Index Faq chercher Membres Groupe Se connecter S'inscrire
Et le dragon ramènera ce qui est perdu

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'ile d'Arcane - Forum RPG Fantasy Index du Forum -> -> La Traversée de la Rivière Blanche
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Edvah
<!--03-->Humain

Hors ligne


Inscrit le: 05 Juil 2012
Messages: 332
Crédits Avatar: Ours by charlie140588
Féminin
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Capitaine de l'Atropos
Invocation(s): Ushiran et Letto
Inventaire: Un tricorne, un sabre, une dague, quelques Tsuris
Double compte: Tarec'Mah
Point(s): 617

MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 09:04 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Ness se réveilla brusquement. Elle se souvenait ! Elle se souvenait du rêve ! Il fallait qu’elle trouve cette pirate. Elle était sûre que cette femme pourrait l’aider. Qu’elle le veuille ou non. Ness posa le pied au sol et couru pour aller réveiller Greg. Elle le secoua de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux, et claironna sa découverte.

"Je sais ! Le rêve, je m’en rappelle. Je suis sûre qu’il s’agit de ma mémoire. Il ya cette femme… Cette… Non ! Pitié non !"

Son visage se décomposa et elle s’écroula au pied du lit, la tête dans les mains, le visage caché par ses longs cheveux blonds. Elle fouilla sa mémoire. Le rêve n’était plus qu’un vague souvenir. Le prénom de la femme disparu, puis son visage, ses mots… Greg, affolé, la prit par les épaules, essayant de capter son regard. Ce n’était pas la première fois qu’elle lui faisait ce coup là. La vie avec Ness n’était pas de tout repos, quand bien même la jeune femme était charmante.
Il fallut plusieurs minutes à Ness pour se remettre, s’accrochant à son seul souvenir : Son rêve portait sur la piraterie. Cette femme était peut-être une de ses connaissances, une amie, un membre de sa famille… Mais sans son prénom, ou même une idée de ce à quoi elle ressemblait… Ness se releva doucement et se dirigea vers la cuisine avec Greg pour manger un morceau.

"Ness, reprend toi. Tu ressembles à un cadavre ma pauvre."

Elle haussa les épaules, faisant tourner machinalement son couteau entre ses doigts agiles. Dans son esprit, les idées fusaient et elle cherchait le moyen de trouver la meilleure… Il y avait bien ce nobliau avec sa logique de mouton empaillé qui était censé l'aider. Et Lüh, cette si grande ville, il y avait forcément un moyen qu’elle y trouve quelque chose. Elle posa bruyamment son couteau et annonça son projet à Greg.

"Je vais aller à Lüh."

Il ne parut pas surpris, il s’y attendait, et était même au contraire étonné qu’elle ait prit autant de temps à se décider. Il savait déjà ce que lui avait à faire pour l’aider dans son départ.
Il ne fallut à Ness que deux heures pour se préparer à partir. Après une rapide toilette elle remit les vêtements qu’elle portait en se réveillant dans la forêt : un pantalon et une chemise en lin crème, des bottes et un gilet en cuir. Elle enfonça son tricorne sur ses cheveux nattés, glissa sa dague dans sa botte.
Greg lui fit cadeau d’un sabre et lui tendit un sac remplit de tout ce dont elle avait besoin pour le voyage du village à Lüh. A l’intérieur se trouvait aussi le carnet où il avait consigné tous les souvenirs de sa protégés, jusqu’à aujourd’hui. Il avait également trouvé une âme généreuse qui lui confierait un cheval. Et c’est avec peine qu’elle quitta le village, promettant de revenir le plus vite possible… Ce village était la seule famille qu’elle avait depuis son réveil, elle ne pouvait pas les abandonner comme ça. Quand bien même se découvrirait-elle un passé de coupe-jarret.
La journée était bien avancée quand elle se mit en route, son sac sur le dos et son sabre à la ceinture.


Elle avait poussé Dagobert, l’imposant cheval de ferme baie, au plus rapide galop qu’il était capable de donner. Mais ils voyageaient depuis longtemps et l’animal n’était plus aussi vif qu’il l’aurait été au départ, quand bien même la peur le poussait vers ses limites.
Ils avaient voyagé en faisant peu de pause, se trouvant un village pour la nuit, près du Lac des astres. Et maintenant qu’ils reprenaient leur route vers Lüh, le soleil encore bas dans le ciel, la pire créature du monde avait décidé de les prendre en chasse au bout de deux heures… Les Oboros qui les suivaient encore les avait fait dévier de leur route et Ness avait l’impression de galoper en direction du Temple de la terre. Il était dit que son enceinte était sûre, mais elle doutait de pouvoir y parvenir un jour. Elle avait déjà l’impression d’avoir fait plus d’une heure de course poursuite et était surprise que le cheval tienne encore debout.
Dagobert sauta par-dessus un tronc d’arbre et entreprit de galoper droit vers le plateau où régnait le Temple, impossible à atteindre en cheval. Ils étaient prit au piège et Ness ne ferait jamais le poids contre les deux loups encore présents. Le cheval, hors d’haleine, se cabra et la jeune femme sortit maladroitement son sabre, espérant que la lame ferait fuir les monstres.
Soudain, une immense masse noire apparu dans son champ de vision.


Revenir en haut
Publicité





MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 09:04 (2012)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Ushiran
<!--04-->Invocation

Hors ligne


Inscrit le: 08 Juin 2011
Messages: 155
Crédits Avatar: Ryu !
Masculin 龍 Dragon Feu
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Dragon à plein temps
Invoqueur: Edvah
Sorts: Feu 1-2-3-5-7, Intimidation 3-5, Soin 2, Ignifuge, Pyrokinésie 6-8, Magma 1-3
Point(s): 21

MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 11:09 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Ayant déjà pas mal exploré l’Île d’Arcane, l’ennui commençait à se faire sentir, et c’est entre autres pour cette raison que j’avais décidé de libérer Tarec’Mah, ma vieille amie d’avant l’Apocalypse, afin que l’on s’amuse un petit peu ensemble sur ce petit bout de terre tout neuf. Mais il me fallait pour cela surmonter un problème de taille : je ne pouvais pas rentrer dans le temple de la Terre, j’avais déjà essayé…

Heureusement j’avais eu une idée géniale : il fallait que je soumette un humain pour qu’il libère mon amie à ma place. Cet humain lui dirait qu’il venait de ma part et je lui imposerais de donner aucun ordre à la fille de Terra, sous peines de représailles douloureuses. Après il n’avait qu’à aller où ça lui chantait et vivre sa vie et nous ne ferions pas attention à lui. Tarec’Mah serait alors dans la même situation que moi : une Invocation plus ou moins libre. Peut être même qu’on pourrait reproduire ce petit manège à l’infini à chaque fois que l’un de nos humains mourrait.

Tout guilleret et souriant à pleines dents à l’idée de mon superbe plan, je m’étais donc dirigé vers le temple de la Terre, prêt à confier au premier humain qui passerait la tâche d’aller libérer mon amie, dont je connaissais l’emplacement de la cellule grâce à Sheiko. Et j’avais eu de la chance : si tôt arrivé, j’avais entendu le galop poussif d’un cheval de trait qui approchait.

Regardant dans cette direction, je pus voir qu’il portait une humaine sur son dos, qu’il était à bout de souffle, et… qu’ils étaient poursuivis par deux loups. Super, en plus la première humaine qui venait m’apportait le diner, c’était vraiment mon jour de chance. Il s’agissait cependant qu’elle ne finisse pas par constituer celui des loups, de dîner, ou mon plan tomberait à l’eau. Par ailleurs je pourrai profiter de l’occasion de la défendre pour l’impressionner et l’inciter à m’obéir au doigt et à l’œil.

Alors que le cheval arrêtait finalement sa course, à bout de souffle, l’humaine dégaina son sabre, menace bien futile pour des adversaires plus nombreux et ayant l’habitude de chasser en meute. Cependant au moment où les Oboros chargaient, je m’interposai entre eux et l’humaine, tout en bousculant le cheval afin qu’elle n’en profite pas pour fuir sur son dos.

Je décidai de mettre la pâtée, histoire d’épater la galerie : comme entrée en matière, je leur servis un rugissement sorti des profondeurs de la Terre, contenant toute la puissance d’Ignis pour les intimider, suivi d’un cône de flammes concentré qui fit se dégager une odeur de poils et de chair grillée, pour finir par un coup de patte dévastateur qui cueillit l’un des loups en plein vol. Ce dernier, déstabilisé par le rugissement, ne put même pas amortir le choc en l’esquivant partiellement et le prit donc de plein fouet, si bien qu’il alla rouler à une dizaine de mètres, complètement démantibulé. En guise de bouquet final, je tentai d’attraper le loup restant entre mes mâchoires pour l’y broyer, mais elles ne claquèrent que sur du vide : l’Oboro, qui avait réussi à arrêter sa charge et à éviter l’essentiel de l’attaque de Feu, choisit la voie de la sûreté et fonça la queue entre les jambes vers la forêt avoisinante sans demander son reste, suivi par une légère fumée et une odeur de roussi.

J’eus une grimace de dépit face à sa fuite : cela me privait du plaisir d’avoir réussi un coup parfait. Ceci dit le résultat était déjà pas mal, en grande partie grâce à l’effet de surprise cumulé avec l’affaiblissement que mon Intimidation leur avait fait subir.

Faisant cependant comme si de rien n’était, je me tournai vers l’humaine qui tenant toujours son sabre au clair, tout en lui expliquant ce que j’attendais d’elle.


« Humaine, tu tombes à pic, j’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi. Tu me dois bien ça pour t’avoir sauvé les miches, et si tu ne veux pas je crains que notre compagnon loup ici présent aura bientôt un partenaire de… »

Une brusque réalisation de l’identité de l’humaine me fit me stopper net. Merde, je la connaissais. Ces rosâtres avaient beau tous se ressembler, même pas une année ne s’était écoulée depuis la dernière fois que je l’avais vue, aux portes de Lüh. Or s’il y avait bien une personne sur laquelle je ne devais pas tomber parmi les dizaines de milliers de cette foutue île, c’était elle. Et pour cause : elle était la seule à pouvoir me donner des ordres, et je détestais recevoir des ordres.

Ceci dit il semblait s’être passé quelque chose : elle paraissait ne pas m’avoir reconnu. Et pour tout avouer, elle avait même carrément l’air de m’avoir oublié depuis neuf mois… Cependant je fis le choix de ne pas tenter le diable et de m’éloigner d’elle autant que possible : je reviendrai libérer Tarec’Mah une autre fois.

Après quelques instants de bloquage, je pris donc une mine enjouée, je fis volte face, tout en lui déclarant de mon ton le plus innocent :


« Bref, ravi d’avoir pu t’aider humaine, je vais me débrouiller. Bon retour chez toi, Adieu ! »

Suite à quoi je m’empressai de m’éloigner, aussi vite que je le pouvais sans paraître trop louche, espérant de tout mon être que la mémoire ne lui revienne pas subitement.


Sorts utilisés : Intimidation 5 - Feu 5
Mana restant : 10
Revenir en haut
Skype
Edvah
<!--03-->Humain

Hors ligne


Inscrit le: 05 Juil 2012
Messages: 332
Crédits Avatar: Ours by charlie140588
Féminin
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Capitaine de l'Atropos
Invocation(s): Ushiran et Letto
Inventaire: Un tricorne, un sabre, une dague, quelques Tsuris
Double compte: Tarec'Mah
Point(s): 617

MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 09:14 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Ness poussa un hurlement couvert par les bruits de combat quand son cheval chuta au sol. Elle réussit à éviter de se faire écraser par l’énorme monture à l’aide une gracieuse acrobatie et se releva rapidement. Dagobert se remit sur ses jambes à son tour, paniqué, et Ness dû attraper fermement sa bride et lui parler calmement pour qu’il cesse de hennir de façon fébrile.
Etrangement, Ness ne se sentait pas en danger avec l’énorme monstre qui se battait contre les Oboros. Le cheval parut le sentir et accepta de rester immobile sans trop broncher. Elle n’était pas totalement à l’aise mais l’énorme carrure sombre avait quelque chose de rassurant et familier. Il s’agissait d’une espèce de dragon noir, assez puissant pour voir la facilité avec laquelle il se débarrassa des loups. Il semblait même s’amuser.
Son rugissement et les flammes firent frémir le cheval et sa cavalière mais la créature leur barrait de toute façon le passage pour fuir sans prendre de coup. Quand il eut finit sa démonstration, se tournant vers eux, Ness releva son sabre par réflexe, menace d’autant plus futile qu’elle l’avait été face aux loups.

"Humaine, tu tombes à pic, j’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi. Tu me dois bien ça pour t’avoir sauvé les miches, et si tu ne veux pas je crains que notre compagnon loup ici présent aura bientôt un partenaire de…"

Ness fit un pas en avant pour remercier la créature de son aide et accepter de lui proposer ses services en retour mais il se stoppa net dans son monologue. La jeune femme se posta donc devant lui en attendant, s’époussetant de façon faussement détachée. Quelque chose clochait avec le dragon hormis son langage très familier. Ness sentait qu’elle loupait quelque chose d’important mais se contenta de froncer les sourcils.

"Bref, ravi d’avoir pu t’aider humaine, je vais me débrouiller. Bon retour chez toi, Adieu !"

Ness avait à peine écouté ce qu’il avait ajouté, ses mots n’avaient pas d’importance. Elle n’avait pas été surprise de l’entendre parler. Elle connaissait cette voix. Il ne pouvait pas partir, il lui était trop familier sans qu’elle n’ait aucun souvenir de lui. Si ce dragon ne faisait pas partit de son passé elle était prête à se faire trancher une main.
Elle rengaina son arme et fronça davantage les sourcils. Le dragon, il avait été louche de plus. Il cachait quelque chose. Peut-être la connaissait-il réellement. D’une voix ferme elle s’adressa à lui. Elle avait la certitude de ne rien risquer.

"Attends."

Et le dragon se stoppa. Contre sa volonté visiblement et Ness fit avancer Dagobert avec elle jusqu’à l’immense bête. Elle se posta de nouveau devant lui, le visage crispé par la réflexion. Quelque chose venait de se débloquer quelque part en elle. Et c’était lui qui venait de le permettre. Elle lui fit une petite introduction sur sa vie actuelle. Il ne semblait pas très ravie de la revoir, mais sans doute serait-il heureux de savoir ce qu’il était advenu d’elle pendant tout ce temps.

"J’ai perdu la mémoire… Il y a plusieurs mois. Je ne me souviens de rien. Le village qui m’a recueilli… Personne ne me reconnait là-bas. Mais toi ! Toi je sais que je te connais. Et tu es le premier, alors tu vas pas te barrer comme ça."

Non, il ne pouvait pas partir. Elle ne pouvait pas laisser une partie de sa mémoire s’échapper sans même avoir put la saisir. Peut-être qu’en l’observant elle trouverait quelque chose, une cicatrice, une trace… Quelque chose qui lui sauterait aux yeux et qui ferait ressurgir ses souvenirs. Elle fit le tour du dragon et se posta de nouveau face à lui, les poings sur les hanches. Elle avança la main pour le toucher mais se ravisa. Elle savait qu’il était brûlant.

"Je me suis déjà brûlée sur tes écailles… Mais qui es-tu ?!"

Elle ancra ses yeux d’ambre liquide dans ceux, loin au-dessus d’elle, du lézard. Ils étaient rouges. Comme le feu. Le feu. Elle savait qu’elle était à deux doigts de savoir. Et cela la mettait hors d’elle. Elle fronça encore les sourcils puis son visage se crispa dans un rictus. Ness tapa du pied au sol avec rage. Elle se haïssait de ne pas pouvoir se rappeler même avec un indice aussi énorme. Enervée d’être si près du but elle lui hurla dessus aussi fort qu’elle le put.

"Je m’appelle Ness mais ce n’est pas mon prénom ! Toi… Toi je sais que tu sais. DIS-MOI QUI JE SUIS !!"

Elle avait le souffle court d'autant s'énerver et flatta nerveusement l'encolure de Dagobert qui dansait d'un sabot sur l'autre sans savoir s'il devait tenter de fuir ou rester sagement avec sa cavalière. Ness paraissait bouillir, et elle n'aurait pas été surprise de se voir cracher du feu comme son invocation. Son invocation. Soudain ses yeux s'ouvrirent grand. Elle était incapable de faire quoi que ce soit. Figée, le regard fixe sur l'énorme tête de son invocation. Elle tomba alors à genoux. Il était impossible de mettre de l'ordre dans tout ce qui fusait dans son esprit. Elle prit sa tête entre ses mains. Elle se souvenait. Et c'était incroyablement douloureux.

"Ushiran..."


Revenir en haut
Ushiran
<!--04-->Invocation

Hors ligne


Inscrit le: 08 Juin 2011
Messages: 155
Crédits Avatar: Ryu !
Masculin 龍 Dragon Feu
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Dragon à plein temps
Invoqueur: Edvah
Sorts: Feu 1-2-3-5-7, Intimidation 3-5, Soin 2, Ignifuge, Pyrokinésie 6-8, Magma 1-3
Point(s): 21

MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 10:32 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Visiblement je ne m’étais pas éloigné assez rapidement. J’entendis Edvah parler. Ordonner. Et une sensation que j’avais presque oubliée m’envahit, remarquablement désagréable, me contraignant à obéir. Même si l’humaine avait oublié qu’elle était mon Invoqueuse, les Dieux n’avaient pas oublié, eux… Aussi je m’arrêtai, dépité, attendant qu’Edvah me rejoignait avec son gros cheval.

Elle me scruta alors, le visage crispé. Il semblait que ma présence titillait sa mémoire : elle ne m’avait pas complètement oublié, et elle allait se souvenir, alors ce serait la fin de ma délicieuse et irréelle liberté. Il fallait que je m’éloigne, vite, mais je ne pouvais pas, contraint que j’étais par son ordre. Aussi je détournai la tête, trouvant un intérêt soudain à la glorieuse bâtisse construite pour mes frères et sœurs de la Terre, et espérant vainement que ne pas voir mon visage empêcherait mon Invoqueuse de retrouver la mémoire.

Cela ne l’empêcha de me raconter l’amnésie qui l’avait frappée et qui expliquait beaucoup de choses. Je me gardai cependant de tout commentaire, n’y étant pas contraint : peut-être qu’elle se souviendrait de ma voix…

Edvah continua son manège, et peu à peu la mémoire lui revenait. Elle évoqua son souvenir de la chaleur de mes écailles sous le désert. N’y tenant plus je reposai mon regard sur elle pour la voir livrer bataille farouchement pour retrouver la mémoire, et j’espérais de tout mon être que l’amnésie l’emporterait, sans y croire vraiment… Je me sentais comme dans un étau qui se refermait petit à petit, tandis que se matérialisaient les barreaux qui m’enserreraient…

Elle me posa une question, mais sans ordre, aussi je me gardai d’y répondre. Je n’allais pas non plus l’aider à gagner cette bataille, ce serait du pur masochisme. Cependant, quand elle me demanda… m’ordonna… de lui dire qui elle était, je ne pus me débiner. Rien ne m’empêchait ceci dit de ne pas donner la réponse qu’elle attendait, et je n’allais sûrement pas faire preuve de bonne volonté pour une question qui risquait de me valoir la perte de ma liberté. Adoptant un ton distant, je lui répondis donc :


« Tu es une humaine que j’ai croisée il y a bientôt un an. Nous nous sommes côtoyés pendant seulement une petite semaine, je suis flatté que tu te souviennes de moi. »

Flatté peut être, ravi sûrement pas, et cela devait s’entendre dans ma réponse. Cependant mon Invoqueuse sembla en faire abstraction, si concentrée qu’elle était à tenter de rassembler ses miettes de souvenir. Quand soudain la lumière sembla se faire dans son esprit : elle ouvrit grand les yeux et je sus qu’elle se rappelait. J’eus l’impression d’entendre le bruit d’un cadenas qu’on refermait sur ma liberté, mais ce n’était que le choc du sabre d’Edvah contre le sol, tandis qu’elle tombait à genoux.

Elle se prit alors la tête entre les mains : apparemment la fin de son amnésie la ravissait autant que moi. Étais-je une si mauvaise Invocation pour que ses souvenirs revenus soient si douloureux, ou bien était-ce du à son passé ? Quoi qu’il en soit, entendre mon nom à peine chuchoté finit d’achever mon espoir que l’amnésie l’emporte. Elle se souvenait, pour le meilleur, et surtout pour le pire…

De longues minutes passèrent, que seuls troublèrent les murmures du vent, tandis que, toujours contraint par son ordre, je ne bougeais pas d’un pouce. L’ennui finit cependant par me gagner, et je pris la parole, brisant la solennité du moment, et faisant comme si rien ne s’était passé depuis qu’elle m’avait quitté à Lüh. C’était d’ailleurs un peu le cas pour moi, du moins avec la vision du temps qu’imposait l’immortalité : j’avais bénéficié d’une petite récréation, que j’aurais certes bien aimé prolonger, mais qui avait été trop brève pour que je m’y habitue. Edvah put donc s’entendre demander au milieu des troubles succédant la récupération de ses souvenirs :


« Bon, on fait quoi maintenant ? »
Revenir en haut
Skype
Edvah
<!--03-->Humain

Hors ligne


Inscrit le: 05 Juil 2012
Messages: 332
Crédits Avatar: Ours by charlie140588
Féminin
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Capitaine de l'Atropos
Invocation(s): Ushiran et Letto
Inventaire: Un tricorne, un sabre, une dague, quelques Tsuris
Double compte: Tarec'Mah
Point(s): 617

MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 15:50 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Ushiran ne semblait vraiment pas ravi de revoir sa chère invocatrice, au vu de la façon dont il répondit à sa question. Sur le moment, Edvah avait eut d’autres matières à penser. Mais maintenant que toute sa mémoire était revenue, cet enthousiasme incroyable n’allait pas passer à la trappe.
Il fallut quelques minutes à Edvah pour se remettre de ce trop plein d’information et pour digérer le retour soudain de toute sa vie dans sa pauvre cervelle. Se rappeler n’était au final peut-être pas si agréable, mais rien comparé à la torture de l’ignorance. Quand le dragon l’interrompit dans sa douleur, elle se redressa pour s’asseoir au sol avec lenteur. La tête lui tournait vaguement, mais elle était heureuse d’enfin avoir retrouvé ce qui lui manquait.

"Bon, on fait quoi maintenant ?"

Elle soupira, observant Dagobert qui lui reniflait les cheveux en l’observant de ses immenses yeux noirs. Edvah lui tapota l’épaule avec affection puis tourna ses yeux or sur son invocation. Quelque chose comme de l’attachement mais également beaucoup de reproches étaient visibles sur son visage angélique. Un vague sourire étirait ses lèvres et sa voix était douce. Sans doute un peu de Ness persistait-il encore sur Edvah.

"J’y crois pas… Je pensais pas ça de toi maxi lézard… Je disparais pendant genre presque un an et toi… Et toi tu t’en fous. Tu mènes ta vie de gros dragon et pire ! Tu m’esquives quand je refais surface… T’es un sacré salaud…"

Edvah se releva lentement. Elle ramassa son sabre, son tricorne et vérifia l’état de ses affaires avec une lenteur calculée. Ushiran n’avait pas été très sympathique, elle ne se dépêcherait pas pour lui. Si elle avait su que les invocations étaient aussi ingrates avec leur maître, elle aurait peut-être préféré tomber sur quelque chose de plus petit à qui elle aurait put donner un ou deux coups de pieds de temps en temps… Avec le gros dragon, ce n’était même pas la peine d’essayer.

"Je suis sûre que je t’ai à peine manqué… Après notre magnifique traversée du Désert… Je pensais que nous étions amis. Je suis tellement déçut de toi."

Elle renifla doucement et tourna de grands yeux humides vers son invocation. Puis un sourire carnassier fendit son visage, presque à la hauteur de ceux de son vis-à-vis. Elle n’était pas vraiment le genre à chouiner mais elle imitait assez bien les bonnes femmes au bord des larmes. Elle enfonça finalement son tricorne sur ses cheveux décoiffés et monta sur Dagobert avec agilité.

"Tu vas me le payer espèce de gros ver. Très très très cher. Parce que maintenant que je suis de retour, tu vas plus avoir le temps d’engraisser… Au cas où ça t’intéresse, j’ai perdu la mémoire en me faisant cogner. BAM ! Un gros coup sur la tête en plein milieu de la forêt. C’est la dernière chose dont je me rappelle avant de me réveiller sans rien dans le crâne. Donc, va falloir que je trouve qui m’a fait ça, pourquoi et qu’on lui règle son compte… Et tu devrais t’estimer heureux qu’ils ne m’aient pas tué."

Elle rit doucement en imaginant Ushiran se réveillant dans sa prison sans vraiment savoir ce qui venait de lui arriver, pensant avoir rêvé son escapade à l’extérieur. Il aurait réellement eut l’air stupide.
Edvah fit une moue et commença à faire avancer son cheval vers Lüh, faisant signe à Ushiran de la suivre. Il allait sans doute être ravi de pouvoir bouger de nouveau ses énormes pattes. La jeune femme ne pouvait nier avoir été vexé de la façon dont son invocation avait agit, et sans doute allait-elle garder un peu de rancœur à l’égard du dragon pendant quelques temps… Le temps de passer à autre chose. Elle n’aimait pas les accueils trop chaleureux, les larmes de joies et tout ce qui pouvait accompagner un retour de longue absence… Mais il aurait au moins pu la ménager un minimum.
Une idée de prémices à sa vengeance lui vint en tête pour punir le dragon de son mauvais accueil de façon encore minime. Juste de quoi lui rappeler qu’il ne faisait plus ce qu’il voulait à présent, mais sans le dégoûter pour une éternité d’avoir retrouvé sa maîtresse.

"Je vais devoir aller à Lüh pour envoyer un courrier… Le truc, c’est que je ne sais pas écrire, tu t’en rappelles ? Et je sais que toi, tu sais au moins lire. Qui dit lire, dit écrire… Alors je vais formuler très clairement mon ordre, je sais que tu en raffoles : Je veux que tu m’aides à écrire un message pour un ami, celui qui m’a recueillit pendant que tu gambadais librement sur l’île. Compris ? Ho, et si tu veux me raconter les aventures palpitantes de l’Ushiran libre que tu as été pendant un an… Ça m’intéresse."

Elle lui fit un rapide sourire moqueur et attendit sa réponse tendit qu’elle reprenait, peut-être pour de bon, le chemin qui menait à l’immense ville de Lüh. Les rues principales y étaient larges et sans doute qu’il y aurait assez de place pour qu’il puisse passer son imposante carrure jusqu’à un bureau de poste. Après, elle n’avait aucune idée de comment ils écriraient cette lettre. Le dragon n’était certainement pas capable d’écrire sur une feuille.


Revenir en haut
Ushiran
<!--04-->Invocation

Hors ligne


Inscrit le: 08 Juin 2011
Messages: 155
Crédits Avatar: Ryu !
Masculin 龍 Dragon Feu
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Dragon à plein temps
Invoqueur: Edvah
Sorts: Feu 1-2-3-5-7, Intimidation 3-5, Soin 2, Ignifuge, Pyrokinésie 6-8, Magma 1-3
Point(s): 21

MessagePosté le: Mar 9 Oct - 15:12 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Edvah mit un certain temps à retrouver ses esprits, avant de finalement soupirer et m'adresser un regard chargé d'émotions contradictoires. Suite à quoi elle prit finalement la parole, pour une réaction à laquelle je ne m’attendais pas du tout : des reproches. Et sincères en plus. Selon elle je n’aurais pas du mener ma vie tandis que je ne recevais plus d’ordres. À quoi s’était-elle attendue ? Que je parte à sa recherche et coure après les chaînes qui m’enserreraient ?

Une vague de colère commença à monter en moi, et je le ruminai tandis qu’elle prenait tout son temps pour récupérer ses affaires. Non seulement elle considérait normal d'avoir un demi-dieu pour esclave, mais en plus de cela elle s'étonnait de ne pas m'avoir manqué ? Je me gardai cependant de réagir à chaud, ou la situation risquait d’empirer, et avant de m’en rendre compte, j’aurais fait une grosse connerie, dans le genre de carboniser celle à la vie de qui était liée autant ma pseudo-liberté que ma punition. Et ça risquait de ne plaire ni à elle, ni aux Dieux, ni à moi.

Elle me prit alors à contre-pied en jouant alors un rôle censé m’apitoyer, se prétendant une amie sentant sa confiance trahie, mais ça ne prit pas. Cela ne ressemblait pas à l’Edvah que je connaissais, ou bien son amnésie l’avait transformée en profondeur. Elle abandonna d’ailleurs rapidement la comédie pour passer à la vitesse supérieure. Elle se mit à parler de vengeance, comme si je lui devais des comptes, et la vague de colère en moi continua de monter, laissant un éclair de fureur me traverser les yeux tandis qu’un petit rire lui échappait et qu’elle me faisait signe de la suivre, comme le faisaient les humains pour appeler leurs chiens. La perte toute neuve de ma liberté m'avait rempli de rancœur, aussi je lui répondis sans prendre de gants.


« Je vais être franc avec toi Edvah : oui je m'en foutais que tu aies disparu. J'ai quelques milliards d'années dernière moi, donc pour remettre les choses à ton échelle, c'est comme si tu reprochais à un humain de ne pas s'inquiéter de la disparition pendant une seconde de quelqu'un qu'il a rencontré un dixième de seconde auparavant. Et pour te donner une comparaison, il m'a fallu presque un millénaire pour considérer comme amie l'être que j'apprécie le plus au monde. Qu'est ce qu'il restera de toi dans un millénaire, je te le demande ? »

Reprenant à peine mon souffle, je continuai d’une traite :

« D'autre part, excuse moi de ne pas profiter de la liberté quand elle m'est offerte à bras tendus : ça fait des centaines d'années que je croupis dans un temple, n’en sortant que pour accomplir les quatre volontés d'une humaine, et ce manège se répétera à l'infini jusqu'à ce que les Dieux se lassent de ce petit jeu, dans quelques millions d'années peut-être, s'ils s'en lassent un jour... C'est une condition pire que l'esclavage que ton espèce s’inflige à elle-même, donc oui, quand j'ai l'occasion d'avoir une alternative pendant un infime laps de temps, j'en profite, excuse moi du peu. »

Je pris quelques longues secondes pour souffler, et tout en fixant le sol, je m’efforçai de laisser retomber ma colère : autour de moi, la température s’était élevée de quelques dizaines de degrés. Une fois à peu près calmé, je me vis dans l’obligation de répondre à son ordre. Oh, il n’était pas parfaitement formulé, elle n’avait par exemple pas précisé quand est-ce qu’elle voulait que je l’aide ni de quelle façon, ce qui me laissait une grosse marge de manœuvre, mais ça ne ferait qu’empirer les choses. D’autant plus que ce qu’elle me demandait n’était pas particulièrement compliqué. Ce fut cependant avec un regard terne que je la fixai et d’une voix complètement monocorde que je brisai le silence inconfortable qui s’était installé.

« Oui, je sais écrire. Je peux t’apprendre la lecture et l’écriture si tu le souhaites, bien que ça risque de s’avérer assez long. Je peux sinon écrire sur un support adapté, par exemple graver quelque chose sur une dalle. Par contre j’aurais du mal à écrire une lettre techniquement parlant, mais je suppose que je dois pouvoir te dégotter un gusse capable de le faire. »

Je ne pris pas la peine de lui demander pourquoi elle voulait leur envoyer une lettre plutôt que d’aller leur parler directement. Avait-elle honte de son passé ou bien de son Invocation ? Comme certains avaient l’appétit coupé, j’avais pour ma part la curiosité tarie pour le moment. Je ne répondis pas non plus à sa question concernant ce que j’avais fait durant son amnésie : ce n’était pas un ordre aussi je pouvais m’en passer. J’attendis donc sans bruit qu’elle précise exactement ce qu’elle voulait que je fasse.
Revenir en haut
Skype
Edvah
<!--03-->Humain

Hors ligne


Inscrit le: 05 Juil 2012
Messages: 332
Crédits Avatar: Ours by charlie140588
Féminin
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Capitaine de l'Atropos
Invocation(s): Ushiran et Letto
Inventaire: Un tricorne, un sabre, une dague, quelques Tsuris
Double compte: Tarec'Mah
Point(s): 617

MessagePosté le: Ven 12 Oct - 20:31 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Ushiran ne semblait pas, mais alors pas du tout, ravi de tout ce qu'Edvah lui disait. Il paraissait même fulminer, bouillir de rage. Mais la jeune pirate ne comprenait pas, elle n'était pas stupide mais son esprit ne pouvait pas saisir. Pour elle, Ushiran avait eut largement le temps de se dorer les écailles au soleil, et d'après ce qu'il lui avait dit sur son retour au temple en cas de sa mort à elle... Elle l'aurait imaginé un peu plus anxieux de ne plus l'avoir sous la patte. L'idée que ces quelques mois ne seraient que des secondes pour le Demi-dieu lui paraissait inconcevable.

« Je vais être franc avec toi Edvah : oui je m'en foutais que tu aies disparu. J'ai quelques milliards d'années dernière moi, donc pour remettre les choses à ton échelle, c'est comme si tu reprochais à un humain de ne pas s'inquiéter de la disparition pendant une seconde de quelqu'un qu'il a rencontré un dixième de seconde auparavant. Et pour te donner une comparaison, il m'a fallu presque un millénaire pour considérer comme amie l'être que j'apprécie le plus au monde. Qu'est ce qu'il restera de toi dans un millénaire, je te le demande ? »

Le visage d'Edvah était assombri par la réflexion, ses yeux baissés fouillant sans rien voir, les sourcils froncés. Elle se mordait la lèvre pour essayer de discerner ce que le dragon voulait lui faire comprendre. La jeune femme se sentait incroyablement vexée d'être ainsi reprise sur ses réflexions, comme une petite fille qui vient de se faire taper sur les doigts alors qu'elle pensait être félicitée. De plus elle n'aimait pas du tout le ton avec lequel il lui parlait. Mais elle n'arrivait surtout pas à imaginer que toutes les semaines qu'elle avait passé à se torturer n'ait été qu'un coup de vent pour son invocation. Qu'elle ait put passer autant de temps dans le doute et que lui ne pense qu'à repartir... Elle savait au fond d'elle, enfouie très loin, que ses pensées étaient égoïstes et qu'Ushiran était un esclave plus qu'un dévoué compagnon, mais elle n'arrivait pas à se détacher de cette idée que le dragon était un ingrat.

« D'autre part, excuse moi de ne pas profiter de la liberté quand elle m'est offerte à bras tendus : ça fait des centaines d'années que je croupis dans un temple, n’en sortant que pour accomplir les quatre volontés d'une humaine, et ce manège se répétera à l'infini jusqu'à ce que les Dieux se lassent de ce petit jeu, dans quelques millions d'années peut-être, s'ils s'en lassent un jour... C'est une condition pire que l'esclavage que ton espèce s’inflige à elle-même, donc oui, quand j'ai l'occasion d'avoir une alternative pendant un infime laps de temps, j'en profite, excuse moi du peu. »

Edvah, perdu dans ses réflexions n'avait pas non plus fait attention à la hausse de température, ni à la direction que son cheval prenait. Mais visiblement il n'avait pas trop dévié de la route de Lüh et Ushiran était entrain de tenter de se calmer. Sans doute que l'atmosphère deviendrait moins étouffante. Pourtant un silence de plomb s'abattit sur eux.
Edvah tordait les reines de cuir souple entre ses doigts sans s'en rendre compte. Elle n'avait pas du tout aimé cette conversation. Elle se sentait vexée, stupide, abandonnée, écrasée, morose... Elle en voulait à Ushiran, elle s'en voulait à elle-même et elle n'était pas habituée à tout cela. Pour elle la vie avait toujours était dans son sens et personne ne l'avait jamais contrarié sans y perdre la vie au moins. Mais elle n'avait pas envie de faire de mal à Ushiran, en le renvoyant dans son temple par exemple. Ses sentiments en étaient de ce fait encore plus difficile à comprendre qu'ils ne se résolvaient pas par une pirouette ou un coup de poignard.
Quand le dragon reprit la parole, elle sursauta faiblement, surprise qu'il réponde à son ordre au final.

« Oui, je sais écrire. Je peux t’apprendre la lecture et l’écriture si tu le souhaites, bien que ça risque de s’avérer assez long. Je peux sinon écrire sur un support adapté, par exemple graver quelque chose sur une dalle. Par contre j’aurais du mal à écrire une lettre techniquement parlant, mais je suppose que je dois pouvoir te dégoter un gusse capable de le faire. »

Edvah garda la silence encore quelques secondes, puis s'éclaircit la voix pour se donner une constance. Elle essaya de se redresser et de ne pas avoir l'air aussi misérable qu'elle avait l'impression de l'être. Elle tenta même de parler d'une voix forte et sûre mais son ton semblait plutôt abattu et hésitant. Elle n'avait même plus envie de se venger.

« Je... Oui, je pense que ça prendra trop de temps que j'apprenne... Maintenant en tout cas. Et... Je... Oublie l'ordre, c'est moins stupide que je cherche quelqu'un de plus... Adapté, pour l'écrire ma lettre. C'est juste pour le village qui m'a recueillit, qu'ils sachent que je suis vivante... Toi tu peux pas trop l'écrire... Je vais pas faire tailler ma lettre dans une montagne. »

Elle rit doucement, levant les yeux vers Ushiran pour voir sa réaction, mais se stoppa net. Elle ne savait pas où se mettre ni que faire et se contenta de s'affaler sur l'encolure de Dagobert en soupirant. Elle n'aimait pas se sentir comme ça, coupable sans rien trouver contre elle. Ces humeurs ne la faisait pas se sentir elle. Elle n'avait pas l'impression d'être Edvah, ni Ness... Elle n'était qu'un ramassis de sensation désagréable en cet instant. Il fallait qu'elle fasse une bonne action...

« Je suis désolé si je t'ai vexé ou quoi, Ushiran. Ça me ferait un peu chier d'avoir fait autant de route pour aller te chercher pour rien, mais si je suis pas intéressante tu peux aller chercher ta dulcinée ou aller te faire griller les écailles où tu veux. Ça sert à rien que je te force à rester avec moi si tout ce que je te demande te gave et que tu passes ton temps à faire la tronche. »

Edvah n'osa pas lever les yeux vers son invocation et se contenta de rester allonger sur l'épaisse crinière de sa monture, les bras croisés sous sa joue, écoutant les pas imposants du dragon à côté d'elle.


Revenir en haut
Ushiran
<!--04-->Invocation

Hors ligne


Inscrit le: 08 Juin 2011
Messages: 155
Crédits Avatar: Ryu !
Masculin 龍 Dragon Feu
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Dragon à plein temps
Invoqueur: Edvah
Sorts: Feu 1-2-3-5-7, Intimidation 3-5, Soin 2, Ignifuge, Pyrokinésie 6-8, Magma 1-3
Point(s): 21

MessagePosté le: Jeu 18 Oct - 11:34 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

L'amnésie avait vraiment transformé Edvah... Pas physiquement : elle avait toujours la même bouille d'ange derrière laquelle elle cachait sa nature moins angélique, mais il me semblait que jamais la pirate que j'avais connue à ma libération ne se serait remise en cause, même après une colère comme celle que je venais de piquer. Du moins pas immédiatement. Elle m'aurait au lieu de ça envoyé pourrir dans mon temple jusqu'à ce qu'elle ait de nouveau besoin de moi, et n'aurait pas reconnu être en tort.

Au contraire, aujourd'hui, elle prit un air penaud, osant à peine me regarder en face. Elle retira même l'ordre qu'elle m'avait donné, et après s'être écroulée sur l’encolure de sa monture, elle alla jusqu'à me dire que je pouvais mener ma vie comme je l’entendais. Sa réaction me faisait presque culpabiliser... Oh, pas que ma colère soit injustifiée, le fait qu'elle me considère et me traite comme un chien qui venait de fuguer m'avait vraiment mis hors de moi, mais j'y avais peut-être ajouté le ressentiment que provoquait en moi la situation détestable dans laquelle nous étions, mes frères et moi, et pour laquelle elle n'était pour rien.

Je marchai un moment en silence à ses côtés, avant de finalement reprendre la parole, d'une voix plus basse, maintenant que la colère était passée.


« Ne t'y trompe pas Edvah, tu n'es pas une esclavagiste, et ce n'est pas toi qui m'impose de t'obéir. Si ma liberté ne dépendait que de toi tu te doutes bien que je te l'aurais extorquée depuis longtemps... Non, désolé si le terme te déplaît, mais dans cette histoire tu n'es que le bourreau qui applique la peine prononcée par nos Créateurs, et qui peut en ce sens la rendre plus ou moins désagréable. En l'occurrence tu n'es pas un mauvais bourreau, au contraire, je n'ai pas vraiment à me plaindre. Mais comprends que si le bourreau s'éloigne un instant, aussi doux soit-il, j'en profite pour prendre un peu de bon temps. Comprends également que quand on me rappelle ma situation d’esclave, je ne le prenne pas particulièrement bien. »

Je pris un peu de temps pour réfléchir à sa proposition. J'étais bien tenté de la planter là et de profiter autant que je le pouvais de ma liberté avant que la pirate n'en vienne à mourir, d'une façon ou d'une autre... Mais ce serait se berner d'illusions... Je repris donc la parole, maussade :

« J’apprécie ta proposition… Et je t’en suis reconnaissant. Mais pour en revenir à l’image que j’ai utilisée tout à l’heure, ce n’est pas au bourreau de décider s’il doit y avoir punition ou non. Mes Créateurs m’ont imposé de servir les humains qui accompliraient avec succès les épreuves que je leur imposerais, et c’est là ma seule chance de rédemption si je veux un jour récupérer mon statut d’antan. Si tu me libères contre ton gré, et je considère que c’est le cas aujourd’hui puisque je t’y ai poussée, ce serait comme si je leur crachais au visage la possibilité de rédemption qu’ils m’ont offerte. Mais ne t’en fais pas, la petite récréation que j’ai eue pendant ton amnésie me rend déjà bien plus chanceux que nombre de mes frères. Par ailleurs, ta compagnie n’est pas particulièrement déplaisante, et sans vouloir te vexer, tu seras probablement morte bien avant que j’en sois lassé. »

Je n’avais pas envie de débattre sur ma condition, aussi je décidai de fermer la parenthèse, quitte à exaspérer l’humaine :

« J’en reviens donc à ma question : on fait quoi maintenant ? Je veux dire après avoir déniché un gusse pour écrire ta lettre ? Tu n’as pas abandonné ton projet de piraterie ? Car je suis monté sur un bateau, et je peux te dire que ce n’est vraiment, vraiment pas fait pour moi. »
Revenir en haut
Skype
Edvah
<!--03-->Humain

Hors ligne


Inscrit le: 05 Juil 2012
Messages: 332
Crédits Avatar: Ours by charlie140588
Féminin
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Capitaine de l'Atropos
Invocation(s): Ushiran et Letto
Inventaire: Un tricorne, un sabre, une dague, quelques Tsuris
Double compte: Tarec'Mah
Point(s): 617

MessagePosté le: Ven 19 Oct - 18:38 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

« Ne t'y trompe pas Edvah, tu n'es pas une esclavagiste, et ce n'est pas toi qui m'impose de t'obéir. Si ma liberté ne dépendait que de toi tu te doutes bien que je te l'aurais extorquée depuis longtemps... Non, désolé si le terme te déplaît, mais dans cette histoire tu n'es que le bourreau qui applique la peine prononcée par nos Créateurs, et qui peut en ce sens la rendre plus ou moins désagréable. En l'occurrence tu n'es pas un mauvais bourreau, au contraire, je n'ai pas vraiment à me plaindre. Mais comprends que si le bourreau s'éloigne un instant, aussi doux soit-il, j'en profite pour prendre un peu de bon temps. Comprends également que quand on me rappelle ma situation d’esclave, je ne le prenne pas particulièrement bien. »

Le ton moins dur du dragon rassura Edvah et elle osa enfin lever ses yeux ambré vers son invocation. Contrairement au début de la conversation, Edvah avait trouvé ce petit monologue plus agréable à entendre. Les compliments font rarement mal. Et elle ne se sentait pas vexer d'être considéré comme un bourreau, Ushiran ne l'utilisait pas de façon trop négative et après tout c'était le rôle qu'elle avait aimé jouer pendant plus de 20 ans... On est rarement le héros quand on se lance dans la piraterie et le banditisme.

« J’apprécie ta proposition… Et je t’en suis reconnaissant. Mais pour en revenir à l’image que j’ai utilisée tout à l’heure, ce n’est pas au bourreau de décider s’il doit y avoir punition ou non. Mes Créateurs m’ont imposé de servir les humains qui accompliraient avec succès les épreuves que je leur imposerais, et c’est là ma seule chance de rédemption si je veux un jour récupérer mon statut d’antan. Si tu me libères contre ton gré, et je considère que c’est le cas aujourd’hui puisque je t’y ai poussée, ce serait comme si je leur crachais au visage la possibilité de rédemption qu’ils m’ont offerte. Mais ne t’en fais pas, la petite récréation que j’ai eue pendant ton amnésie me rend déjà bien plus chanceux que nombre de mes frères. Par ailleurs, ta compagnie n’est pas particulièrement déplaisante, et sans vouloir te vexer, tu seras probablement morte bien avant que j’en sois lassé. »

La jeune pirate se redressera et poussa un long soupir. Non pas d'exaspération ou de mécontentement mais d'un immense soulagement. Elle sourit au dragon, réjouie. Son sourire restait tout de même encore légèrement crispé, elle n'avait pas trop aimé le fait que le Demi-dieu considère sa vie comme brève.

« Tu me retires un poids maxi lézard... Et j'ai compris qu'on voyait pas le temps de la même façon... Mais me considère pas déjà comme morte, gros ver !

Passant du coq à l'âne, Ushiran vira de sa condition de pauvre et malheureux esclave au présent plus que proche.

« J’en reviens donc à ma question : on fait quoi maintenant ? Je veux dire après avoir déniché un gusse pour écrire ta lettre ? Tu n’as pas abandonné ton projet de piraterie ? Car je suis monté sur un bateau, et je peux te dire que ce n’est vraiment, vraiment pas fait pour moi. »

Edvah fixa le lointain, pensive sans retomber dans sa mélancolie. Elle repensa au vent dans les voiles, à l'odeur iodée de la mer, à l'Atropos fendant les vagues... A Elie qui avait essayé de la recontacter, à son agression et à sa perte de mémoire.

« J'avais revu une membre de mon équipage avant d'oublier... Elie. Une gamine pas très fut fut... Elle voulait que je reforme l'équipage. Je sais pas si ils m'accepteraient comme capitaine. Parfois ça me démangeais, genre je devais absolument retrouver tout le monde et repartir à zéro... Et parfois je me dis que, même si là j'ai pas de but précis, la vie en mer risque d'être vraiment dure sans Drake...

Soudain, avant même que la nostalgie et la tristesse ne l'envahisse, un détail lui revint en tête, quelque chose dans ce qu'avait dit Ushiran. Elle fronça les sourcils puis leva son regard contrarié vers le dragon. Elle n'était pas certaine de ce qu'elle avait entendu.

« Attends, tu es monté dans un bateau ? Toi ? Comment ça se fait ? »

Elle pouffa sans faire exprès en imaginant l'énorme Ushiran dans une coque de noix au milieu de la mer, perdu, détrempé...

« Monsieur 'je crache du feu, je suis colère contre Aqua' entrain de naviguer ? »

Elle rit pour de bon, se tapant la main sur la cuisse, inquiétant sa monture par toute cette agitation soudaine. Elle avait vaguement entendu parler de l’expédition vers l’Île durant les longs mois qu'elle avait passé dans le village entant que Ness mais ne fit pas encore le rapprochement. Jamais au grand jamais elle n'aurait cru possible qu'un énorme dragon sans aile puisse se trouver au milieu de l'océan...
Il ne leur restait que deux ou trois heures pour atteindre Lüh, le soleil était encore bien haut dans le ciel, au dessus des arbres. La présence du dragon effrayait toutes les autres créatures et à part quelques oiseaux, Edvah put savourer la tranquillité de la forêt.


[Je ne suis pas convaincu puissance 1000]


Revenir en haut
Ushiran
<!--04-->Invocation

Hors ligne


Inscrit le: 08 Juin 2011
Messages: 155
Crédits Avatar: Ryu !
Masculin 龍 Dragon Feu
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Dragon à plein temps
Invoqueur: Edvah
Sorts: Feu 1-2-3-5-7, Intimidation 3-5, Soin 2, Ignifuge, Pyrokinésie 6-8, Magma 1-3
Point(s): 21

MessagePosté le: Lun 17 Déc - 17:40 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

Ma colère avait laissé apparaître chez Edvah un côté inconnu de sa personnalité, une Edvah pleine de doutes et de concessions... Chose que je n'aurais jamais imaginé possible quand je l'avais connue. Cependant que ce soit un aspect enfoui depuis toujours au plus profond d'elle-même ou apparu durant qu'elle était Ness, ce dernier disparut dès que je repris un ton plus calme et que je lui annonçai que je devais rester auprès d'elle, et ce fut de nouveau l'Edvah que j'avais connue qui se dressait à mes côtés, protégée par une carapaces de dédain et de moqueries.

Je ne m'en formalisai pas cependant, au contraire. J'aurais pu exploiter la faille que j'avais pu voir, en profitant du fait qu'Edvah était probablement encore déstabilisée par le recouvrement brusque de sa personnalité, mais quitte à passer vingt ans avec une humaine, je préférais qu'elle soit épicée plutôt que fade, la peine en serait moins amère.

J'écoutai donc ses hésitations à propos de la reformation de son équipage, qui risquait de lui poser problème sans la présence du fameux Drake. Cependant avant que je ne puisse lui demander plus de détail, elle revint soudain à mon évocation de traversée en bateau, exprimant son étonnement à coup de piques taquines. Je pris donc le temps de lui expliquer un peu ce que j'avais fait pendant son absence.


"Eh bien, vois tu, comme tu avais malencontreusement disparu, j'ai du trouver à m'occuper sans toi, et j'ai décidé d'explorer ce monde qu'avaient recréé les Dieux pour remplacer l'ancien... Mais à vrai dire je me suis vite trouvé désœuvré car l'île d'Arcane représente à peine un centième des terres émergées du monde qui existait avant celui-ci... Ces explorations m'ont cependant permis de croiser des frères et soeurs, et quelques humains, dont Sheiko, un guide qui s'est avéré être l'invocateur de ma sœur favorite, Tarec'Mah. Je t'avais déjà parlé d'elle... Malheureusement il ne savait pas où elle était et ne l'a pas invoquée, mais comme je l'ai aidé pour l'une de ses chasses, j'ai pu rejoindre l'expédition prévue sur l'Île mystérieuse à ses côtés. Pour aller là bas, il m'a fallu malheureusement emprunter l'une des coquilles de noix que vous appelez navire, mais le jeu semblait en valoir la chandelle pour le peu que j'avais entendu de l'expédition précédente... Et effectivement je n'ai pas été déçu. Si un jour tu récupères ton bateau, je te conseille d'aller faire un tour là-bas, il y a une tonne de choses intéressantes à découvrir... Bien plus que sur votre île "civilisée"."

Ma dernière remarque me fit revenir à des détails plus matériels :

"À propos, il est devenu quoi ton tas de planches ? Parce qu'il me semble savoir que ça a pas mal de valeur pour vous ces trucs moches, inconfortables, et risquant de cramer à la première flammèche égarée par inadvertance ? Quelqu'un te l'a gardé ? Car ça doit bien faire un an que tu l'as quitté non ?"
Revenir en haut
Skype
Edvah
<!--03-->Humain

Hors ligne


Inscrit le: 05 Juil 2012
Messages: 332
Crédits Avatar: Ours by charlie140588
Féminin
Lien vers la fiche: URL
Métier dans le jeu: Capitaine de l'Atropos
Invocation(s): Ushiran et Letto
Inventaire: Un tricorne, un sabre, une dague, quelques Tsuris
Double compte: Tarec'Mah
Point(s): 617

MessagePosté le: Ven 28 Déc - 18:54 (2012)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu Répondre en citant

"Eh bien, vois tu, comme tu avais malencontreusement disparu, j'ai du trouver à m'occuper sans toi, et j'ai décidé d'explorer ce monde qu'avaient recréé les Dieux pour remplacer l'ancien... Mais à vrai dire je me suis vite trouvé désœuvré car l'île d'Arcane représente à peine un centième des terres émergées du monde qui existait avant celui-ci... Ces explorations m'ont cependant permis de croiser des frères et sœurs, et quelques humains, dont Sheiko, un guide qui s'est avéré être l'invocateur de ma sœur favorite, Tarec'Mah. Je t'avais déjà parlé d'elle... Malheureusement il ne savait pas où elle était et ne l'a pas invoquée, mais comme je l'ai aidé pour l'une de ses chasses, j'ai pu rejoindre l'expédition prévue sur l'Île mystérieuse à ses côtés. Pour aller là bas, il m'a fallu malheureusement emprunter l'une des coquilles de noix que vous appelez navire, mais le jeu semblait en valoir la chandelle pour le peu que j'avais entendu de l'expédition précédente... Et effectivement je n'ai pas été déçu. Si un jour tu récupères ton bateau, je te conseille d'aller faire un tour là-bas, il y a une tonne de choses intéressantes à découvrir... Bien plus que sur votre île "civilisée".
À propos, il est devenu quoi ton tas de planches ? Parce qu'il me semble savoir que ça a pas mal de valeur pour vous ces trucs moches, inconfortables, et risquant de cramer à la première flammèche égarée par inadvertance ? Quelqu'un te l'a gardé ? Car ça doit bien faire un an que tu l'as quitté non ?"


Edvah se creusa la mémoire pour retrouver tous les souvenirs qu'elle avait sur son navire. Cela ne faisait pas si longtemps que ça au final, et pourtant elle avait l'impression d'avoir passé toute une vie loin de la mer. Elle se gratta la tête et fit ralentir son cheval pour pouvoir parler sans se soucier de la route.

"Mon navire s'appelle l'Atropos, une très ancienne déesse coupant le fil de la vie... C'est un beau navire, mais j'ai déjà oublié à quoi il ressemblait réellement... Il est caché depuis si longtemps... Et si peu en même temps. Mais je me rappelle très bien où il est. Une crique. Il y a la tombe de Drake là-bas. Je saurais y retourner..."

Elle fixa ses yeux d'ambres sur Ushiran et stoppa Dagobert. La résolution avait rendu son regard aussi tranchant que l'acier.

"Oui... Je me rappelle tellement bien... Tu sais Ushiran, je crois qu'une petite balade le long de la plage va devoir être préparé... Je crois que je vais avoir à reformer un équipage sous peu... Il est peut-être temps, maintenant. L'Atropos va devoir reprendre le large. Être Ness m'a apprit une chose très importante : Je dois faire ce dont je suis fait pour. Ne plus avoir de vie, plus jamais ! La piraterie ou rien !"

Sans prévenir elle fit prendre un galop soudain au cheval de trait, fonçant sur Lüh. Elle savait maintenant que faire. Elle voulait reprendre la mer. Oublié déjà le village qui l'avait sauvé, oublié l'ignorance lui-même. Elle venait de retrouver l'envie de faire ce qu'elle chérissait le plus : la piraterie. N'en déplaise à Ushiran. Elle rit aux éclats, dessinant tout un tas de plans et de manigances qu'elle allait devoir mettre en place pour pouvoir fendre les eaux comme avant.


[Fin]


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:04 (2016)    Sujet du message: Et le dragon ramènera ce qui est perdu

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'ile d'Arcane - Forum RPG Fantasy Index du Forum -> -> La Traversée de la Rivière Blanche Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group www.kenney.nl
Traduction par : phpBB-fr.com