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Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure
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Bororo Meslial
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MessagePosté le: Dim 18 Déc - 21:47 (2011)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Monter à cheval ? Plusieurs sentiments s’emparèrent de Bororo. Il y avait tout d’abord cette partie de lui qui ne rêvait que d’aventures et de nouvelles expériences, le besoin de ressentir, de vivre ce que les héros de ces livres avaient vécu. Mais il y avait cette seconde partie. Une partie que chaque être possédait en son sein et qui était la peur de l’inconnu. Sauf que dans le cas de Bororo, cela pouvait devenir amplement plus compliqué. Car, si sa phobophobie se réveillait, brisait les barrières dans l’être de l’apprenti guérisseur… Les conséquences en seraient terribles !

Il hésita un instant devant le cheval. Ainsi que ces trois hommes au visage sévère et qui avait un visage si fermé que pas même une esquisse de sourire apparut lorsqu’Elisabeth fit les présentations. Il se sentit soudain mal) l’aise. Il ne connaissait pas ces trois personnes et elles ne lui inspiraient rien de bon. Il commença alors à se refermer sur lui-même. Extérieurement, cela ne se voyait pas. Cela apparaissait seulement comme un homme qui voit un cheval pour la première fois, qui se retrouve devant le fait de devoir monter un cheval pour la première fois de sa vie.

« Hum, Elisabeth. Je dois te dire que je n’ai jamais monté un cheval de ma vie. Je ne suis pas contre cette nouvelle expérience mais crois-tu qu’il soit possible que je sois capable de monter un cheval dans les minutes à venir ? Je ne voudrais pas faire attendre tes rêves en perdant ton temps à m’apprendre. »

La suite est connue. Bororo monta sur un cheval après que celui-ci ait été déchargé d’une partie des sacs. On lui avait donné un animal qui avait été amputé de ces appétits sexuels. Ainsi, il devenait plus facile à monter pour une personne comme lui. Il eut extrêmement du mal à monter sur selle. Il fallut qu’un des trois gardiens d’Elisabeth descende de sa monture, lui explique comment mettre le pied dans l’étrier et comment donner la bonne impulsion pour se retrouver à califourchon sur la selle. La selle… Une sorte de siège très inconfortable, très dur qui augurait de futures douleurs. A ce moment, Bororo pensa :

*Les expériences réelles, celles qui sont vécues sont beaucoup plus douloureuses que dans les livres d’aventure que j’ai pu lire. Elles paraissent également beaucoup moins épiques… Pouah ! Pourquoi les mots sont-ils si beaux, si vils et si manipulateurs ?*

-

Ils avaient finalement tous passés les portes de la cité de Lüh et se retrouvait dans la grande nature. C’était encore une première fois pour le guérisseur. Jamais auparavant il n’était sorti de la ville. Il avait peut-être de temps à autre flâné autour des murs, mais c’était toujours avec sa mère et professeur. Il n’était donc pas aussi libre à ce moment-là. Quoique, la liberté ne soit pas la même. Il se sentait peut-être plus libre mais cela ne pouvait être aussi simple. Bientôt, il se rendrait compte de toutes les contraintes nouvelles, de tous ce que sa mère faisait pour lui, toutes ces petites choses dans son quotidien.

« Elisabeth. »

Depuis qu’il était monté sur son cheval, une sorte de silence gêné s’était emparé du groupe. Bororo trouvait cela embarrassant. Il ne se sentait pas la force de briser la glace. Il avait déjà fait preuve de tant de courage pour aller communiquer avec cette demoiselle…

« Hum, excuse-moi, mais je me suis dit que l’on pourrait peut-être parler un petit peu. »

Parler de quoi ? Il n’en avait absolument aucune idée. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il voulait communiquer avec elle. D’habitude, il aimait le silence, cela ne le dérangeait pas mais, dans cette situation, il ressentait le besoin de parler, de chasser ces mots inaudibles qui flottaient dans les airs.

Avec quoi pouvait-il enchaîner ? Il chercha dans sa tête. Jamais il n’avait autant réfléchi, mis son cerveau à si grande épreuve. Devait-il lui parler de sa vie ? De son apprentissage de guérisseur ? Des livres qu’il avait lu ? Ou encore essayer de philosopher ?

*Philosopher ?! Mais qu’est-ce qu’il me prend ? C’est vraiment une idée à la *** …*

Il se retourna précautionneusement autour de l’axe qu’était son corps sur la selle. Il ne voulait pas faire une chute maintenant. Il se sentirait si idiot. Il n’aurait pas la force de remonter sur son cheval l’air de rien. Et, le pire, il ne pourrait pas s’asseoir de nouveau sur une surface aussi dure ! Il regarda les trois gardiens de la demoiselle. A première vue, ils paraissaient tous sains de corps et d’esprit. Il n’apercevait rien de probant. Pourquoi donc recherchait-il des maladies ?! Tare professionnelle. Il les observa alors une seconde fois pour simplement voir qui ils étaient, ce qu’ils ressentaient en les voyant. Il ne vit que trois soldats, un masque de travail sur les traits de leur visage, les armes prêt à semer les blessures et la mort. Il ne vit en aucune façon une caractéristique sympathique comme une couleur de cheveux dépassant la norme, ni même un quelconque attrait pour se lier d’amitié, du moins, de compagnonnage.

Il se remit alors droit à la route. Une route qu’il ne connaissait pas et qu’il trouvait propre à un futur très glorieux et très lumineux. Il se rendit compte qu’il n’avait toujours rien ajouté et que le temps se faisait maintenant trop long depuis sa dernière réplique. Ces cellules grises se mirent en mouvement, aussi vite que la première fois pour trouver un sujet de conversation : les propriétés fantastiques d’une herbe ? La légende de la Vouivre ? Le goût du chocolat ?

Ces sourcils s’arquèrent. Ces lèvres qui avaient été jointes et formaient une ligne s’entrouvrirent un peu de joie. Il savait de quoi il pouvait parler. Il mit la main dans son sac en bandoulière et en sortit un livre : Mille et une légendes et fables à se raconter autour d’un bon feu.

« Tu connais ce livre ? »



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MessagePosté le: Dim 18 Déc - 21:47 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 20 Déc - 19:46 (2011)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

La plaine verdoyante s'étendait devant eux, magnifique. Au loin, on pouvait apercevoir une pâle esquisse de forêts et de montagnes, troublant à peine l’horizon. Elisabeth se laissait doucement envahir par la quiétude du paysage qui s’offrait à elle, bercée par le mouvement de sa monture et le son régulier des sabots.

Elle avait l’habitude de se promener ainsi dans les envions de la ville, car le danger en ces lieux était minime. La plaine est un mauvais terrain de chasse pour cacher des prédateurs. Le groupe était donc en sécurité pour le moment. La jeune fille savait qu’il fallait en profiter, car ce ne serait que rarement le cas par la suite.

Elle sentait sous ses doigts l’envie de galoper d’Obsidienne. La jument devait se demander pourquoi elles se traînaient ainsi sur le large chemin de terre, accompagnées qui plus est. Elisabeth lui aurait volontiers accordé un moment de course effrénée comme elles aimaient tant en partager, mais elle devait garder cette énergie pour les longues heures de marche qui les attendaient. Ce n’était pas le moment de se fatiguer inutilement.

Alors qu’elle observait le ciel bleu dépourvu de nuage, la voix de Bororo attira son attention.

« Elisabeth. »

Elle posa son regard sur lui, étonnée. Il avait l’air mal à l’aise... Une petite partie d’elle-même s’en voulue de ne pas avoir fait plus attention à lui après la sortie de la ville. Elle l’avait embarqué avec elle à cheval, lui qui n’était jamais monté de sa vie, et avec ses hommes qui ne se montraient guère sympathiques.

« Hum, excuse-moi, mais je me suis dit que l’on pourrait peut-être parler un petit peu. »

La demoiselle lui répondit par un sourire, attendant qu’il continue. Il semblait assez désemparé. Au bout d’un moment, Elisabeth ouvrit la bouche pour lancer un sujet de conversation, histoire de lui venir en aide. Mais il la devança.

« Tu connais ce livre ? »

Il avait sorti l’ouvrage de son sac en bandoulière (ce qui, au passage, était une mauvaise idée de porter pour un cavalier débutant tel que lui) et en montra la couverture à Elisabeth.

La jeune fille lu le titre de ce qui semblait être un roman d’épaisseur moyenne, d’une taille facile à transporter : Mille et une légendes et fables à se raconter autour d’un bon feu...

Ce nom ne lui était pas inconnu... C’était, comme l’indiquait le titre, un recueil de légendes et d’aventures assez courtes, destinées autant à rire qu’à faire peur.

« Oui, je l’ai lu quand j’étais petite... Je me souviens avoir particulièrement aimé l’une de ces histoires, celle où l’on suit une jeune fille nomade qui voyage à travers le monde avec tout son clan. Annah, si mes souvenirs sont bons. Je me souviens à quel point sa vie me fascinait... J’aurai voulu être comme elle. »

Un sourire mélancolique se dessina sur ses lèvres. Elle se souvenait de l’admiration enfantine que lui inspirait à ce personnage. Une adolescente à la beauté sauvage, toujours rebelle et audacieuse. Peut-être était-ce ce caractère pratiquement à l’opposé du sien qui l’attirait. Qui sait.

Un vent frai se leva, faisant voler ses cheveux en arrière, et rejetant ces pensées au loin.

« Et toi ? Y en a-t-il une que tu préfères parmi les autres ? » Lui demanda-elle avec curiosité.
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MessagePosté le: Mer 21 Déc - 16:09 (2011)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Il remarqua l'expression sur le visage d'Elisabeth lorsqu'il sortit son livre de son sac en bandoulière. Il n'en tint pas compte tout de suite. Ainsi, elle connaissait ce livre. C'était une bonne chose, ils pourraient échanger leur avis dessus et peut-être découvrir de nouvelles choses, dériver sur d'autres sujets et apprendre.

« Je ne me souviens pas de l'histoire dont tu me parles. Je n'ai pas du beaucoup y prêter attention, excuse-moi. »

Il n'avait aucune raison de s'excuser. Encore moins avec un sourire béat. Mais c'était plus fort que lui. Il se sentait bien aujourd'hui. Le temps était doux. Le soleil était présent mais n'agressait pas. Il n'avait pas à plisser les yeux et la peau blanche de sa compagne de route ne rougirait pas de douleur.

Son regard se perdit dans les nuages blancs. Il essayait de trouver dans une partie de son cerveau le plus petit souvenir à propos d'une histoire avec cette certaine Annah. Il ne put chercher longtemps car la forme des nuages lui fit perdre le fil de ces efforts mentaux. Il avait toujours aimé ce genre de nuages qui possédaient beaucoup de vie, car avaient beaucoup de reliefs. Lorsqu'un regard se perdait dedans, recherchait le fantastiques et les créatures nouvelles, il en voyait pas dizaines. Là, par exemple, à ce moment, il voyait les courbes d'un animal semblable à un serpent avec une gueule immense. Ici, une sorte de canard avec des ailes gigantesques. Des ailes d'un être purement divin, et divinement bon.

Il revint sur « terre » lorsqu'il entendit de nouveau la voix d'Elisabeth. S'il y en avait une qu'il préférait ? Pas vraiment, il aimait surtout lire et voyager. Qu'il ne se souvienne pas de ce qu'il lisait, lorsque c'était des histoires fictives ne l'avait jamais vraiment inquiété. S'il voulait vraiment retenir quelque chose, il savait comment le faire. Mais, apprendre des histoires, cela ne l'intéressait pas. Les histoires étaient simplement là pour une voyager. Ce n'étaient que des portes. Des portes vers des rêves éveillés, structurés et d'un déroulement logique dans le temps.

« S'il y en a une que je préfère ?... Pas vraiment. Mais il y en a une qui me revient lorsque je regarde les nuages et les formes que l'on peut y voir. Les créatures fantastiques. Ou encore le royaume sur une ligne imaginaire qui se trouve seulement dans le ciel et pas sur terre. »

Il avait regardé à nouveau les nuages. Ainsi, il appuyait ces mots d'une réalité physique. La pression sur les rênes de son animal s'était relâché. S'il se faisait surprendre, il avait toutes les chances de se retrouver la tête en bas, voir sur le sol.

« Connais-tu l'histoire du vieil homme qui vivait de corps dans la ville de Lüh et d'esprit dans le royaume des nuages ? C'est une très belle histoire, très onirique, très triste également. Toute sa vie, ce vieil homme a eu la tête dans les étoiles. Jamais il n'épousa de femme. Jamais il n'eut d'enfants. On dit qu'il resta vierge jusqu'à ce qu'il meurt. Mais lui, il dit à chaque fois, à quiconque voulait l'entendre qu'il avait pour compagne la plus belle femme que l'on pouvait imaginer, qu'il avait soixante-deux enfants plus merveilleux les unes que les autres. Il dit que là où ils habitaient, le miel était si doux et si liquide qu'il suffisait à nourrir un homme. Il racontait que là où il vivait, il n'y avait que chants, poésies et arts de l'esprit. Bien sur, tout le monde le prit pour un fou. Lorsque certains, éprouvaient quelques doutes aux dires si véhéments, si paisibles du vieillard, on les emmenaient voir là où vivaient le vieil homme. Alors, ils découvraient un taudis. Le vieillard vécut jusqu'à la fin de ces jours dans les restes d'une maison qui avait brûlé. Il se nourrissait de petits animaux. Les restes des corps étaient disséminés à l'intérieur et à l'extérieur de la petite hutte qu'il s'était construite. Alors, ceux qui avaient un doute le traitaient de vieux fou à leur tour. C'est ainsi qu'il mourut aux yeux de tous, vieux, séniles et sales. Mais, ce qu'ils ne savent pas, c'est que seul son corps a péri. Son esprit est parti rejoindre sa famille. Maintenant, c'est lui qui éprouve de la peine pour les habitants de Lüh, il éprouve beaucoup de tristesse pour ces hommes et ces femmes trop attachés à leur corps et à l'apparence des choses... »

La voix de Bororo s'était faite de plus en plus claire au fur et à mesure qu'il parlait. Il se découvrait un talent. Un talent de conteur. De par les inflexions de sa voix, son sens du rythme, il croyait pouvoir faire entrer dans la danse de ces phrases n'importe qui et apaiser son esprit, l'emmener dans des endroits qui n'existait que dans la tête du futur guérisseur.

Il mit quelques temps à rouvrir les yeux car, vers la fin de son histoires, il s'était complètement émergé dans son histoire. Lorsqu'il les rouvrit donc, ces yeux brillaient de l'émotion. Pendant quelques temps, il s'était pris pour le vieillard et avait vraiment eu de la peine.

« Au fait, pourquoi m'as-tu regardé bizarrement tout à l'heure lorsque j'ai sorti mon livre de mon sac ? »



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MessagePosté le: Ven 23 Déc - 22:07 (2011)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Bororo semblait avoir une vision différente de la lecture qu’elle, peut-être son attention ne se portait-elle pas sur les mêmes détails. Mais cela ne gênait pas la demoiselle. Il n’y avait rien de tel que la différence pour apprendre, débattre, et finalement évoluer. Elisabeth en était convaincue. Après tout, elle rêvait d’apprendre et de découvrir toujours plus chaque jour, il y avait en elle une insatiable curiosité sur le monde qui l’entourait.

Ah, voilà qu’elle replongeait dans ses pensées... Elle partait un peu trop loin dans son raisonnement à son goût. Lorsqu’elle s’enfonçait ainsi dans ses rêveries, elle ne faisait plus attention au monde qui l’entourait. Ce n’était pas gênant pour le moment, mais elle devrait être plus attentive par la suite. Certains dangers ne sont pas du genre à laisser une deuxième chance.

Elle se reconcentra sur son compagnon de voyage. Il avait parlé d’une histoire sur un royaume céleste, inaccessible. Son esprit semblait maintenant se perdre dans les nuages. Elle suivit son regard. Ils restèrent quelques instants silencieux, tout à leur contemplation. Les masses cotonneuses prenaient des formes diverses et variées, se déformant lentement au gré du vent.

Bororo lui conta alors cette l’histoire, celle d’un vieil homme seul et pauvre dans le monde physique, mais comblé comme aucun autre ne l’avait jamais été dans le monde des rêves. A la façon dont il parla, Elisabeth sentit qu’il y trouvait un écho particulier. La demoiselle avait déjà eu vent de cette histoire, mais jamais elle ne lui avait aussi bien été racontée... Le jeune homme avait une façon tellement particulière de dépeindre le récit, il y mettait tant d’émotions qu’elle se sentit suspendue à chacun de ses mots. Etrangement, même lorsque l’histoire prit fin, ses mots semblaient résonner encore et encore dans l’air, comme un chuchotement inaudible, une atmosphère enchanteresse.

« Tu... Tu ferais un bon conteur. »
Elisabeth avait parlé d’une voix douce et faible, de peur qu’un son trop fort ne vienne casser la magie du moment.

« Au fait, pourquoi m'as-tu regardé bizarrement tout à l'heure lorsque j'ai sorti mon livre de mon sac ? »

Surprise, la jeune fille lui sourit alors avec un rire léger.

« Ah ? Excuse moi, je ne m’en suis même pas rendue compte. Eh bien, je n’y avais pas vraiment fait attention jusque là, mais tu portes ton sac en bandoulière. Je me disais juste que ce n’était pas une très bonne idée. Tu n’as pas encore beaucoup d’équilibre à cheval, il est donc inutile de te compliquer la tâche en te lestant ainsi. »

Elle observa alors plus attentivement sa position. Il avait beaucoup relâché ses rênes, et ne maîtrisait plus grand-chose sa monture. A vrai dire, cela n’était pas vraiment gênant, car le petit cheval n’avait aucune raison de s’emballer, surtout avec son caractère facile. Il n’avait pas grand-chose à faire à part suivre ses congénères, et restait donc docilement à sa place. Comme l’on peut se douter de la part d’un débutant, Bororo était encore raide sur sa selle, l’équilibre précaire.

Elisabeth se rappela alors de ses débuts en tant que cavalière. Sa situation était bien différente de celle de Bororo, car sa santé avait été un véritable handicap. Mais sa persévérance avait payée, et elle avait gagné par la même occasion la meilleure amie qu’elle ait jamais eue. Sa main passa avec affection sur l’encolure noire d’Obsidienne.

« Je suis désolée de t’imposer un tel rythme alors qu’il y a environ une heure tu ne savais même pas comment tenir sur un cheval. Mais, si cela peut te réconforter, monter ainsi à longueur de journée va te faire progresser très rapidement. Au bout de trois jours, les douleurs devraient déjà être bien atténuées. »

Après un petit moment de silence, elle rajouta avec un léger sourire :
« Et qui sait, peut-être trouveras-tu en cette monture un bon compagnon, comme cela a été mon cas pour Obsidienne... »

Ses doigts passaient distraitement dans la crinière ébène de sa compagne, replaçant quelques crins rebelles du bon côté de l'encolure.
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Bororo Meslial
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MessagePosté le: Sam 31 Déc - 15:57 (2011)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Il se rendait maintenant compte du poids de son sac. Il est vrai que cela le déséquilibrait un peu. Son corps avait tout de suite compensé en se raidissant sur sa selle. Ce qu'il ressentait maintenant de plus en plus douloureusement. La montée à cheval était bien différente des sensations qu'il avait pu lire. Ce n'était pas une communion avec l'animal, il n'était pas une sorte de chimère, une sorte de centaure... Non, il était plutôt comme un élément étranger sur une créature qui n'avait rien à faire de lui. Comme si sa présence était celle d'une mouche, pas plus.

« Ne t'inquiètes pas pour moi. Cela va aller. »

*Dans trois jours ?!! Je vais encore devoir subir trois jours de douleurs avant que cela ne risque à devenir plaisant ? Mais, je ne ressentirais plus rie... Mais, le voyage jusqu'au temple de la terre ne dure pas aussi longtemps ?... ...*

Bororo essayait de se détendre sur son animal. En fait, il n'avait encore jamais fait attention à ce qu'il pouvait ressembler, sa couleur, ses proportions. C'était plutôt étrange maintenant qu'il y pensait. Il avait observé les gardiens de la belle Elisabeth, il avait observé Elisabeth elle-même, y cherchant des signes de maladies, des opportunités de montrer ce qu'il valait en tant que guérisseur, mais il n'avait prêté une seule seconde aux animaux, à son cheval.

C'était un cheval recouvert de poils blancs. Son corps était assez massif sans que cela ne passe pour un cheval lourd, un animal que l'on retrouverait dans les villages les plus reculés, là où les efforts dans le travail était le plus important. Il avait certaines caractéristiques d'un bon cheval, d'une créature qui aurait pu être taillée pour la vitesse ou l'allure mais qui avait reçu des gênes grossiers d'un de ces deux parents. En somme, c'était une bête qui lui allait parfaitement trouva-t-il. Il était doux, brut et... étincelant. Ainsi que malade. Des traits qu'il trouvait qui lui allait parfaitement sans trop savoir pourquoi...

« Hum, Elisabeth. Tu viens de me dire que je ne souffrirais plus dans trois jours ? »

Bororo la regarda avec ces yeux qui signifiaient qu'il n'y croyait pas vraiment mais il se gardait bien d'en faire la remarque par politesse. Il essaya une nouvelle de se décrisper sur la selle mais lorsque le cheval passa dans un trou sur le chemin, le futur guérisseur eut une poussée d'adrénaline et se retint aux rênes de son cheval comme si sa vie en dépendait. Il se surprit tellement lui-même, absorbé en partie dans la discussion qu'il avait avec la belle demoiselle, qu'il tira si fort que son cheval secoua la tête de mécontentement. Bororo essaya de conserver une posture assez digne mais ressemblait plutôt, à ce moment précis, à un clown au centre de l'attention de chaque personne assise tout autour de lui dans les gradins.

Il avait maintenant les yeux rivés sur sa selle. Il soufflait à grands traits, essayant de récupérer son calme et plus encore. Sa tête commença à pencher de trop et il manqua perdre son chapeau. Il lui donna presque un coup pour qu'il reste sur son crâne alors qu'il relevait la tête et s'exclamait ainsi à Elisabeth :

« C'est bon ! C'est bon. Tout est sous contrôle. Je vais parfaitement bien et Lustre aussi. »

Son sourire béat s'afficha une nouvelle fois sur son visage. Il était si embarrassé qu'il se gratta une nouvelle fois le derrière de la tête, les yeux fermés. Une sorte de rituel pour échapper aux situations embarrassantes. Une protection qu'il commençait à bien connaître depuis sa rencontre au marchant de chocolats.

« Tu disais donc qu'il faudrait trois jours pour que je m'habitue à... Lustre. »

*D'où est-ce que ce nom est sorti ? Il ne veut rien dire. Et...*

Ce qu'il se demandait surtout c'était pourquoi il avait donné un nom à une créature qu'il venait à peine de connaître. Une créature qu'il ne connaissait pas et dont il se séparerait bien plus tôt qu'il n'y pensait. Il ne pouvait pas s'y être attaché tout de même ?

« Le temple de la terre n'est pas aussi loin que cela, n'est-ce pas ? Alors pourquoi me parler de trois jours. Aurais-tu besoin de moi, en tant que guérisseur, pour une partie de ton voyage futur ? Est-ce que je peux me permettre de te demander où tu comptes aller après avoir... visité le temple ? »

Il n'avait pas osé sortir le mot « affronter » ou encore « vaincre ». Il ne voyait pas comment Elisabeth pouvait ressortir avec un de ces monstres dont les légendes et les livres parlaient. Il commençait même à craindre pour sa vie mais... il ne pouvait pas lui dire de renoncer à ses rêves. Il se trouvait dans une situation sans issue qui commençait à lui triturer son estomac.

*La vie réelle est bien cruelle...*



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MessagePosté le: Lun 23 Jan - 22:36 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Le visage de Bororo en disait bien plus long que ses paroles. Même s’il lui assurait que tout allait bien pour lui, le jeune homme affichait une expression de douleur refoulée. Elisabeth préféra ne pas insister.

Il reprit la parole après quelques instants de flottement, une pointe de scepticisme dans la voix :
« Hum, Elisabeth. Tu viens de me dire que je ne souffrirais plus dans trois jours ? »

Elle comprenait qu’il ait du mal à la croire. Les premiers jours étaient toujours les plus difficiles. Elle pouvait facilement imaginer ce qu’il ressentait, même si sa situation à elle était alors différente. Lui se voyait obligé de rester dans une position jusqu’alors inconnue, qui lui était encore très inconfortable, et, comble du désespoir, devrait supporter cette situation tout au long des jours qui allaient suivre. C’était là une pensée loin d’être attrayante.

Le chemin, bien entretenu jusque là, devenait plus accidenté. Les bordures n’étaient plus aussi rectilignes et des caillous de plus en plus grossiers jonchaient le sol. Le terrain devenait légèrement inégal, formant des trous par endroits.

La jeune fille s’apprêtait à répondre, mais un événement inattendu la coupa dans son élan. Dans un élan de frayeur, Bororo se cramponna aux rênes, surprenant son cheval par la même occasion. Heureusement pour lui, ce dernier avait un tempérament facile. Une autre monture n’aurait pas manqué de se manifester par une petite ruade... Elisabeth le regarda quelques instant sans comprendre, puis fit le lien avec l’état du sentier. Elle avait oublié à quel point un rien pouvait surprendre les cavaliers inexpérimentés.

« C'est bon ! C'est bon. Tout est sous contrôle. Je vais parfaitement bien et Lustre aussi. »

Lustre ? Avait-il déjà trouvé un nom au petit cheval ? A vrai dire, il n’était pas si petit que cela, mais comparé à la grande jument d’Elisabeth et aux étalons de guerre des gardes, il faisait pâle figure. Ainsi, malgré toutes les douleurs que l’équitation lui infligeait, le jeune homme commençait déjà à créer des liens avec sa monture. Voilà qui était prometteur... Elisabeth l’observa d’un air pensif.

« Tu disais donc qu'il faudrait trois jours pour que je m'habitue à... Lustre. »

« En effet. » Répondit-elle sans arriver à réprimer le sourire qui naissait sur ses lèvres.
« Ne t’en fait pas, le temps te convaincra certainement mieux que moi. »

*Lustre... Quel joli nom.*

« Le temple de la terre n'est pas aussi loin que cela, n'est-ce pas ? Alors pourquoi me parler de trois jours. Aurais-tu besoin de moi, en tant que guérisseur, pour une partie de ton voyage futur ? Est-ce que je peux me permettre de te demander où tu comptes aller après avoir... visité le temple ? »

La voix de son compagnon la ramena à la réalité. Elle se rendit compte qu’elle avait parlé sans vraiment réfléchir, comme si Bororo allait la suivre pendant... Pendant combien de temps au fait ? Elle n’en savait trop rien. Mais plus que le temps de quelques heures en tout cas. Pourquoi avait-elle pensé cela ? Elle ne le connaissait que depuis peu, et déjà s’imaginait passer toute une partie de son voyage avec lui...

« Je... Désolée j’avais pensé que... » Elisabeth se sentit rougir, ce qui la mis encore plus mal à l’aise.

« Hum, et bien, en effet, tu me serais utile. Tu n’as pas encore eu l’occasion de le remarquer pour le moment, mais je suis encore plus fragile que j’en ai l’air... » Dit-elle en baissant les yeux. Elle ne mentait pas, pourtant ses paroles lui donnaient l’impression d’une bonne excuse.

Après une petite hésitation, elle rajouta :
« Et aussi... J’aimerai bien que tu restes un peu plus longtemps avec moi parce que... Parce que je t’apprécie beaucoup, tu sais. »

Elle détourna à nouveau le regard et laissa ses yeux se fixer au loin.
« Désolée, c’est égoïste de ma part... »

« En ce qui concerne la suite du voyage... Pour être franche, je l’ignore moi-même. Je n’ai pas prévu d’itinéraire particulier, je préfère suivre mes envies au fur et à mesure qu’elles se présentent. »

Un fort vent se leva, agitant les crinières et donnant vie à la prairie.
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Bororo Meslial
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MessagePosté le: Mar 24 Jan - 20:24 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Un silence embarrassant souffla brusquement entre les deux nouveaux amis aussi vite que le vent s'était déchaîné dans la prairie. Les deux jeunes adultes, très jeunes adultes, tournèrent la tête chacun dans un côté différent pour masque les émotions qui s'affichaient sur leur visage. Le rouge montait aux joues et le vent apaisait de sa douce température des visages en feu.

Bororo entendit longtemps au fin fond de sa tête, comme un écho ou un vieillard qui répèterait toujours le même morceau de phrases :

Parce que je t’apprécie beaucoup, tu sais... Parce que je t’apprécie beaucoup, tu sais... Parce que je t’apprécie beaucoup, tu sais... Parce que je t’apprécie beaucoup, tu sais... Parce que je t’apprécie beaucoup, tu sais...

*Je... Qu'est-ce que je dois dire maintenant ? Qu'est-ce que je dois faire ? *


Bororo n'arrivait plus à penser correctement. Alors que d'autres auraient imaginés milles et une situations, envisagés toutes les possibilités de chaque dialogue, de chaque geste, lui n'arrivait à penser à rien du tout. Le vide était dans sa tête. Et le vent semblait résonner au-dedans dès à présent...

Un couple de minutes passèrent avant qu'il n'essaie de relancer la conversation. Le cœur battant encore à tout rompre, il dit la première chose qui lui passait par la tête. Peu importait ce que cela serait, il devait dire quelque chose. C'était plus fort que lui. S'il patientait plus longuement encore, il savait perdre une occasion. Celle d'établir une bonne relation pour, au moins, les quelques heures à venir si ce n'était finalement quelques jours. Ou bien plus...

« Tu sais, je ne te trouve pas égoïste du tout... Tu as raison de profiter de moi ainsi. Enfin, je veux dire que tu as là l'occasion de voir ton rêve se concrétiser grâce à mes facultés qui t'ont été prêtés par quelques chances ou forces supérieures que ce soit donc... Euh, je suis ta propriété. Je veux dire, je suis à ton service ! »

*D'où viennent ces phrases ?! Cela ne me ressemble absolument pas. On dirait quelqu'un d'autre ou bien un aspect de ma personnalité qui m'est totalement inconnu ! *

Une nouvelle fois, l'apprenti guérisseur se gratta le derrière de la tête tout en baissant les yeux. Cela devenait plus qu'une habitude mais une sorte de tic de personnes souffrantes. Peut-être le guérisseur était-il en fait la personne la plus malade entre Elisabeth et lui ? Peut-être le futur de leur aventure verrait des conséquences qu'aucun des deux n'aurait pu prévoir comme le fait que le guérisseur serait guéri par la personne qui devait être guéri par le guérisseur...

Bororo jeta un rapide coup d'œil derrière lui, là où se trouvait maintenant les trois gardes. Ils s'étaient naturellement regroupés dans le but de passer leur temps ensemble tout en permettant surtout de ne pas se retrouver entre une histoire de romance entre deux jeunes adultes. Ils devaient trouver cela inutile, voir peut-être même trop innocent pour de telles personnes comme eux qui avaient connus le sang, la mort et les os mis à nus. Le jeune guérisseur en profita donc pour donner un petit coup dans les flanc de son animal... de Lustre, pour rejoindre Elisabeth.

Après s'être raclé la gorge, il dit ainsi :

« Elisabeth, si nos routes doivent être les mêmes pour les jours à venir, peut-être pourrais-tu m'en dire un peu plus sur ta « fragilité » ? Je veux dire, en tant que guérisseur, je pourrais ainsi prévoir des signes précursseurs et agir avant que le mal ne te touche. Il existe une autre raison également. Si je connaissais tes faiblesses, je pourrais peut-être te trouver un remède ? »

*Est-ce qu'il est raisonnable de demander à une jeune femme ces faiblesses ?! Ais-je la connaissance nécessaire pour oser clamer que je suis assez intelligent pour trouver une cure que surement plusieurs médecins qualifiés n'ont pu diagnostiquer ?! *

Le regard projeté loin devant lui, Bororo laissa une seule fois ces yeux se poser sur la blanche peau de sa compagne. Suite à quoi il décida d'attendre quelle serait sa réponse pour savoir quel serait le comportement à adopter.



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MessagePosté le: Sam 18 Fév - 18:33 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Chaque instant rendait le silence plus pesant, s’emplissant d’émotions inexprimées. Elisabeth restait cependant muette, n’ayant rien de plus à ajouter. Son esprit, loin de chercher à combler le malaise grandissant, préférait se réfugier dans le paysage monotone, le regard lointain.

« Tu sais, je ne te trouve pas égoïste du tout... Tu as raison de profiter de moi ainsi. Enfin, je veux dire que tu as là l'occasion de voir ton rêve se concrétiser grâce à mes facultés qui t'ont été prêtés par quelques chances ou forces supérieures que ce soit donc... Euh, je suis ta propriété. Je veux dire, je suis à ton service ! »

La demoiselle faillit sursauter tant ces mots étaient inattendus et absurdes. Elle le regarda fixement, les yeux agrandis par la surprise.

En tant que noble, elle était habitué à être servie, à ce que d’autres s’inclinent sur son passage. Son sang lui donnait droit à un respect qu’elle n’avait jamais eu à mériter. Profiter... Posséder... Elle en avait le pouvoir, mais n’en avait jamais usé. Bororo la pensait-il ainsi ? Ne le traitait-elle pas comme son égal ? Ils ne se connaissaient peut-être pas beaucoup, mais Elisabeth en fut tout de même blessée.

Les mots lui manquaient, et elle ne put exprimer son trouble. Elle garda sa tristesse et sa déception pour elle, les enfouissant le plus profondément possible. Si c’était vraiment ce qu’il pensait d’elle, alors il se rendrait bientôt compte par lui-même de sa méprise.

« Elisabeth, si nos routes doivent être les mêmes pour les jours à venir, peut-être pourrais-tu m'en dire un peu plus sur ta « fragilité » ? Je veux dire, en tant que guérisseur, je pourrais ainsi prévoir des signes précurseurs et agir avant que le mal ne te touche. Il existe une autre raison également. Si je connaissais tes faiblesses, je pourrais peut-être te trouver un remède ? »

La jeune fille s’efforça de sourire. Pensait-il vraiment pouvoir la guérir ? Elisabeth s’était depuis longtemps fait une raison. Les meilleurs médecins s’étaient succédés à son chevet, sans résultat.

« Ton intention est touchante, mais tu ne peux pas me guérir. Personne ne le peut. »

Elle avait répondu abruptement sans le vouloir, et tenta d’adoucir ses propos :

« Je suis fragile depuis ma naissance. Je n’ai aucun espoir de guérison, car ce mal fait partie de moi, je suis faîte ainsi. C’est ce qu’ont fini par conclure tous ceux qui ont essayé de s’occuper de mon cas. Tout mon corps n’est que faiblesse... Le moindre effort me coûte davantage qu’à une personne normale, mes os cassent plus facilement, et je tombe souvent malade. »

Elle énonçait chaque mot calmement, avec une douloureuse résignation. Elle avait appris à ne pas espérer, car l’espoir n’engendrait que la douleur. Accepter sa situation était le seul moyen de la rendre supportable.

Un bruit d'eau commença à chuchoter à ses oreilles. La rivière n'était plus très loin.
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MessagePosté le: Mar 21 Fév - 11:06 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Bororo ressentit qu'il s'était passé quelque chose. Il ne savait pas ce que cela était exactement, mais il savait qu'il avait fait une erreur. L'atmosphère qu'il y avait entre les deux jeunes adultes s'étaient... ternies.

Même lorsqu'Elisabeth avait parlé de ces problèmes de santé, il ne s'était pas senti le courage de la regarder, d'essayer de la soutenir au moins moralement. Il n'avait pu et avait gardé le silence, les yeux baissés. Comme un animal blessé... honteux.

De ce fait, en parlant de créature, il y avait justement une famille d'une race qu'il ne connaissait qu'à peine. Il en avait comme un souvenir fugace, comme s'il les avait déjà vu et qu'il s'était passé quelque chose de mauvais. Une impression de « déjà-vu ».

Sa main droite lâcha les reines temporairement pour aller se gratter le derrière de la tête. Comme s'il voulait atténuer la douleur. Mais il n'y en avait aucune. Il n'avait reçu coup. Il ne pouvait en recevoir de toute manière du fait que trois gardes se tenaient derrière lui et assuraient plus ou moins sa protection en même temps qu'Elisabeth.

« Elisabeth, peut-être pourrions-nous nous arrêter quelques instants. J'aimerai beaucoup reposer mon derrière et observer quelques instants ces créatures que je voie pour la première fois. »

Ces créatures étaient des Agnosaures.


Elles mesuraient deux mètres de long, protégés d'une peau semblable à une armure et armé d'une masse en bout de sa queue. Mais, malgré cet attirail défensif qu'offensif, Bororo ne ressentait pas de peur. Il pensait l'avoir déjà ressenti mais pour une mauvaise raison. Encore cette impression de « déjà-vu ».

Il emmena son cheval, Lustre, vers ces dinosaures. Lorsqu'il se trouva à une vingtaine de mètres d'elles, il arrêta son cheval, en descendit aussi bien qu'il le put puis flatta les flancs de sa monture. Il lui murmura quelques mots, lui demandant de rester calme et de ne pas s'approcher plus. Bororo ne se rendait tout d'abord pas compte de la relation qu'il avait avec Lustre. Il lui parlait comme s'il connaissait son cheval depuis plusieurs semaines déjà. D'ailleurs, dans la tête du futur guérisseur, il lui semblait avoir chevauché depuis plus longtemps que l'heure ou deux réelle. Il n'avait même plus conscience du passage du temps.

Il s'avança jusqu'à ce qu'il soit au bord de la rivière. De l'autre côté de cette dernière se trouvait la mère accompagnée de ces deux enfants. Les deux petits, encore innocents de ce monde et des dangers qui les entouraient, n'étaient pas effrayés, ou au moins suspicieux de l'avance de cet homme. Il ne savait même pas ce qu'était l'homme encore. Comme Bororo, c'était la première fois qu'ils en rencontraient un. Exceptés que ces derniers n'étaient pas curieux et voulaient juste se désaltérer. La mère, par contre, avait survécut à plusieurs prédateurs et était sur ces gardes. Elle avait senti la venue de cet étranger alors qu'elle lapait l'eau fraîche. Depuis, elle attendait de voir les prochains mouvements de l'apprenti guérisseur pour savoir ce que seraient ces prochains mouvements à elle.

Bororo se contenta de poser un genou à terre et de prendre dans sa main qui formait une coupole, un peu de cette eau fraîche et désaltérante. Elle était excellente. Lorsqu'il eut finit de boire. Il se releva de sa position pour finalement s'asseoir à la manière d'un Buddha. Les jambes croisées l'une sur l'autre. Ces coudes prirent appuie sur ces cuisses. Ces mains formèrent une sorte de plan sur lequel son menton put se reposer.

Et il observa. Simplement.

Et la mère, rassurée des mouvements de l'homme nu de carapace et de masse mortelle, se remit à laper l'eau claire et limpide.

« Tu sais Elisabeth. Peu importe le temps que cela prendra, je trouverai une solution afin que tu puisse arpenter ces terres merveilleuses sans souffrir de ton corps. »

Il avait dit cela d'une façon si calme. Presque détaché.

« Tu peux me faire confiance. »

Bororo croyait en ces mots. Peut-être était-ce des mots innocents d'une personne qui n'avait pas encore le titre de guérisseur.

Mais il y croyait. Et c'était en cela que ces mots étaient si puissants.



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MessagePosté le: Mar 6 Mar - 20:50 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Alors que le murmure de l’eau vive se renforçait, une pente douce se dessinait devant les voyageurs. Ils pouvaient maintenant voir le lit de la rivière, qui était resté caché jusque là par la dénivellation. Le sol devenait de plus en plus limoneux, imprimant clairement les empreintes de sabots dans la vase. Des animaux sauvages qui buvaient l’eau claire relevèrent la tête à leur arrivée. Elisabeth reconnu en eux les Agnosaures de ses livres. Elle avait maintenant l’occasion de les observer en chair et en os, et c’était là une opportunité tout à fait attrayante.

« Elisabeth, peut-être pourrions-nous nous arrêter quelques instants. J'aimerai beaucoup reposer mon derrière et observer quelques instants ces créatures que je voie pour la première fois. »

Elisabeth décrocha son regard des Agnosaures pour se tourner vers son compagnon, avec un regard médusé. Ses paroles faisaient tant écho à ses propres réflexions... Elle avait presque l’impression qu’il lisait dans ses pensées.

« J’avais la même idée. Profitons-en aussi pour faire boire les chevaux. » Dit-elle en souriant.

Bororo descendait pour aller boire et observer les trois animaux qui les observaient toujours depuis l’autre rive. Elle sourit en voyant la façon dont il s’occupait de sa monture. Il l’avait laissée non loin du bord et lui avait parlé tout bas avec quelques gestes amicaux. Décidément, le jeune homme s’attachait bien au petit cheval. Elisabeth descendit à son tour puis mena Obsidienne sur la rive en prenant bien soin de fixer les rênes sur le pommeau de la selle. En baissant la tête, les chevaux risquaient de les faire passer par-dessus leur encolure, puis de se prendre les pattes dedans. C’était une erreur de débutant qu’il valait mieux éviter. La demoiselle se dirigea donc vers Lustre et répéta la même opération.

Tous les chevaux s’abreuvaient maintenant à grandes goulées, heureux de ce petit moment de répit. Les gardes s’étaient assis un peu plus loin sur quelques rochers.

De son côté, Elisabeth rejoignait Bororo qui s’était installé sur un bout de terre meuble et herbeuse. Elle s’assit à côté de lui en prenant appui sur ses genoux, puis se désaltéra à son tour. Les quelques mèches qui s’échappaient de son chignon vinrent lui chatouiller le visage, et l’eau fraîche lui rougit les lèvres. L’absence de vent dans le petit vallon permettait aux rayons de soleil de diffuser pleinement leur chaleur, et Elisabeth se débarrassa de son manteau pour mieux s’asseoir dessus. Elle entoura ses genoux de ses bras, puis observa le petit trio qui leur faisait face. La mère était entourée de ses deux petits qui buvaient et jouaient avec l’eau, formant une scène apaisante et joyeuse.

La voix de Bororo brisa le silence :

« Tu sais Elisabeth. Peu importe le temps que cela prendra, je trouverai une solution afin que tu puisses arpenter ces terres merveilleuses sans souffrir de ton corps. »

L’intéressée le fixa avec un regard étonné. Le jeune homme parlait d’une voix calme et assurée, et sa confiance semblait inébranlable. Savait-il seulement de quoi il parlait ? Il y avait bien longtemps qu’elle s’était résolu à accepter son mal, à vivre avec sans se poser de question. Pourquoi la torturait-il ainsi, à tenter d’abattre ses certitudes ?

« Tu peux me faire confiance. »

Elisabeth resta silencieuse, mais quelque chose se fendit en elle. Et des larmes ruisselèrent le long de ses joues, perles muettes d’émotions salées. Elle n’aurait su dire si elle était triste ou heureuse, si elle le remerciait ou non. Mais une graine d’espoir, si chétive qu’elle-même serait incapable de la déceler, avait été semée dans son cœur.

La jeune fille détourna le regard, les yeux encore voilés de larmes. Elle enfouit son visage dans ses bras croisés sur ses genoux, les yeux rivés sur les animaux qu’elle ne regardait plus. Son attention était ailleurs, absorbée dans les profondeurs de son esprit.

Après un moment, sa conscience engourdie remarqua du mouvement de l’autre côté de la rivière. Les Agnosaures repartaient. Combien de temps étaient-ils restés ainsi ? Dans son émoi, Elisabeth avait perdu la notion du temps. Il était grand temps de repartir.

Elle nettoya son visage sillonné d’eau salée en prenant celle de la rivière. Rafraîchie, elle se leva et remit son manteau, puis donna l’ordre de départ à ses gardes. Les chevaux broutaient l’herbe de la prairie. Si elle avait su qu’ils resteraient aussi longtemps, elle aurait au moins prit la peine de les soulager de leurs selles.

Elle remonta sur Obsidienne, suivie par ses gardes qui s’étaient déjà remis en formation. Soudain, elle se rappela que Bororo aurait peut-être besoin d’aide. Après tout, ce n’était que la deuxième fois qu’il montait sur un cheval...

« Tu devrais t’aider des rochers pour monter. » Lui conseilla-t-elle en lui montrant du doigt les blocs non loin de là. Se mettre un peu en hauteur était une technique courante pour avoir moins d’efforts à fournir en se hissant sur sa monture.

« Veux-tu que je le tienne pendant que tu montes ? »

Elisabeth parlait d’une voix douce mais légèrement altérée. Les émotions qui s’étaient entrechoquées en elle peu de temps auparavant continuaient de la hanter, leurs pâles fantômes se promenaient encore dans son esprit. Elle se demanda comment Bororo avait prit son silence. Sur le moment, elle avait été incapable de prononcer le moindre mot. Elle espérait seulement que le jeune homme ne s’en était pas offusqué.
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MessagePosté le: Dim 15 Avr - 10:49 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Des mots sortirent de sa bouche et Bororo ne se rendit pas tout de suite compte de la portée et de la puissance de ce qu'il venait de dire. Pour lui, au moment où cela se passait, il était comme un peu cloîtré dans son monde personnel. Il était sur une autre île. Il avait la tête dans les nuages, l'esprit zen et les yeux sur ces magnifiques créatures qu'étaient les Agnosaures. Dans un certain sens, il était comme Buddha. Il était calme et en paix comme ce dernier.

C'est grâce et à cause de ces sentiments à ce moment, qu'il put dire quelque chose qui fit germer une graine d'espoir dans le cœur d'Elisabeth et qui fit couler des larmes de ces yeux humides. Il ne se rendit pas compte de ces signes...

Le temps qu'il comprenne, qu'il entende un léger reniflement provoqué par une avalanche et une confrontation d'émotions dans l'âme d'Elisabeth, et le moment était parti pour qu'il puisse, naturellement, mettre son bras autour de son corps. Voir, le faire pencher et qu'elle se câle contre celui de l'apprenti guérisseur. S'il n'y avait pas eu cette hésitation à ce moment, beaucoup de choses auraient pu changer en une fraction de secondes...

-

Le temps passa donc. Aucun des deux ne bougea. Bororo avait trop de peur de rompre quoi que ce soit. Il avait ne serait-ce que de bouger un doigt alors que des « fourmis » parcouraient son corps. Il fallait qu'il bouge, il fallait que ces membres se dégourdissent, que la circulation sanguine reprenne le chemin qui était sien.

Mais il ne pouvait pas.

Bouger était synonyme de fêlure. Alors il prit son mal en patience. Et son mal devint maux. Il commença à sentir le regard des trois gardes du corps et leur sourire silencieux. Les doigts qui pointaient son dos. Cela faisait horriblement mal ! Il ressentait leurs moqueries stupides et leurs pensées salaces.

Mais il ne pouvait toujours pas bouger.

Pourtant, sa tête le lançait. Son âme l'élançait. La douleur venait par vagues, repartait pour finalement revenir et frapper plus fort encore. C'était horrible. C'était pis qu'horrible. C'était insupportable. Il commençait à avoir peur. Il commençait à avoir peur des peurs qu'il imaginait. Car il savait que les trois gardes n'avaient que faire de ces agissements à lui du moment que ces derniers n'étaient pas mortelles pour elle.

Il devenait paranoïaque !

Et heureusement pour lui, sa phobophobie ne se réveillerait pas aujourd'hui. Pas maintenant... Car Élisabeth se relevait et se lavait son visage de ces émotions passées.

-

Avant qu'il ne s'en rende compte, ils étaient tous déjà remontés sur leur monture. Bororo se sentit idiot de n'être que sur ces jambes et Lustre lui paraissait soudain un objet de désastre et de grande honte. Une petite boule se créa au fond de sa gorge et il eut du mal à la déglutir. Il s'approcha ensuite de son cheval, doucement, prit lentement les rênes qu'Elisabeth avait accroché sur la selle et commença à se demander comment il aller remonter dessus jusqu'à ce que cette dernière lui vienne en aide.

*Une étincelle dans mes ténèbres ! *

Il tourna la tête et vit un amoncellement de grosses pierres grises qui, pour certaines, faisait corps avec la rivière. Elles étaient sèches et presque dépourvu de mousses. Ce qui signifiait qu'il ne pourrait pas glisser. La structure des rochers était sensible à un escalier naturelle, mais mille fois plus beau que ceux des hommes car trop symétriques et trop propres. Il pourrait donc grimper sans difficulté. Ne restait plus que la difficulté à monter sur le cheval.

Soudain, une nouvelle vague de pression le submergea. Tout l'aidait, il ne pouvait donc avoir la possibilité de tomber. Et cette pression dans son ventre partit puis revint deux fois pire lorsqu'Elisabeth vint à son aide. La voir arriver l'emplissait de crainte et de bonheur. Elle lui tint les rênes de son cheval tout en la calmant même si Lustre n'était pas une monture réputée pour ces grands sauts d'émotions.

Une fois en selle, Bororo eut un contact de chairs lorsqu'il récupéra les rênes de ces mains à elle. Un frisson parcourut son corps et il eut la fugitive impression que ceci était partagée. Mais peut-être se trompait-il ? Peut-être enjolivait-il la réalité pour qu'elle corresponde à ce qu'il désirait ?

-

« Nous serons bientôt arrivé au Temple, non ? Cela fait déjà quelques heures que l'on est parti de Lüh et il me semble que le Temple ne devrait plus se trouver bien loin, c'est exact ? »

Et bientôt, Bororo put commencer à voir une montagne qui se détachait des autres. Et ce n'était pas une simple montagne. En réalité, elle était immense et pourtant accessible. Car, à la place d'une pente abrupte se trouvait une sorte d'escalier naturel qui menait à un bâtiment imposant.

*Et ceci n'est que la plus petite des merveilles... Tout doit se trouver en-dessous. Au-dedans de la pierre. *

« Elisabeth, est-ce bien une sorte d'escalier que je voie là-bas ? L'ascension à un des prestigieux Temples serait aussi simple que cela ? Ou alors n'est-ce qu'une illusion de facilité afin que les prisonniers semi divins jugent plus facilement et plus efficacement les pauvres mortels que nous sommes ? »

L'apprenti guérisseur imaginait déjà plusieurs scénarios concernant les mystères de l'architecture de ce Temple, des défis qui le constituaient et de quelques questions purement métaphysiques. Une de ces questions commençait à germer, à prendre plus en plus de suprématie sur toutes les autres :

*Est-ce mon moment ? Dois-je y tenter ma chance ? *

L'interrogation qu'il avait concernant les demi dieux disparut lentement et subrepticement de son esprit et d'autres questions plus alarmantes vinrent :

*Elisabeth veut-elle vraiment risquer sa vie pour une créature dont les pouvoirs sont mille fois supérieurs aux nôtres ? Je me souviens avoir lu des choses horribles aux sujets de leur histoire. De leur puissance quasi élémentaire, rivalisant avec les pires forces de la Nature même. … *

Et les questions, et les souvenirs s'agglutinèrent pour former une masse énorme de stress dans son corps chétif. Son visage se décomposait alors que ces yeux étaient littéralement accrochés au visage d'Elisabeth. Comme les crocs d'un vampire le sont sur le cou gracile de sa tendre proie. Une fois qu'ils étaient plantés, il devenait extrêmement difficile de séparer la proie du tueur.



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MessagePosté le: Mer 30 Mai - 21:12 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Voilà plus de trois heures qu’ils voyageaient. La forêt les entourait à présent, sombre et oppressante. C’était la première fois qu’Elisabeth en voyait une de ses propres yeux. Le silence était souvent troublé par le bruit des insectes et le chant des oiseaux ; elle avait même aperçu un écureuil monter en hâte dans les ramures d’un arbre protecteur. Mais le moment n’était pas au relâchement. De temps à autre, un cri bestial montait des profondeurs obscures du bois, résonnant plus ou moins dans le lointain. Le vent mugissait au-dessus de leurs têtes sans pour autant les atteindre, créant une atmosphère peu rassurante. Le son des sabots était légèrement amorti par la terre meuble et humide du sentier. Celui-ci devenait de plus en plus sauvage, à mesure que la végétation s’épaississait.

« Nous serons bientôt arrivé au Temple, non ? Cela fait déjà quelques heures que l'on est parti de Lüh et il me semble que le Temple ne devrait plus se trouver bien loin, c'est exact ? »

La demoiselle s’apprêtait à répondre, mais fut coupée dans son élan. En effet, les frondaisons s’étaient soudainement écartées sur la pointe d’un immense bâtiment de pierre, loin devant eux. Le temple.

« Là-bas ! » Lança-t-elle d’un cri de triomphe.

Sans attendre, elle talonna légèrement sa monture, passant à un trot soutenu. Elle avait hâte de sortir de cet endroit. Rapidement, ils parvinrent aux limites de la forêt. Une falaise se détachait non loin de là, infranchissable. Le temple était au sommet. La jeune fille fronça les sourcils, cherchant un passage. Son compagnon fut plus rapide.

« Elisabeth, est-ce bien une sorte d'escalier que je voie là-bas ? L'ascension à un des prestigieux Temples serait aussi simple que cela ? Ou alors n'est-ce qu'une illusion de facilité afin que les prisonniers semi divins jugent plus facilement et plus efficacement les pauvres mortels que nous sommes ? »

Un élan d’espoir s’empara du cœur d’Elisabeth, qui se tourna vivement vers le point indiqué par Bororo. Celui-ci retomba bien vite. Oui, il y avait un passage. Mais « simple » n’était vraiment pas le mot qu’elle aurait employé pour le qualifier. En effet, un mince chemin montait plus ou moins abruptement le long du mur de roche. Mais il comportait quelques passages auxquels Elisabeth ne préférait pas penser.

« Simple ?! Ce passage est tout sauf simple ! Je ne suis même pas sûre qu'il soit assez résistant pour nous tous... C’est comme s’il allait s’écrouler sous nos pieds ! »

Mais où que son regard se porte, elle ne trouvait aucune autre solution digne de ce nom. Elle sentit la panique la gagner, mais s'efforça de la contenir. Le visage encore plus pâle qu’à l’accoutumée, Elisabeth sentit son ventre se nouer.

* Non, non, il faut que je me calme. Je vais y arriver. *

Elle tenta de se le répéter autant de fois que nécessaire. S'il n'y avait aucun autre chemin, elle refusait de reculer. D'autres avaient dû prendre ce chemin avant elle, et d'autres le feraient après.

« Je... Pardon, je me suis emportée. De toute façon, il semblerait que nous n’ayons pas le choix. »

Raffermissant sa résolution, elle fit avancer Obsidienne jusqu’au seuil du petit chemin puis mit pied à terre. Allons, ce n’était rien. L'Aventure elle voulait, l'Aventure elle aurait. Elle tenta de se rassurer, vraiment. Mais plus elle le faisait, plus la peur lui nouait le ventre. Ses mains moites tenaient les rênes de sa jument. Et si cela mettait en danger Obsidienne ? Elle ne se le pardonnerait pas. Un tremblement la secoua de la tête aux pieds. Elle lança un regard désespéré à Bororo.


J'ai mis à profit ma pause déjeuner pour écrire =P
Bon, je me suis retenue d'ajouter trop de détails, mais c'est pas aussi court que je l'aurais voulu... >.<
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MessagePosté le: Jeu 31 Mai - 16:14 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Bororo se trouvait sur son cheval. Après avoir observé les agissements d'Elisabeth puis son regard désespéré, son doigt s'était placé en dessous de sa lèvre inférieure tandis que son bras se calait en dessous du premier.

*Réfléchis. Reste calme. Analyse la situation comme si cela était un patient. Oublie les sentiments d'Elisabeth. Concentre toi juste sur le problème. *

Son menton s'était un peu rabaissé naturellement. Son regard s'était projeté sur la montagne tandis que son chapeau occultait un peu sa vue.

*Voilà la situation. Une montagne nue de pierres. Le Temple de la Terre à son sommet. Un sentier escarpé qui monte vite et dangereusement.

Les symptômes sont définis. Voyons les remèdes.

Première possibilité. Nous restons en groupe. Avantage, si l'un a un problème, son voisin peut lui venir en aide. Inconvénient, si le sol est fragile, il se dérobe sous nos pieds et tous se blessent ou pire.

Deuxième possibilité. Nous mettons une distance maximale respectable entre chaque membre. Dans ce cas, l'avantage de la première possibilité devient l'inconvénient et vice versa. *


Son corps pivota vers les trois gardes qui se trouvaient maintenant sur sa gauche à observer la situation et attendre la décision des deux jeunes dans le but de donner leur avis et l'expérience qu'il possédait maintenant après plusieurs missions. Dans ce même mouvement, il se gratta la joue.

Bororo remarqua les cordes accrochées sur les les flancs des animaux.

« Voici ce que je propose. »

Il se retourna pour regarder dans les yeux d'Elisabeth. D'une part, cela était une habitude que de regarder le patient pour évoquer avec lui toutes les possibilités. D'une autre part, et cela découlait de la première, ce contact visuel avait pour but de rassurer car le regard de l'orateur ne sourcillait pas et était sur de ses dires.

« Nous allons tous descendre de notre cheval une fois arrivé au pied de la montagne. A ce moment précis, nous nous lierons tous par la taille à l'aide de ces cordes et nous espacerons le plus possible lors de la montée. »

Il se retourna à nouveau vers les gardes, y cherchant une question ou une réclamation. Puis revint vers Elisabeth.

« Des questions ? »

J'adopte une nouvelle façon d'écrire. Je n'écris plus sur le temps dont tu as rempli de tes mots et reprend directement, dans le temps j'entend, là où tu t'es arrêté.

De plus, je vais tenter de faire le point sur la situation par écrit, sur une feuille physique que tu ne peux pas voir, et y marquerais un but à atteindre, une péripétie obligatoire à franchir. Tout cela dans le but de ne pas écrire à l'aveugle et de synthétiser au maximum.

Qu'en penses-tu ? Ta méthode d'écriture va-t-elle changer pour pouvoir écrire plus de posts qu'auparavant ? Je ne connais pas le rythme de réponses d'Ariez et de Vaea, mais peut-être pour nous stimuler pourrions-nous nous imposer le défi de poster aussi souvent qu'eux, sinon plus ?



Le lien suivant permet de suivre les péripéties de Meslial Bororo depuis ses tous débuts ! : http://arcane.xooit.fr/t2005-Bororo-Meslial.htm#p22682

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Elisabeth

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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 16:53 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Loin de partager les inquiétudes d’Elisabeth, Bororo semblait au contraire irradier de calme et de concentration. Tendue, la jeune fille se rendit compte qu’elle s’en remettait totalement à lui, et s’en voulu. Elle n’avait pas à lui faire porter ce fardeau. Mais ces remords disparurent lorsqu’il plongea son regard dans le sien, lui communiquant son apaisement. Alors qu’il parlait, la voix confiante et chargée de conviction, elle sentit ses doutes s’envoler au grès de ses explications. Bien que courtes, elles n’en étaient pas moins efficaces. Ses talents d’orateur devenaient de plus en plus évidents.

Un petit sourire étira les lèvres d’Elisabeth, qui lui répondit, les yeux emplis de gratitude :
« Ton idée est bonne. Cependant, les sangles à elles seules ne nous donneront pas beaucoup de marge de manœuvre. Et les selles ne se porteront pas toutes seules. Utilisons plutôt une vraie corde. Qu’en pensez-vous messieurs ? »
Demanda-t-elle à l’intention de ses gardes. Ces derniers firent des signes d’approbation. Celle-ci était presque tangible, et ils semblaient porter un regard neuf sur le jeune homme.

« Bien, dans ce cas, la question est réglée. »

« Vous, prenez la corde. Elle devrait se trouver dans ce sac. »
Le garde s’exécuta aussitôt, puis lui tendit l’objet avec déférence.

Elisabeth se demanda alors quelle serait la meilleure répartition du groupe. Prendre la tête de la procession était risqué. Elle n’avait pas le pied très sûr. Mettre un garde à cette place, ainsi qu’un autre à la fin, serait plus prudent. Et le troisième ? La logique voulait qu’il se place au milieu, entre Bororo et elle-même. Il valait mieux que chacun soit entouré par des hommes aguerris.

« Vous. » Dit-elle en désignant un garde. « Vous prendrez la tête du groupe. »
« Vous, vous irez au milieu. »
« Et enfin vous, vous fermerez la marche. »


Elle tendit l’extrémité de la corde au premier, qui se l’attacha autour de la taille. Elisabeth se plaça alors à quelques distances derrière lui, environ trois mètres. La corde ne mesurait qu’une quinzaine de mètres, et ne permettait donc pas beaucoup plus d’écart. Elisabeth jugea cependant cette distance suffisante. Du moins elle l’espéra.

Elle attacha la corde à son tour, tentant tant bien que mal d’imiter le nœud de son prédécesseur. Heureusement, un garde intervint à son secours.

« Mademoiselle, si vous me permettez ? »

Elle acquiesça, et l’homme se pencha pour refaire le nœud d’un geste expérimenté. Après quoi il s’attacha lui-même.


Je ne pense pas réellement changer ma façon d'écrire, disons plutôt que je vais essayer d'être plus concise, et de même j'éviterais un maximum de redécrire ce qui a déjà été dit.

Après le fait d'écrire des RP plus courts me prend forcément moins de temps, je peux donc poster plus régulièrement. A vrai dire, c'est surtout le fait que je sois en stage (vive la pause déjeuner) puis après en vacances qui me permet d'en avoir le temps.
Sauf exception, je devrais pouvoir écrire un RP par jour. ^^

Sinon, pour ce qui est de Vaéa et Ariez, ça dépend des fois. Il leur arrive souvent de poster plusieurs fois par jour, mais ils ont aussi leur moments de vide. C'est à voir.


PS : Au fait, la sangle d'une selle est faite de cuir, non de corde. C'est un détail que j'avais oublié de te préciser. A vrai dire il serait difficile d'attacher des personnes avec cela, et encore plus d'avoir un écart suffisant entre chaque personne (il ne faut pas oublier que chacune est accompagnée d'un cheval). Je propose que l'on ignore ce détail pour cette fois, mais qu'on le prenne en compte par la suite. wink
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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 19:20 (2012)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure Répondre en citant

Le calme médicale et la logique à froid de l'apprenti guérisseur avait eu plus d'effet qu'il ne l'avait escompté. Il avait élaboré un plan d'ascension pour accéder au Temple de la Terre, semé son idée dans la tête de chacun des membres de ce groupuscule. Et il avait récolté beaucoup plus. Le respect de ces trois gardes et l'assurance d'Elisabeth.

*Pourtant ce plan dont tu as pris les commandes étaient le mien Elisabeth. *

Un sourire illumina son visage. Il était amusé de la façon dont évènements se déroulaient.

*Je ne pensais pas à utiliser les sangles de cuir mais véritablement les cordes. N'aie crainte, je ne t'en ferais pas la remarque. Tu t'en offusquerais, me regarderais du mauvais œil. Je perdrais surement ta confiance en paraissant arrogant. Alors n'aie crainte, je ne te dirais rien. *

Elisabeth ayant réfléchi à l'élaboration pratique du plan théorique du guérisseur, elle tourna évidemment son visage vers le sien. Elle ne pouvait pas manquer le sourire béat de son compagnon. Il répondit donc ceci :

"Je suis fier de toi, de te voir prendre les commandes de cette façon. Tu m’impressionnes !"

Le groupuscule traversa donc la plaine qui reliait la lisière du bois dont ils étaient tous sortis et le début de l'ascension du Temple de la Terre. Cette dernière étant le premier défi que devait surmonter toute personne qui souhaitait accéder au savoir et à la présence d'un demi dieu ancien et affaibli.

Le premier quart de de leur progression se déroula sans réel problème. Une fois, le garde qui se trouvait en tête de la chaîne dérapa sur des graviers. Il glissa et sa face frappa violemment le sol. La distance de trois mètres environ qui séparait chaque membre du groupe permit au second, à Bororo donc, de ne pas tomber à son tour. Ainsi que les trois autres.

Le garde de tête se releva. Il tâta son visage et évalua les dommages.

"Ce n'est rien. Quelques égratignures sur la joue et mon nez qui saigne. Rien d'important. Reprenons la marche."

C'est en plein milieu du second quart que le problème se posa. Pour continuer leur route, ils devaient redescendre momentanément afin de continuer la progression. Pour cela, il fallait passer sur un pont pour le moins inhabituel et hautement mortel.



Il était formé de larges rochers à peu près plat. Un cheval pouvait y passer. Le problème se trouvait dans le fait qu'absolument rien ne se trouvait en-dessous de ce pont naturel qui reliait deux flancs de la montagne. Il n'y avait aucun rebord, rien sur lequel on pouvait se rattraper si quelqu'un dérapait.

Une goutte de sueur coula du front de Bororo. Il déglutit péniblement.

"Avez-vous déjà affronter pareil péril ?"

Il s'adressa aux trois gardes et à leur expérience.

Un post par jour ?! Si tu parviens à tenir le rythme, et que je réussis à te suivre, nous allons avancer à pas de GEANT ! wink J'ai hâte de voir ce que l'on va réussir à faire !


CLÔTURE DU SUJET POUR CAUSE D’INACTIVITÉ
Pour le rouvrir envoyer un Mp à l'un des membres du staff.



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:06 (2016)    Sujet du message: Deux rêveurs sur les routes de la Vie et de l'Aventure

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