre.

L’invocation reprit enfin la parole, après avoir fait une révérence gracieuse. Soki la regarda, les yeux un peu trop grands et les lèvres bleues. Elle s’appelait donc Juno… Elle lui confirma avoir réussit l’épreuve dans une phrase rituelle. La jeune femme était encore trop secouée pour s’en réjouir. Elle ne pensait qu’à se réchauffer et rejoindre son invocation de feu. Elle dû cependant faire un effort car l’invocation venait de lui poser une question. Son nom. L’esprit de Soki refusait de chercher. Elle l’y força pourtant, sachant que c’était important pour Juno.


« - Soki… Heu… Lilith Shidori…

Je ne pourrais cependant pas te dire “heureuse de te rencontrer Juno” parce que là je suis frigorifiée… Nous ferons les présentations approfondies lorsque j’irai mieux, d’accord ?…

Par ailleurs, nous devons rejoindre Agaliaretph, mon invocation de feu. J’espère qu’il n’a pas fait trop de dégâts en mon absence…

Seras-tu prête à partir dès que je serais sèche et habillée ? Ne le prends pas mal mais je crois que je vais garder de très mauvais souvenirs de ce Temple et j’aimerai en sortir dès que possible.

J’en profite pour dire que ton épreuve est vraiment… hors du commun… »


Elle s’était agenouillée devant le feu, face à Juno, exposant le plus possible ses vêtements et sa chair nue aux flammes pour faire condenser l’eau. Difficile lorsque l’atmosphère est humide… Insatisfaite du résultat, elle sorti le reste de ses torches – c'est-à-dire deux – et les rajouta sur le petit feu. Celui-ci s’embrasa un court moment, projetant des ombres mouvantes sur le visage de la jeune femme.

Un bain chaud… Non, bouillant ! La jeune guerrière n’avait plus que ça en tête, rentrer à la maison, au Domaine. Se faire dorloter par ses domestiques et son cerbère… Elle poussa un soupir d’envie et rejeta ces images. Ce n’était pas le moment de se laisser distraire.

Soki fut enfin à peu près sèche, de sorte qu’elle pouvait renfiler ses vêtements chauds sans les tremper. Avec délice, elle s’emmitoufla dans les plumes, prête à rouler dedans tel un chat tellement elle était contente. Elle se retint, bien évidemment.

Elle récupéra son sac de voyage, le remit d’un geste machinal sur son épaule mais le repositionna car il lui entravait l’accès aux lanières pour détacher son arme en demi-lune. Enfin parée pour de nouveau affronter les éléments déchaînés, la jeune femme regarda une dernière fois autour d’elle et prit le temps de regarder plus profondément Juno.

Celle-ci semblait… impatiente de sortir. Avait-elle déjà eu un autre Maître depuis son enfermement ou y était-elle restée depuis tout ce temps ? Soki se dit qu’elle aussi devait être impatiente de sortir de ce Temple… La jeune femme lui sourit et l’invita d’un geste engageant à venir à ses côtés.

Arrivée au niveau des escaliers, la guerrière passa la première, munie d’une torche survivante – ressemblant plus à une braise qu’à autre chose -. La montée fut beaucoup plus lente que la sortie. Il lui fallut dix minutes d’une marche forcée pour enfin atteindre le palier de l’entrée du Temple de l’Eau.

Il pleuvait fort dehors et le vent poussait l’eau à l’intérieur du temple, faisant danser la pluie lorsqu’il changeait de direction. C’était jolie quand on en était pas la victime… Soki remonta frileusement son col de manteau et enfonça sa tête dans ses épaules. La traversée allait être désagréable, surtout si elle devait enlever au préalable l’eau qui stagnait au fond de la barque.
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MessagePosté le: Ven 14 Nov - 12:50 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Juno observa la jeune femme frissonner et son altruisme lui cria de l’aider. Cependant, elle se rendait bien à l’évidence, seuls les Invocations du feu avaient la capacité à réchauffer leur Maître. Pour le moment, elle n’était capable que d’une aide morale, une aide qu’on lui avait fréquemment demandée dans l’ancien monde…

Mais d’ailleurs… Le nouveau monde… Comment était-il ? Maintenant qu’elle se savait enfin libre, la curiosité de l’être reprenait à nouveau le dessus sur sa patience. Et tout cela, c’était grâce à cette femme qui tentait de se réchauffer par la chaleur des quelques torches qu’elle avait. Le moins que l’on pouvait dire, c’était que cette femme était une grande débrouillarde : même dans ce genre de situation, elle arrivait encore à réfléchir assez vite pour ne pas mourir de froid, chose qu’aurait de toute manière empêché Juno à tout prix. Pour le moment, elle se contentait d’observer, impuissante, sa nouvelle Maîtresse en train de se frictionner les bras pour permettre au sang de circuler plus vite dans ses veines, et donc de la réchauffer.

Et pourtant, malgré cela, elle fit un effort qui mit du baume au cœur à Juno, celui de se forcer à parler pour donner son nom. L’Invocation voyait bien qu’elle n’était pas en état de parler normalement, mais le geste que sa nouvelle Maîtresse faisait pour elle l’avait profondément touché. Encore une fois, si elle avait eu un visage, Juno aurait étiré ses lèvres en un large sourire.
Par contre, le fait qu’elle se trompe sur son prénom était étrange… S’appelait-elle donc Lilith ou Soki Shidori ? Cette humaine semblait pleine de surprise.
En tout cas, et ce pour la remercier, Juno se rapprocha d’elle et répondit à toutes ses questions.

« Non, bien sûr que cela ne me dérange pas ! Réchauffe-toi comme il le faut, j’attendrai sans aucun problème. Je veux bien avouer que mon épreuve est étrange et difficile, mais je voulais quelqu’un d’assez courageux pour braver la mort. Tu t’en es sortie à merveille… Lilith. Je partirai quand tu le souhaiteras. Je t’avoue sans retenue que je ne suis pas déçue de quitter cet endroit, moi non plus. »

Elle marqua une petite pause et se rappela que même si c’était évident pour elle, Lilith ne devait pas être courant de quelque chose de naturelle chez sa nouvelle invocation.

« Soit dit en passant, ne t’inquiète pas de la relation que j’aurai avec Agaliaretph. Je ne le connais pas, mais je suis de nature très pacifiste. Aussi longtemps qu’il restera poli avec moi, je promet qu’il n’arrivera jamais rien. »

Bien qu’elle ne répondit pas, Juno était sûre que Lilith avait écouté soigneusement toutes ses paroles, et elle n’insista pas.

Quelques minutes plus tard, après avoir rajouté deux torches aux quatre déjà en train de brûler, la femme se jugea prête et renfila ses vêtements noir, qui semblait à première vue très confortable et très chaud.
Dès lors, elle n’attendit pas une seconde et remit son sac sur ses épaules, prête à prendre le large. Avant cela, elle se retourna une dernière fois sur Juno et l’observa longuement. L’Invocation se demandait ce qui pouvait bien lui passer dans la tête, mais ne posa pas la question. Chacun avait droit à son jardin privée, et Juno ne voulait pas déjà paraître trop curieuse. Finalement, Lilith lui sourit et l’invita d’un geste de la main à la suivre, ce que Juno fit sans attendre.

Avant de franchir la porte en métal, Juno jeta un dernier regard sur la caverne qui l’avait accueilli tant d’années… Elle n’était pas triste de sortir, d’autant plus qu’elle savait qu’elle devrait y revenir un jour, mais un frisson la parcourra lorsqu’elle passa sous l’arche de la porte, se dirigeant vers sa nouvelle liberté.

Le chemin pour revenir jusqu’à l’entrée du temple fut laborieux. L’épreuve avait fatigué Lilith, et il leur fallut une bonne dizaine de minutes pour arriver devant la porte d’entrée du temple. Juno aurait bien raccourci ce temps en portant Lilith, mais elle avait eu peur que la jeune femme ne le prenne mal, aussi avait-elle préféré s’abstenir.

À l’extérieur du temple, les éléments se déchaînaient, si bien que la pluie, associée au vent, commençait à inonder l’entrée du temple. Tandis que Lilith remontait son col pour affronter le mauvais temps, Juno se réjouissait déjà. En tant qu’Invocation de l’eau, le contact de la pluie sur son corps était fort appréciable, mais elle savait que ce n’était pas le cas des humains.
Voilà pourquoi, alors que Lilith s’avançait vers la sortie, la main de Juno se posa sur son épaule et l’en empêcha.

« Attends une seconde, petite humaine. »

La voix robotisée se voulait rassurante, à la limite du maternel, et le surnom de petite était plus affectueux que dégradant.

« Je suis capable de faire quelque chose qui pourrait être fort appréciable de ton point de vue : je peux contrôler toute source d’eau dans un rayon de cinq mètres autour de moi. Je te propose donc de te coller à moi, et nous pourrons ainsi traverser la tempête sans nous faire toucher. Regarde, je te montre. »

S’avançant vers l’extérieur, Juno se plaça sous la pluie.
Et effectivement, aucune goutte ne l’atteignait. Comme s’il y avait eu un dôme invisible tout autour d’elle, la pluie rebondissait sur un mur qui n’existait pas, repoussant adroitement la plainte inlassable du Dieu de l'eau, Aqua, sur ce temple.

Même si Juno se doutait que ce pouvoir plairait beaucoup à sa nouvelle Maîtresse, elle revint à l’intérieur et se rapprocha d’elle.

« Alors ? Veux-tu essayer ? »
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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 15:31 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

La jeune s’était bien aperçut de son instant d’interrogation quand au prénom à lui utiliser mais elle avait décidé de l’ignorer. Elle lui expliquerait plus tard son lapsus révélateur. Pour l’instant, elle était trop occupée à se faire du soucis sur la réaction d’Agaliaretph face à Juno. Allait-il l’accepter facilement ?

Juno la rasséréna en lui disant qu’elle était « très pacifique ». La jeune femme se retint de justesse de gémir. Avait-elle failli mourir pour libérer une invocation trop pacifiste pour l’aider dans ses combats ?! Elle lui jeta un regard un coin discrètement. L’invocation ne le vit pas mais Soki se demandait si cela allait en valoir le coup…

La guerrière était fatiguée et avait renâclé pour aller sous la pluie. Elle commençait à en avoir marre d’être trempée à longueur de temps. Ce temps moisi finirait par lui donner une maladie des poumons ! Cela avait du se voir sur son visage car à l’instant où elle voulu se lancer à l’assaut des éléments, sa nouvelle invocation posa sa main sur son épaule, l’arrêtant dans son élan.

Evidemment, si elle avait un moyen pour qu’elle ne soit pas trempée jusqu’aux os, elle allait la laisser faire ! Et elle eu bien fait ! Lorsqu’elle vit que l’eau déviait sa course tout autour de Juno, glissant autour d’elle tel un bouclier invisible, la jeune femme écarquilla les yeux, ébahie. De la magie à l’état pur…

Avec un sourire joyeux, elle se colla le plus possible contre l’invocation et ensemble, elles descendirent les marches glissantes. Soki failli perdre l’équilibre et tomber mais à chaque fois, Juno la rattrapait. Quel pur délice de ne pas être mouillée par la pluie ! D’emblée, elle commençait à apprécier Juno ! Finalement, elle allait être utile…


« - C’est un pur délice de ne pas se faire tourmenter par l’eau ! Tu as d’ailleurs bien de la chance de léviter, cela t’évite bien des glissades sur ses marches ! »

Soki se reconcentra sur ses pieds lorsqu’elle failli tomber magistralement. Arrivée à l’embarcation, elle agrippa le sceau en bois qui était caché sous les bancs et commença à s’afférer à vider l’eau : remplir le sceau et le vider directement dans la mer. Alors qu’elle en était à son deuxième sceau et que le niveau dans la barque était identique, elle senti Juno s’approcher dans son dos.

Attentive à ses gestes, la guerrière se mit de profile pour la voir dans sa vision périphérique mais ne recula pas – de peur de prendre la pluie -. Sans un son, sans un geste, l’eau s’évapora peu à peu jusqu’à ne plus en laisser une goutte au fond ! La guerrière regardait l’embarcation sans vraiment y croire, entièrement captivée par le tour de magie de Juno. Elle avait intérêt à reconsidérer les atouts de l’invocation… Elle se reprit lentement et sauta habilement dans la barque.


« - Bon et bien allons-y !! Juno, tu vas pouvoir léviter au-dessus de l’eau ? »

Si Juno ne pouvait pas léviter sur l'eau, peut-être le pourrait-elle au-dessus de la barge ? Soki commença à pagayer doucement, le temps que ses muscles s’échauffent à nouveau. Les lèvres toujours un peu bleus, elle les pinçait pour ne pas penser au froid qui la tétanisait. La barque fendit l’eau tranquillement, faisant naître à sa pointe des ondes de plus en plus espacées. La jeune femme se laissa hypnotier à les admirer pour oublier ses douleurs. Une brume épaisse se leva, masquant son environnement à un mètre de distance. Dans cet univers ouaté, elle aurait pu se croire seule au monde. Seules les bruits de rames transperçaient l'atmosphère. Au bout de ce qui lui parut des heures, elle se secoua. Malgré cela, elle se surprit à fermer les yeux. Elle sursauta et décida que parler était un bon remède.

"- Agaliaretph est ma première invocation. Il maîtrise l'élément Feu. Il ressemble à... un gros cerbère, un chien à trois têtes. Tu sais ce que c'est un cerbère ? ... Il a le poil noir et soyeux, légèrement brillant, une tête de serpent au bout de sa queue. Il mesure... plusieurs fois la taille d'un homme en hauteur. Il est très difficile à faire passer inaperçut - en fait impossible -...

Continuons, je l'ai rencontré depuis peu de temps mais il m'a sauvé à de nombreuses reprises la vie: dans le Désert Ambré contre un Ver Géant puis contre la fièvre, dans la forêt près du Domaine contre des serpents...

Il habite avec moi, le plus près possible au vu de sa taille, au Domaine Shidori. Je lui ai fait construire un abri dans le jardin, là où l'herbe est bien haute et grasse pour qu'il se sente à l'aise. Il a un caractère assez impulsif alors sois prudente, je ne serais pas toujours là pour le tempérer."


La jeune femme s'arrêta de parler et se replongea dans ses souvenirs. Face au silence, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas fini. Qu'elle n'avait pas expliqué pourquoi elle avait parlé d'Agaliaretph.

* Depuis combien de temps suis-je plongée dans mes pensées ?! *

"- J'aimerais savoir ce qu'il te faut, à toi. De quoi as-tu besoin ? Demandes-moi et je donnerai des ordres pour que cela corresponde au mieux à ce que tu voudras. "

Elle se rendit compte qu’elle ne pagayait plus et que l’embarcation avait touché des terres. Elle sauta hors du canot et le tira hors de l’eau par le cordage à sa proue. Le corps en sueur et une rougeur aux joues, elle se laissa tomber à genoux, tête baissée, épuisée. Elle prit sur elle et releva le menton, cherchant du regard son cerbère adoré.

Soki reprenait de plus en plus conscience du froid qui la saisissait. Elle frissonnait et claquait des dents, le corps engourdi. Elle se releva avant qu’il ne soit trop tard et marcha à pas saccadé vers l’intérieur des Terres. Transie, elle tentait de rejoindre Agaliaretph pour qu’il la réchauffe mais ne le voyait nulle part. Elle commença à se faire du soucis pour lui et cria pour l’appeler. Sa voix s’enroua et elle se mit à tousser.


* Mon Dieu, faîtes qu’il me rejoigne vite sinon je vais mourir de froid ici… Si misérablement… *
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Agaliaretph

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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 19:17 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Agaliaretph depuis le départ de sa chère maîtresse se sentait terriblement seul, il ne c’était jamais séparé d’elle depuis qu’il avait quitté cette maudite prison du temple du feu.. La pluie fesant rage un peu partout, elle tombait comme des clous au sol, détestant cela au plus haut point, Agaliaretph c’était trouvé un coin dans une forêt à quelques kilomètres du lieu de départ de Soki, un lieu ou les arbres étaient extrêmement collé, ce qui empêchait l’eau de l’infiltrer. Depuis quelle était parti Agaliaretph n’avait cessé  de penser au futur avec la nouvelle invocation de Soki allait ramener. L’invocation allait être, une invocation d’eau, l’élément le plus détesté parmi ceux du feu.

* Beurk… Une invocation d’eau, la pire chose qui existe sur terre! Elle va surement vouloir que je reste poli. Baliverne, je suis le premier et je règne sur mon territoire, si elle ose quoi que ce soit… Elle va voir, l’invocation d’eau ! Si elle me cherche elle va me trouver! *

Plusieurs heures passèrent, sans que Soki ne revienne du temple. Plus le temps passait, plus Agaliaretph se sentait mal de l’avoir laissé faire et de pas avoir tenté de la garder auprès de lui. Elle était peut-être mal prie à quelque part, l’eau l’avait peut-être pris de force par une géant vague, il y avait peut-être eu des complications dans le temple, elle se trouvait peut-être frigorifié et perdu. Plusieurs scénarios se mirent à hanter le demi-dieu, tellement qu’il décida de retourner attendre sur la berge sa chère maîtresse, même sous la pluie. Sortant de sa cachette, Agaliaretph  fit augmenter la température de son corps tellement haute, que la pluie se transformait en brume, avant même de l’avoir touché. De cette manière il resterait complètement sec même sous la pluie.

Parcourant le chemin inverse, Agaliaretph retourna sur la berge, exactement à la place de sa maîtresse était parti. Mais bizarrement, après un certain temps aucune embarcation ne se fit voir. Du haut d’une légère falaise, Agaliaretph regardait l’océan menant au temple en fasse de lui et il se demanda si l’emplacement était vraiment celui ou sa maîtresse l’avait quitté. Il maudit cet élément qu’était l’eau, car cet élément avait peut-être emporté la seule personne qui lui tenait à cœur.

Après un certain temps, Agaliaretph sorti de ses pensées pour se concentrer sur une sensation qui le parcourait entièrement. Un lien l’unissant à Soki, c’était formé à l’intérieur du demi-dieu et il ne passait pas que Soki puisse le sentir. Ce lien lui donnant l’information de tous sentiments que Soki pouvait ressentir, malaise,  douleur, peine, etc. Du haut de son perchoir, Agaliaretph ressentit l’appelle de sa maîtresse.

Sautant sur la berge, Agaliaretph la parcourra à une vitesse folle pour retrouver sa maîtresse. Les oreilles bien dressées, le demi-dieu entendit les appelles de Soki. La sachant maintenant en vie, le demi-dieu augmenta sa vitesse pour se rendre le plus rapidement possible auprès d’elle. La chaleur que dégageais maintenant Agaliaretph créait  autour de lui un immense nuage de brume, qui était la cause de l’évaporation de l’eau au contacte de la chaleur dégagée par le demi-dieu.

Agaliaretph finit par apercevoir au loin sa maîtresse et une forme étrange près d’elle. La colère l’envahit et c’est d’un bond magistral qu’il apparu près de Soki montrant les dents à l’invocation qui se tenait près d’elle.  Agaliaretph ressentait le froid parcourant Soki, approchant délicatement d’elle, il prit l’une de ses pattes et rapprocha Soki de lui pour qu’elle puisse ce réchauffer.

Deux de ses têtes grognant, regardait l’invocation bizarrement formé et l’autre regardait Soki avec des petits yeux attentif et affectueux d’amitié. La voyant mouillé jusqu’aux os, Agaliaretph augmenta sa chaleur d’un coup sec ce qui créa un immense nuage de fumer. Son regard continuellement sur sa maîtresse, le cerbère lui dit :

« Est-ce que tu vas bien ? »


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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 21:29 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Avec un sourire plus que satisfait, Juno observa l’émerveillement que son pouvoir venait d’allumer dans les yeux de Lilith, sa maîtresse.
Sans ajouter un mot, la jeune femme se colla à l’Invocation et ensemble, elles empruntèrent le chemin de sortie du temple. Ah, comme cela avait manqué à la semi-Déesse ! Le sourire d’un être vivant, qui la remerciait d’un service, d’un conseil, ou d’un acte. Et là, celui que lui adressait Lilith la convint qu’elle avait bien fait d’être aussi patiente, que les Dieux l’avaient remerciée en amenant à elle cette jeune femme.

Plongée dans ces pensées, Juno n’eut que le temps de rattraper in extremis sa Maîtresse. La pluie avait rendu les marches des escaliers glissantes, et la fatigue comme le froid qui possédaient peu à peu le corps de Lilith l’empêchaient de marcher normalement, de sa démarche fière et forte qu’elle avait eu en pénétrant dans la caverne du temple. Heureusement pour la jeune femme, Juno avait de très bons réflexes, et cela l’empêcha de chuter un nombre non négligeable de fois.

Et là, après plusieurs rattrapages de la semi-Déesse, Lilith fit part de sa joie à ne pas être mouillée par la pluie, ainsi que la chance qu’avait l’Invocation de pouvoir léviter au-dessus de ces satanées marches trempées.
À ces mots, un immense sentiment de satisfaction s’empara de Juno. Tout en continuant de marcher, elle tourna la tête vers sa Maîtresse, si bien que même Lilith aurait pu y deviner l’envie d’afficher un sourire sur ce masque blanc.

« Tu m’en voies ravie. Rien ne me fait plus plaisir que de mettre les maigres pouvoirs qu’il me reste au service d’une jeune femme comme toi, Lilith. »

Rapidement et sans plus aucun mot de la part de l’Invocation, les deux femmes arrivèrent à la barque de fortune de l’humaine.
Avec un regard qui se voulait perplexe, Juno observa sa Maîtresse attraper un seau et commencer à vider son seul moyen de transport de l’eau qui y avait élu domicile.
Etant parfaitement incapable de laisser Lilith se débrouiller seule alors qu’elle se savait capable d’une aide fort appréciable, l’Invocation s’approcha de la barque et en extrayait le liquide bleu qui la remplissait, sous le regard profondément de reconnaissance de l’humaine.
Sans doute pressée de partir, Lilith sauta habilement dans le petit bateau, accompagnant son geste par une phrase de motivation et une question qui se voulait à l’attention de Juno.

Attendrie par ce geste, l’Invocation pencha la tête sur le côté avant de répondre de sa voix calme.

« Oui, je suis parfaitement capable de léviter au-dessus de l’eau. En fait, pour être précise, je peux flotter au-dessus de tout ce qui est liquide ou solide, à partir du moment où ce qui est dessous-de moi n’est pas assez chaud pour faire s’évaporer l’eau dans ma bulle. Mais je te remercie de t’en être inquiétée. »

Après ce petit speech, Lilith n’attendit pas plus longtemps et commença à pagayer. Bien malgré son Invocation, la guerrière se prit quelques gouttes sur le visage, le temps que Juno ait réussi à synchroniser sa vitesse avec celle de la barque.
La semi-Déesse observa impuissante sa nouvelle Maîtresse lorsque celle-ci fut pris de plusieurs frissons, que la froideur des lieux n’allait pas aider à faire disparaître. Pourtant, l’Invocation ne se sentit pas coupable, et se concentra du mieux qu’elle le pouvait sur ce qu’elle pouvait faire en ce moment : la protéger de la pluie.

Et puis rapidement, les deux êtres vivants se retrouvèrent aveuglé par une brume particulièrement épaisse. Aucune des deux femmes ne parla, Juno étant trop concentrée sur la direction qu’elles prenaient. Il ne fallait surtout pas qu’elles dévient de leur trajectoire, sous peine d’allonger leur voyage de plusieurs heures, des heures que Lilith n’avait pas dans son état. Il fallait vite retrouver l’autre Invocation pour qu’elle puisse la réchauffer.

Soudainement, l’humaine sursauta, ce qui obligea l’Invocation à dévier son regard du brouillard pour se poser quelques secondes sur elle.
C’était d’ailleurs à ce moment que la femme décida de s’expliquer sur Agaliaretph, l’Invocation qu’elle désignait comme un cerbère.
À nouveau, et ce lorsqu’elle s’arrêta, Juno jeta un regard en biais dans sa direction. Lilith semblait perdue dans ses pensées, comme si elle cherchait du réconfort dans ses souvenirs. À cette vision, l’Invocation devina que cette femme était une bonne Maîtresse, et elle attendit patiemment qu’elle ne remette ses deux pieds sur terre pour reprendre le dialogue.
Ce qui prit finalement plus de temps qu’elle ne l’aurait cru. Après une durée qui semblait ridiculement courte comparée à son enfermement millénaire, mais qui devait paraître longue pour la vie d’un humain, Lilith se reprit et expliqua la raison pour laquelle elle avait voulu parler de son cerbère.

Un peu surprise d’autant d’inquiétude à son égard, Juno tourna rapidement la tête vers sa Maîtresse, l’empêchant de discerner la berge et donc de prévenir Lilith qu’elles avaient atteint leur destination.
Tout en observant l’humaine occupée à tirer sur une corde attachée au bateau, Juno décida de répondre aux interrogations de la guerrière.

« Je ne pensais pas que tu prenais autant soin de tes Invocations. Même si je connaissais assez bien l’être humain pour le savoir capable de gentillesse, je pensais que la plupart d’entres-vous nous voyait comme des armes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je suis agréablement surprise… »

Voyant que son humaine peinait, Juno se rapprocha d’elle et l’aida à tirer sur la corde pour remonter le bateau sur la terre ferme, tout en continuant de parler.

« En tout cas, pour te répondre, je ne suis pas très difficile. Déjà, comme tu peux le voir, je ne prends pas beaucoup de place, alors je peux dormir où il y a de la place. Je ne fait pas partie de ces semi-Dieux de l’eau qui ne savent pas vivre loin de leur élément. En revanche, je suis de nature très curieuse, et j’adorerai pouvoir t’accompagner dans tous tes voyages, pour rattraper le temps perdu. Il y a tellement de choses que je me dois de découvrir, ou de redécouvrir… »

Alors qu’elle prononçait ces mots, Lilith s’effondra de fatigue, juste à côté d’elle. Juno se pencha à côté d’elle et apposa dans son dos une main qui se voulait rassurante.
Que cela soit grâce à son Invocation ou pas, l’humaine se releva courageusement, pour partir à la recherche de son Invocation du feu, seule solution salvatrice dans ce décor froid et terne.
Plusieurs fois, elle l’appela, sa voix finissant par s’étrangler dans sa gorge. Cependant, Juno ne s’inquiétait pas : les Invocations et leur Maître sont liées, alors elle était sûre que le cerbère ne tarderait pas à arriver. Tout du moins cela serait-il le cas s’il tenait à elle comme elle tenait à lui.

Et elle ne s’était pas trompée. Quelques secondes après, les pas de course de l’animal firent résonner le sol, et il apparut dans un bond majestueux. Avant même de s’occuper de sa Maîtresse, Agaliaretph montra les dents en direction d’une Juno qui ne broncha pas d’un cil.
La bête avait beau être impressionnante et dégager une chaleur suffisante pour faire s’évaporer les gouttes qui avaient le malheur de venir s’écraser elle, l’Invocation de l’eau se savait en sécurité tant qu’elle ne ferait pas de mal à Lilith.
La vision du cerbère qui réchauffa instantanément son corps pour faire sécher sa Maîtresse aurait arraché un sourire à Juno, si seulement elle avait eu un visage.

Constatant que malgré son immobilité, Agaliaretph semblait lui en vouloir personnellement, Juno se pencha dans une courbette gracieuse et s’adressa au cerbère.

« Bonjour, cher collègue du merveilleux élément qu’est le feu. Permets-moi de me présenter : je suis Juno. Il est inutile que tu te méfies autant de moi, je ne veux que du bien à ta Maîtresse. »

L’invocation de l’eau se releva de sa courbette, et remarqua que ces paroles n’avaient pas suffi à calmer le monstre en face d’elle. Voilà pourquoi elle ajouta.

« Je pense que, comme moi, tu ne souhaites pas du tout retourner dans la prison qu’est le temple des Dieux ? Au moins, là, je suis sûre que nous sommes d’accord, je promet donc de protéger Dame Lilith de toutes mes forces… Je t’autorise même à m’éliminer si tu me trouves dangereuse. Cela te va-t-il, Agaliaretph ? »

Sa voix était restée très calme, comme toujours.
Seulement, cette fois, elle y avait ajouté un peu de compassion pour mieux faire passer l’émotion qu’elle ressentait déjà pour la petite humaine en train de se réchauffer sur le poil soyeux de l’énorme chien tricéphale.

[ Oooooh !
Comme j’étais inspiré ! J’espère que ça ne vous a pas saoulé, et que je me suis assez bien débrouillé pour rendre la lecture agréable ^^ ]


Dernière édition par Juno le Mar 25 Nov - 13:53 (2008); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 18 Nov - 09:30 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

[HRP] Très jolie inspiration Juno, j'ai adoré, ne te retiens pas quand tu la tiens ^^ C'était très bien écrit, très agréable !! Ca se lit tout seul ^^[/HRP]


Lorsque Juno lui avait dit qu’elle était une maîtresse exemplaire, prenant soin de ses invocations, elle se sentit flattée. Cela lui avait fait chaud au cœur. Cependant, dans ce qu’elle lui dit ensuite, elle ressentit le besoin de clarifier les choses.Elle en fut cependant détournée lorsqu’elle tira la barque sur le sol, entièrement concentrée sur ses efforts. Et elle oublia ce qu’elle voulait lui dire…

* * *

Elle n’entendait rien. Elle l’appelait mais il ne lui répondait pas. L’avait-il abandonné ? Avait-il rencontré des problèmes ? La jeune femme avait froid mais s’inquiétait surtout pour son cerbère. Alors qu’elle était rongée par l’inquiétude, des bruits de course au loin se firent entendre. C’était des pas lourds, rapides. Avec un petit sourire en coin, la jeune femme attendait d’être réchauffée d’un instant à l’autre.

Cela ne manqua pas. Dès qu’il fut à côté d’elle, il l’attira contre lui, contre sa douce chaleur bienfaitrice. Soki soupira de bonheur et s’assit sur sa patte, les bras entourés autour de celle-ci. Enfin la chaleur l’entourait. Elle était tellement ravie de se sentir revivre qu’elle en oublia les présentations…

Agaliaretph se montra surprotecteur, comme à son habitude. Il montra immédiatement les dents par ses trois gueules menaçantes à l’attention de Juno. Et dire qu’elle n’aspirait qu’à un peu de calme et de repos… Cela n’allait pas encore être le cas. Il fallait qu’elle mette tout de suite un frein à l’esprit combattif de l’invocation de feu.

Elle ne se dégagea pas de la fourrure d’Agaliaretph mais lui donna un petit coup de poing pour attirer son regard sur elle. Elle n’avait plus beaucoup de voix et ne voulait pas crier pour ce faire.


« - Agaliaretph, je te présente notre nouveau compagnon, Juno, invocation d’Eau. Juno, je te présente mon compagnon de route et le tien désormais, Agaliaretph, invocation de Feu.

Maintenant que les présentations sont faites… Il est hors de question que vous vous combattiez. J’ai trop sué pour vous libérer tous les deux. Je n’ai pas envi de repasser vos épreuves ni même de refaire le voyage. Soyez gentils, s’il vous plaît, ne me poussez pas à vous donner l’ordre de cohabiter. J’aimerai que vous le fassiez de vous-même parce que vous savez que c’est ce que je désire.

Pour répondre à ta question, mon cher cerbère, oui je vais bien. Enfin, on va dire que je vais mieux depuis que tu es là. J’ai cependant besoin de repos, alors allez-vous rester sage pour que je puisse dormir en toute tranquillité ? »


Soki avait dit sa dernière phrase d’un ton guilleret, un sourire satisfait sur les lèvres. Elle se rappela soudainement ce qu’elle voulait dire à Juno… Le fait d’être à nouveau en bonne santé l’aidait grandement à faire fonctionner ses méninges.

« - Juno, ce que je vais te dire va sûrement te décevoir… Cependant, je n’aime pas mentir à mes compagnons donc je vais te dire la vérité… je ne suis pas « gentille ». Ce n’est pas par bonté de cœur que je suis venue te libérer. Ne crois pas ingénument que je n’ai pas d’arrière pensée.

Je considère les invocations comme des armes. Je considère que des armes doivent être bien entretenues et que je me dois donc de prendre soin d’elles – donc de vous -. D’où mon intérêt pour votre bien-être. Evidemment, si j’y gagne des compagnons de voyage agréables en prime, c’est encore mieux !

Tu ne te demandes pas pourquoi je suis venue te libérer alors que j’ai déjà une invocation ? J’ai dans l’espoir – peut-être fou – de réunir autour de moi une invocation de chaque élément. Il me manque encore une invocation d’Air et de Terre. Mon but est d’être reconnue parmi les miens et d’avoir un statut important grâce à vous. Je veux être respectée – voir crainte -.

Pour ce qui est de ta demande de m’accompagner où que j’aille, cela ne me pose aucun problème. C’est déjà ainsi que l’on fonctionne Agaliaretph et moi. On s’est rendu compte que plus il restait près de moi, plus vite il retrouvait ses forces d’antan.

Et puis… je ne suis pas sans cœur. Je me doute bien que votre enfermement n’a pas dû être joyeux. C’est donc avec joie que je vous ferai redécouvrir le monde d’aujourd’hui. Il a d’ailleurs beaucoup changé mais je ne t’en dis pas plus, tu le découvriras par toi-même. Agaliaretph a vu un peu plus de choses que toi mais je ne pense pas qu’il est pu admirer autant de changements que ce qu’il aurait voulu jusqu’à maintenant. »


Soki reprit son souffle et enchaîna pour Agaliaretph.

« - Il est hors de question que tu supprimes Juno et pareil dans l’autre sens. J’ai besoin d’elle autant que j’ai besoin de toi. Vous vous compléterez dans vos forces et vos faiblesses. C’est ce que je souhaite, Agaliaretph. Oserais-tu aller à l’encontre de mes désires ?

Juno est dans la même situation que toi : elle a besoin de moi pour être libre. Elle ne me fera donc pas de mal, tout comme tu ne me feras pas de mal. Juno t’autorise peut-être à l’éliminer mais moi pas, c’est bien clair ? »


Pour adoucir ses propos, elle le caressait lentement, le regard empli de respect pour son invocation de Feu. Elle tenait à lui plus que tout mais elle aimait bien Juno. Elle sentait qu’elle allait avoir besoin d’eux deux précisément pour arriver à son but ultime. Ils devaient à tout prix s’accepter l’un l’autre. Agaliaretph n’avait aucune raison valable pour être jaloux de Juno, il était plus fort qu’elle et avait déjà son affection. Il savait que c’était la force, la puissance et le pouvoir qu’elle aimait par-dessus tout, pourquoi s’inquiétait-il autant ?!

Elle soupira de fatigue, les traits du visage tiré et son corps à moitié affaissé. Elle avait de plus en plus besoin de dormir, le sommeil la faisant cligner des yeux. Elle n’allait plus pouvoir rester éveiller bien longtemps. Elle posa paresseusement sa tête sur la patte d’Agaliaretph et ferma les yeux.

Elle voulait demander à Agaliaretph de leur trouver un abri mais elle n’en avait plus la force. S’il continuait à luire de chaleur comme ça, il finirait par faire du mal à Juno… et cela elle ne lui pardonnerait que difficilement. Elle était passée trop près de la mort pour la libérer pour l’accepter. Allait-il, en dépit de tout, ignorer ses efforts pour libérer Juno et s'en prendre à elle ?
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MessagePosté le: Lun 24 Nov - 16:58 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

À son arriver sur le bord de l’eau, Agaliaretph se mit automatiquement sur la touche offensive. Rien n’avait plus d’importance que de protéger sa maîtresse adorée. Il l’avait rapidement attiré contre lui pour la réchauffer. L’invocation de l’eau qui se tenait devant lui, fit quelques courbettes pour se présenter et détendre l’atmosphère mais, sa ne changera rien de la façon d’agir du colosse. C’est au moment ou Soki lui donna un coup-de-poing, qu’Agaliaretph posa de nouveau son regard sur sa maîtresse.


« - Agaliaretph, je te présente notre nouveau compagnon, Juno, invocation d’Eau. Juno, je te présente mon compagnon de route et le tien désormais, Agaliaretph, invocation de Feu.


Maintenant que les présentations sont faites… Il est hors de question que vous vous combattiez. J’ai trop sué pour vous libérer tous les deux. Je n’ai pas envi de repasser vos épreuves ni même de refaire le voyage. Soyez gentils, s’il vous plaît, ne me poussez pas à vous donner l’ordre de cohabiter. J’aimerais que vous le fassiez de vous-même parce que vous savez que c’est ce que je désire.


Pour répondre à ta question, mon cher cerbère, oui je vais bien. Enfin, on va dire que je vais mieux depuis que tu es là. J’ai cependant besoin de repos, alors allez-vous rester sage pour que je puisse dormir en toute tranquillité ? »


Quand ces paroles furent prononcées, Agaliaretph n’eu pas d’autre choix que de se redresser et de cesser ses menaces envers l’autre invocation. Agaliaretph ne put s’empêcher de caresser sa maîtresse adorée du bout du nez, en la sachant maintenant en sureté près de lui. Soki ne put s’empêcher de mentionner à Juno la raison pour laquelle, elle libérait les invocations.


« - Je considère les invocations comme des armes. Je considère que des armes doivent être bien entretenues et que je me dois donc de prendre soin d’elles – donc de vous -. D’où mon intérêt pour votre bien-être. Évidemment, si j’y gagne des compagnons de voyage agréables en prime, c’est encore mieux !  »


Sur c’est mots, Agaliaretph se redressa fier de servir ainsi sa maîtresse. Sa l’assis au sol, gardant sa maîtresse près de lui et empêchant l’eau de les toucher. Pendant les longues phrases de Soki, Agaliaretph ne put s’empêcher de fixer Juno. Il détestait qu’on pile sur son territoire, il détestait encore plus qu’on lui vole sa place, mais surtout il détestait les invocations de l’eau, étant l’élément opposé a lui. Dans la lune, Agaliaretph se fit ramener sur terre par Soki.


« - Il est hors de question que tu supprimes Juno et pareil dans l’autre sens. J’ai besoin d’elle autant que j’ai besoin de toi. Vous vous compléterez dans vos forces et vos faiblesses. C’est ce que je souhaite, Agaliaretph. Oserais-tu aller à l’encontre de mes désires ?


Juno est dans la même situation que toi : elle a besoin de moi pour être libre. Elle ne me fera donc pas de mal, tout comme tu ne me feras pas de mal. Juno t’autorise peut-être à l’éliminer mais moi pas, c’est bien clair ? »


Elle le caressa durant le temps ou elle lui parla, le regard que Soki pausait sur Agaliaretph était remplis de respect et d’amitié. Tous ce que put répondre Agaliaretph ce fut.


« - Il sera fais selon ta volonté chère amie ! »


Mais ces paroles furent complètement le contraire des pensées du colosse. Il s’imaginait déjà comment supprimer cet ennemi non désiré. Agaliaretph se savait pourtant bien plus fort que cette Juno, mais il n’acceptait pas qu’on puisse peut-être le surpasser.


Soki finit par fermer les yeux et pratiquement s’endormir sur la patte d’Agaliaretph. Il sut à ce moment, qu’il devait trouver un abri pour passer la nuit. Agaliaretph souleva Soki dans les airs et vint la déposer dans le creux de sa patte gauche pour ensuite la coller contre son torse. Il allait maintenant marcher sur trois pattes jusqu’à l’abri qu’il avait trouvé pendant qu’il attendait sa maîtresse.


Sans même dire ses intentions à Juno, Agaliaretph reprit la route en direction de la forêt. Sur trois pattes, le chemin fut beaucoup plus long mais, Agaliaretph ne dit absolument rien. Le bien être de sa maîtresse et amie passant avant tous. Le colosse ne fut pas étonné que Juno l’ai suivi mais il ne lui porta même pas attention. Après un bon moment, ils furent à porté de vu de l’emplacement décidé pour la nuit. En moins de deux, Agaliaretph entra et se coucha au sol en collant Soki contre lui. Les arbres étant extrêmement collés, l’eau ne passait pas alors le colosse baissa la température de son corps pour ne pas faire suffoquer l’autre invocation.


Il savait que s’il fesait du mal à Juno il allait devoir répondre de ses actes à Soki et ça il ne le voulait, pas tous de suite. Ne voulant tout de même pas que Soki est froid durant la nuit, le demi-dieu fit embraser des branches pour faire un feu. Maintenant en sureté près d’un feu, Agaliaretph entoura Soki de son corps et ferma les yeux, oubliant la présence de l’autre invocation. Il ne voulait vraiment pas avoir affaires à elle, alors il ne lui adressa nullement la parole.


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Juno

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MessagePosté le: Mar 25 Nov - 15:10 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Lilith maintenant en sécurité contre la chaleur réconfortante de son Invocation du feu, c’était avec une joie bien dissimulée que Juno laissa la pluie à nouveau glisser le long des courbes de son corps. Pendant des millénaires, elle n’avait été en contact avec son élément que par le biais du petit puits de son épreuve et la fine pluie qui s’abattait sur elle lui procurait une sensation exquise.

Malgré ce bonheur nouvellement retrouvé, l’Invocation ne manqua pas une miette de ce que disait Lilith, aussi faible sa voix fut-elle.
Les présentations furent faites, et l’humaine parla plus pour son cerbère que la femme de l’eau. Juno avait de toute manière prévu de ne pas faire de remous avec Agaliaretph, et les problèmes ne pourraient venir que du cerbère.
Du point de vue de Juno, les deux êtres semblaient bien plus liés que ce que cela l’aurait été dans un banal cas d’Invoqueur/Invoqué. Et cette impression fut confirmée lorsque la Maîtresse adressa à Agaliaretph un large sourire réconfortant. À la simple demande de l’humaine, la cerbère cessa de menacer Juno, ce qui aurait pu être comique dans un autre contexte. Voir un grand cerbère, Invocation du feu fière de sa puissance, obéir si docilement à une humaine, était assez inattendu.

La situation resta ainsi figée quelques secondes, puis Lilith reprit enfin le dialogue, cette fois pour Juno.

« - Juno, ce que je vais te dire va sûrement te décevoir… Cependant, je n’aime pas mentir à mes compagnons donc je vais te dire la vérité… je ne suis pas « gentille ». Ce n’est pas par bonté de cœur que je suis venue te libérer. Ne crois pas ingénument que je n’ai pas d’arrière pensée.

Je considère les invocations comme des armes. Je considère que des armes doivent être bien entretenues et que je me dois donc de prendre soin d’elles – donc de vous -. D’où mon intérêt pour votre bien-être. Evidemment, si j’y gagne des compagnons de voyage agréables en prime, c’est encore mieux !

Tu ne te demandes pas pourquoi je suis venue te libérer alors que j’ai déjà une invocation ? J’ai dans l’espoir – peut-être fou – de réunir autour de moi une invocation de chaque élément. Il me manque encore une invocation d’Air et de Terre. Mon but est d’être reconnue parmi les miens et d’avoir un statut important grâce à vous. Je veux être respectée – voir crainte -.

Pour ce qui est de ta demande de m’accompagner où que j’aille, cela ne me pose aucun problème. C’est déjà ainsi que l’on fonctionne Agaliaretph et moi. On s’est rendu compte que plus il restait près de moi, plus vite il retrouvait ses forces d’antan.

Et puis… je ne suis pas sans cœur. Je me doute bien que votre enfermement n’a pas dû être joyeux. C’est donc avec joie que je vous ferai redécouvrir le monde d’aujourd’hui. Il a d’ailleurs beaucoup changé mais je ne t’en dis pas plus, tu le découvriras par toi-même. Agaliaretph a vu un peu plus de choses que toi mais je ne pense pas qu’il est pu admirer autant de changements que ce qu’il aurait voulu jusqu’à maintenant. »
 


À ces affirmations, Juno ne put s’empêcher de mettre sa main gauche devant l’endroit où aurait dû se trouver sa bouche, tout en laissant s’échapper un petit rire amusé sans être moqueur.

« Je suis peut-être gentille, mais je ne suis pas naïve. Je me doute bien que tu n’es pas assez généreuse pour passer ton temps libre à libérer les semi-Dieux qui se sont fait enfermer. En revanche, cela n’empêche pas que la relation que tu as l’air d’entretenir avec Agaliaretph est tout ce qu’il y a de plus saine. Je te l’assure, la plupart des Hommes ne sont pas comme ça et je suis heureuse d’avoir affaire à toi plutôt qu’à un autre. »

Elle se stoppa quelques secondes en observant Agaliaretph, très fier d’être une arme au service de sa Maîtresse. À bien y réfléchir, ses expériences avec ces êtres nés d’Ignis lui avaient effectivement prouvé à maintes reprises l’amour que ces semi-Dieux avaient pour le combat et la guerre. De part sa posture, sa musculature, et la manière qu’il avait de la fixer, il était évident qu’Agaliaretph n’échappait pas à la règle.
Cette réflexion passée, Juno enchaîna sur la suite de ses idées.

« Quant à tes motivations, elles ne concernent que toi. Lorsque tu as remporté mon épreuve, tu as gagné le luxe d’avoir mon aide toute entière, sans exception. Je ne te donnerai même mon avis que lorsque tu me le demanderas. »

La question étant réglée, Lilith redirigea son attention sur Agaliaretph, lui interdisant formellement de faire du mal à leur nouvelle compagne de voyage.
Evidemment, même s’il venait d’affirmer le contraire, Juno n’était pas dupe et elle savait que cet être du feu n’accepterait pas la présence d'une autre Invocation près de sa Maîtresse, encore moins si c’était l’une des créations d’Aqua.

Après ces rapides explications qui devaient avoir fini de brûler ses dernières réserves d’énergie, Lilith s’endormit presque instantanément sur la patte de son chien tricéphale.
Après l’avoir confortablement installée pour un petit voyage, le canidé reprit le chemin inverse à celui qu’il avait emprunté pour les rejoindre, Lilith et elle, sans un mot.
La pilule passait apparemment très mal, et il se passerait probablement longtemps avant qu’Agaliaretph ne supporte la présence de Juno, si toutefois cela arrivait. Dans une lévitation silencieuse, l’Invocation suivit donc sa nouvelle Maîtresse.

Rapidement, les trois êtres vivants se retrouvèrent dans un coin de la forêt où même la pluie ne pouvait pas passer. Pour l’humaine et l’Invocation de feu, cet endroit était probablement idéal. Voilà pourquoi le cerbère alluma un feu et s’enroula vite autour de Lilith, lui offrant ainsi protection et chaleur, soit tout ce dont elle pourrait avoir besoin à l’instant.
Maintenant certaine que sa Maîtresse ne craignait plus rien, Juno s’autorisa une petit promenade aux alentours. Pour elle qui avait dormi quelques millénaires avant de revoir enfin le monde extérieur, la perspective de se reposer était impensable.
Elle s’avança donc sous la pluie, et regarda le ciel gris de nuage. Les gouttes d’eau perlaient dans ses cheveux, glissant délicatement le long de ce qui ressemblait à un masque, pour continuer leur course folle sur les formes avantageuses du buste de l’Invocation.

Juno ferma alors les yeux.
Une nouvelle vie commençait pour elle, et ce n’était qu’à cet instant précis qu’elle le comprit véritablement. Lilith et Agaliaretph allaient certainement devenir les deux êtres qu’elle verrait le plus souvent, mais elle allait aussi et surtout redécouvrir ce merveilleux monde que les Dieux avait créé.

Elle-même ne saurait dire combien de temps elle était restée sous la pluie, à imaginer sa nouvelle vie, mais le soleil se levait déjà à l’horizon quand elle se décida à retourner auprès de ses deux nouveaux compagnons de voyage.
Durant la sorte de transe dans laquelle l’Invocation était entrée, elle avait aussi imaginé un moyen de faire comprendre à Agaliaretph qu’elle ne constituait aucun danger, sans succès. Maintenant, il ne restait plus qu’à espérer que le cerbère se ferait à sa présence, ou au moins qu’il ne lui en voudrait plus.

En attendant le réveil des deux autres, Juno décida de leur préparer un petit déjeuner digne de ce nom.
Même si cela ne l’enchantait pas plus que ça, elle lévita alors jusque sous l’eau et usa de son pouvoir pour attraper une bonne grosse vingtaine de poissons, les enfermant dans la sphère à ses jambes. Elle n’aimait pas tuer les animaux, mais comprenait que la survie d’espèce se faisait toujours au détriment d’autres. Malgré cela, elle s’efforça de ne pas attraper les poissons avant qu’ils ne soient adultes, attrapant en particulier ceux dont le goût était réputé pour être excellent.
Lorsqu’elle remonta, Juno se dirigea directement près du feu qu’avait allumé l’Invocation tricéphale, et tenta d’apprivoiser cet élément peu connu pour faire cuire sa chasse.

[ … ]

Que ce soit la bonne odeur du poisson grillé qui remonta dans leurs narines ou pas, Lilith comme Agaliaretph remuèrent un peu lorsque la cuisson fut fin prête.
Entre-temps, Juno avait eu le temps d’aller cueillir quelques fruits dans la forêt, et elle espérait que le petit déjeuner plairait à sa Maîtresse comme à Agaliaretph, même si elle savait qu’une vingtaine de poissons seraient forcément insuffisant pour une créature aussi énorme que le cerbère.
D’instinct chasseur, elle savait cependant que l’Invocation irait chasser quelques bêtes dans la forêt pour compléter.

Lorsque Lilith se réveilla finalement, se redressant et frottant ses yeux pour mieux sortir du monde des songes, Juno empoigna l’une des brochettes sur lesquelles avaient cuit les poissons, un fruit, et se rapprocha de sa Maîtresse.
D’un geste lent pour ne pas brusquer une Lilith à peine réveillé, Juno les lui tendit et parla de sa voix maternelle.

« Tu as faim ? J’ai préparé de quoi manger pour te redonner des forces. Ce n’est pas grand-chose, mais j’espère que ça te fera plaisir. »

Le spectacle qu’offrait la Lilith encore un peu sonnée ravissait le cœur de Juno, et elle attendait patiemment que celle-ci n’assimile toutes les informations avant de répondre.
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MessagePosté le: Mer 26 Nov - 12:10 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Soki était rassurée par les propos de Juno. Son corps s’affaissa encore un peu plus contre Agaliaretph, tranquillisée. Trop fatiguée pour contrer ses propos, elle laissa filer mais se promis de revenir dessus. Elle avait beau considérer ses invocations comme des armes, elle les considérait aussi comme des compagnons de route. En tant que tels, ils avaient le droit à la parole, y compris de donner leur avis – tant qu’ils ne discutent pas ses ordres -. Dans un soupir résigné, elle se dit de ne pas la contredire. Elle s’en rendrait compte par elle-même en voyant à quel point sa relation avec Agaliaretph avait basé plus sur l’amitié qu’autre chose.

Les coups de museau d’Agaliaretph la firent rire, épuisant ses dernières réserves. Soki laissa son corps s’écrouler complètement et son esprit voguer au gré des vents, aux portes du sommeil du juste, bien au chaud et en sécurité contre son invocation de feu. Elle sentit vaguement qu’elle était déplacée puis quelques vibrations lui indiquèrent qu’ils bougeaient. Elle s’enfonça plus profondément puis ne capta plus rien de ce qui l’entourait, s’abandonnant complètement aux rêves.

* * *

Le noir tout autour d’elle. La pression de l’eau tout autour d’elle. Le manque d’air tout autour d’elle…
La femme s’agite et perd de l’air dans sa bêtise. L’eau lui comprime le corps, ses poumons se tordent de douleur. Elle ne sait pas où elle est, ne sait pas où est le fond et où est la surface… Elle n’en peut plus. Dans un cri silencieux, elle ouvre la bouche pour appeler à l’aide mais se noie. Elle perd le peu d’air qui lui restait et avale plusieurs gorgées d’eau. Ses poumons la forcent à tenter en vain d’amener de l’air jusqu’à eux, la forcent à boire du liquide à la place. Celui-ci envahit ses poumons. Son cœur ralenti, elle ne se débat plus. Elle va mourir, seule, dans le noir….
Puis une forme bleue surgit, l’enveloppe et la sauve d’une mort imminente.

* * *

Soki se débat dans son sommeil et gémit. Ses bras brassent inutilement l’air et sa respiration est brusque. Son pouls bat trop vite et elle aspire trop goulument de l’air, au bord de l’évanouissement. Puis elle sent quelqu’un bouger à ses côtés la réconforter. Elle se calme et sombre à nouveau dans le sommeil.

* * *

Un monstre immense de feu se tient au dessus d’elle, la regardant avec ses inquiétants yeux rouges. Il lui montre les dents, menaçant, et bave sur elle. Il approche son hideuse tête, le corps auréolé de flammes destructrices. Tout autour d’elle n’est que flammes et chaleurs. Elle a chaud et son corps transpire. Elle a la gorge asséché, elle a soif. Elle gémit de terreur car le monstre approche encore. La forêt enflammée autour d’elle l’emprisonne dans un cercle parfait.
Alors que le monstre va pour la dévorer, un cerbère traverse le rideau de flamme majestueusement, saute sur le premier monstre et l’envoi loin d’elle. Le nouveau monstre la regarde un instant, dans les yeux un éclat de loyauté puis rejoint d’un bond son adversaire...

* * *

Soki pousse un hurlement silencieux, se redresse dans une inspiration rauque mais n’ouvre pas les yeux. Elle tente de s’éloigner en rampant de la fourrure qui la tient prisonnière dans des sanglots. Un coup de léchouille la rassure. C’est le second monstre, le cerbère. Au bord de l’hystérie, elle se laisse aller contre l’immense chien et se calme. Réticente, elle replonge une dernière fois dans le sommeil.

* * *

Elle est encerclée ! Deux monstres : un à sa gauche, un être bleu avec une bulle bizarre à la place des jambes et un à sa droite, menaçant avec ses trois têtes et ses yeux rouges. Juno et Agaliaretph. Alors qu’elle panique, elle se rend compte qu’ils ne la regardent pas. Ils se jettent des regards haineux entre eux par-dessus elle. Sera-t-elle le prix de cet affrontement, pour le vainqueur ?

D’un coup, la scène accélère. Le cerbère est maintenant à l’endroit où se trouvait l’autre un instant auparavant. Le monstre d’eau est juste à côté d’elle. Les deux êtres lui jettent un regard puis se replongent dans leur bataille. Aucun prend le dessus, ce combat est égal… Agaliaretph car il a déjà l’expérience du combat et Juno parce qu’elle est l’élément contraire à l’invocation de feu.

Les deux invocations s’élancent pour l’étreinte finale… Le vainqueur va être décidé d’un instant à l’autre…

* * *

Alors que le combat allait pencher à la faveur d’une invocation, un doux fumet la sorti de cet affreux cauchemar. Avec une voix enrouée, elle poussa un cri de désespoir. Elle ne voulait pas que ses invocations se battent et son rêve semblait si réel !

« - NONNNNN !!! »

Elle se redressa, les bras devant elle, ouvrit les yeux. Le soleil levant l’aveugla. Avec un juron, elle mit une main devant son visage et attendit de s’habituer à l’éclat de l’astre. Agaliareth se tenait encore contre elle, l’entourant de son corps comme le ferait une mère pour son petit. Face à elle se tenait Juno, sa nouvelle invocation d’eau, une brochette à la main ainsi que des fruits. Elle identifia la nourriture sur la brochette à l’odeur et à la vue : du poisson. Les fruits avaient une belle couleur vert-jaune et avaient la forme arrondi. Au lieu de former une balle parfaite, le haut du fruit était plus fin mais toujours rond.

Elle poussa un soupir de soulagement. Apparemment, ils avaient tous deux respectés leur promesse. Elle se frotta les yeux, chassant les vestiges de cette affreuse et longue nuit. Les yeux cernés, elle adressa un sourire fatigué à Juno. Elle se cala confortablement contre le flanc d’Agaliaretph et attrapa la brochette. Elle se rendit compte qu’elle était affamée et assoiffée. Sa voix était légèrement enrouée d’avoir été contracté violemment dans la nuit.

Elle se saisit de la nourriture, remercia l’invocation d’eau et mordit à pleines dents dedans. Le poisson fondit dans sa bouche, envahissant son palais d’un agréable goût salé. Le poisson était surprenant tant il était bon. Loin de la satisfaire, cela lui donnait encore plus faim. La gourmandise, quel vilain péché… Pour étancher sa soif, elle prit enfin les fruits. Ils étaient juteux et sucrés. Délicieux.

Après avoir fini la première brochette, elle leva les yeux vers Juno, brillants d’attente. Elle avait un peu honte mais elle voulait bien en avoir une autre…


« - C’est… tout simplement divin, Juno !! Loin de la qualité de la viande séchée dont j’ai l’habitude en voyage ! C’est très agréable de changer d’alimentation de temps en temps. En aurais-tu encore de cuit ? »

Se rendant soudain compte de son manque de courtoisie, elle se reprit dans une grimace.

« - Comment s’est passé la nuit pour vous deux ? Vous ne vous êtes pas bagarrés hein ? »

Voyant bien que tel n’était pas le cas, elle n’attendit pas de réponse de la part de la calme Juno. Elle s’étira avec délice et se leva pour laisser à Agaliaretph la possibilité de se lever. Elle mangea encore deux autres brochettes avant de s’estimer repue.

Ne tardant pas sur place de peur que la digestion l’endorme, elle prit les dispositions pour que le feu soit éteint, ne menaçant pas de se réveiller sous le vent, laissa le temps à Agaliaretph de se nourrir, en profitant pour faire quelques étirements et échauffement. Puis décida qu’il était temps de partir. Les derniers vestiges de son cauchemar s’envolèrent quand elle grimpa jusqu’à sa place habituelle sur la tête centrale d’Agaliaretph. Monter toute seule lui procurait la satisfaction d’avoir réussi à gravir son invocation et lui permettait de ne pas négliger son corps, au passage.


« - Il va nous falloir traverser cette forêt, une partie du désert puis une partie désertée et enfin on verra Lüh. C’est parti !! »


Dernière édition par Lilith le Ven 28 Nov - 10:57 (2008); édité 1 fois
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Agaliaretph

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MessagePosté le: Jeu 27 Nov - 16:07 (2008)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ] Répondre en citant

Plusieurs fois durant la nuit, Agaliaretph sentis sa maîtresse bouger. De par ces mouvements, Soki semblait être en plein cauchemar. Coucher autour d’elle, le demi-dieu était juste au bon endroit pour rassurer sa maîtresse. À chaque fois que les mouvements devenaient trop brusque, Agaliaretph levait l’une de ses têtes et rassurait Soki d’un petit coup de museau, où une petite léchouille. Elle se réveilla deux fois durant la nuit pour ensuite se rendormir.

Pour ça par, Agaliaretph sombra dans un sommeil noir, ou n’y rêves, n’y cauchemar ne venais interrompe son sommeil. C’est au lever du jour, qu’Agaliaretph ce fit réveilla par Soki et son cri. Par contre, le demi-dieu ne fit qu’ouvrir un œil pour voir si sa maîtresse se portait bien. Voyant quelle venait tout simplement de se réveiller d’un autre mauvais rêve, Agaliaretph referma son œil  et se réveilla tranquillement.

L’odeur du poisson, c’était rapidement rendu aux narines du demi-dieu. Mais ayant décidé de faire la grasse matinée, le cerbère décida de laisser sa maîtresse manger en premier mais, surtout de la laisser manger confortablement étendu sur lui. Tout simplement coucher au sol les yeux fermés, Agaliaretph entendit Soki s’exprimer.

« - Comment s’est passé la nuit pour vous deux ? Vous ne vous êtes pas bagarrés hein ? »

Agaliaretph ne dit rien, mais pensa pour lui-même.

* Je n’allais tout de même pas la mettre en pièces détaché ici! *

Ce n’est que quand Soki se leva pour éteindre le feu et se dégourdir un peu les jambes, qu’Agaliaretph pu à son tour se lever et prendre une grosse bouché dans ce qui restait du poisson. Il ne dit même pas merci à Juno, mais s’exprima ainsi.

« - Ce n’est rien ça comme déjeuner ! Je mange quinze fois ça habituellement… Je vais te montrer moi c’est quoi un vrai repas de chasse ce soir ! »

N’ajoutant rien d’autre, Agaliaretph sortit tranquillement de l’abri, s'étira le corps, les pattes et laissa Soki monter elle-même sur lui. Agaliaretph leva l’une de ses têtes vers Soki et dit.

« - Alors, on va où ? »

« - Il va nous falloir traverser cette forêt, une partie du désert puis une partie désertée et enfin on verra Lüh. C’est parti !! »

Agaliaretph se prépara à partir dans une course folle, mais se redressa et regarda Juno pendant un instant, puis détourna le regard vers Soki et dit.

« - Bon je ne veux pas faire mon méchant… Mais avec elle derrière nous, je ne pourrai pas aller aussi vite que d’habitude et ça veux dire que sa nous prendre plus de temps pour se rendre à Lüh. À moins quelle puisse me suivre aussi rapidement bien sûr ? »

Agaliaretph regarda Juno un instant avec des yeux d’énervement. Il était certain qu’elle ne pourrait pas le suivre à la vitesse qu’il allait et cela énervait grandement le colosse. Il détestait faire de longue route, surtout s’il ne pouvait pas voyager aussi rapidement cas la normal.

« - Et le problème du désert reste… Si nous ne pouvons pas le traverser aussi rapidement que la dernière fois, même si le trajet n’est pas long… Je ne suis pas sur quelle supportera la chaleur en plein jour ? »

Agaliaretph regarda ensuite sa maîtresse pour voir ce quelle en pensait.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:40 (2016)    Sujet du message: Le côté calme de l'eau [ PV Lilith ]

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