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Voyage... et interruptions volantes
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Jizanaël

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MessagePosté le: Mar 30 Aoû - 16:14 (2011)    Sujet du message: Voyage... et interruptions volantes Répondre en citant

« Jizanaël, COURS ! »
    Lorsqu’on vous crie un tel ordre, que faites-vous ? Pour ma part, j’obtempère sans poser de question, surtout lorsqu’il est question d’une créature monstrueuse cent fois plus forte que moi. L’instinct est alors plus fort que toute réflexion, et les jambes ne se font pas prier pour emmener leur propriétaire loin du danger. Cependant, si fuir était la seule solution envisageable, elle n’était pas infaillible. Le Golem était assez grand pour voir par delà les dunes, maintenant qu’il s’était levé, il était donc inutile de vouloir se soustraire à son champ de vision. De plus, rien ne nous disait qu’il n’était pas capable, lui aussi, de se mettre à courir – même si c’était tout de même peu probable. Quoi qu’il en était, nous ne pouvions pas nous permettre de miser tous nos espoirs sur une course effrénée à travers le désert, où, dans mon cas tout au moins, je finirais par me fatiguer contrairement au colosse de pierre.
« Lance-moi le trésor, on ne fait pas le poids face au monstre, il faut le prendre de vitesse ! »
    Oui, c’était sans doute une bonne alternative : En’trie était plus rapide et plus endurante que moi, et même si elle n’était pas invincible, il y avait plus de chances qu’elle parvienne à prendre le monstre de vitesse que moi. Car, pour la rapidité, nous avions sans conteste l’avantage. On pouvait entendre les pas lourds du Golem derrière nous. Lourds et lents. Toutefois, la vitesse ne nous serait d’aucun secours lorsque nos forces nous auraient abandonné, même avec l’énergie du désespoir. Notre répit n’était qu’éphémère. Soudain, je me souvins de l’existence du guide. Je me retournai, et le vis essayer de nous suivre, haletant sous l’écrasante chaleur et… et sous la peur, si je comprenais bien l’expression de son visage. C’est à ce moment qu’une idée me vint. Après tout, il ne nous servait à rien, et c’était certainement la seule façon de nous sauver. En tout cas, c’était la seule façon qui me venait à l’esprit, nous n’avions donc pas le choix. Je fis demi-tour pour me diriger vers lui.
« En’trie, continue de courir vers l’oasis, je m’occupe de nos arrières ! »
    J’arrivai finalement aux cotés du guide. Son visage était défiguré par la surprise et la terreur, et il tentait en vain d’accélérer sur le sol mou et ensablé. En me voyant arriver vers lui, une lueur éclaira son regard. J’ignorai l’espoir qui commençait à animer l’homme. Bien qu’il me suppliait silencieusement, je savais que je ne pourrai rien faire pour lui maintenant qu’il avait fait preuve de tant de faiblesse. Il ne tiendrait pas assez longtemps pour échapper au Golem, et je pensais avoir deviné l’information qui serait la clé de notre salut, à En’trie et à moi. En effet : le guide donnerait son corps et son âme pour Mémé Tesa. Je ne savais pas ce que cette dernière faisait à ses hommes pour qu’ils lui vouent un tel culte, mais l’appeler « la Grande, Illustre et Exceptionnelle » ne devait pas n’être qu’un malheureux lapsus.
« Écoute, cher guide. Tu sais à quel point Mémé Tesa veut ce trésor. Or, elle ne peut l’avoir si tu ne ralentis pas le Golem, car dans le cas contraire, il rattraperait mon amie et s’en emparerait, ce qui ferait un grand tort à notre chère Tesa. Tu comprends ? »
    Mais, qu’il comprenne ce qu’il devait faire ou non, il en était désormais obligé. Vidé de ses forces, il était tombé à terre, incapable de faire un pas de plus. Était-ce la frayeur qui l’avait ainsi éreinté ? Ou était-il si fragile ? Une once de pitié parvint jusqu’à mon esprit. Je l’entendis murmurer « Pardonnez-moi, Mémé Tesa », et je m’enfuis avant que le golem n’arrive à notre hauteur pour rejoindre En’trie. Quelques instants plus tard, les pas du golem prirent fin. Il avait trouvé le corps du guide, et je n’avais aucune envie de savoir ce qu’il allait en faire. Je concentrai mes pensées sur notre objectif présent : rendre le coffret à Mémé Tesa, sauver la jeune fille et reprendre notre route… si la vieille femme nous l’autorisait.
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MessagePosté le: Mar 30 Aoû - 16:14 (2011)    Sujet du message: Publicité

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En'trie

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MessagePosté le: Mer 31 Aoû - 22:55 (2011)    Sujet du message: Voyage... et interruptions volantes Répondre en citant

    Heureusement, sa maîtresse ne tergiversa pas une seconde et se mit à courir en dévalant la dune. En'trie attrapa le coffret que Jizanaël lui lança, voulu se remettre à foncer, mais hésita. Et si cela ne suffisait pas au Golem ? Et si... Ne devrait-elle pas plutôt rester jusqu'aux derniers moments aux côtés de son Invoqueuse ? Paralysée par l'indécision, tiraillée entre deux devoirs contradictoires, En'trie tourna un regard désespéré à la chasseuse. Et le Golem qui tournait de nouveau la tête dans ce bruit insupportable, qui...


    « En’trie, continue de courir vers l’oasis, je m’occupe de nos arrières ! »


    Obéir à un ordre, ça, elle savait faire. Essayant d'effacer les doutes de son esprit, la demi-déesse se retourna et s'élança aussi vite qu'elle le pouvait. Elle bondissait, roulait sur le sable brûlant, se relevait avec célérité, et continuait, recouverte de grains ambrés humides, mais concentrée sur son objectif : atteindre l'oasis de Mémé Tesa. Chaque pas s'enfonçant dans le sable était une victoire, chaque chute un moyen de ne pas penser à Jizanaël laissée à l'arrière. Elle aurait pu entendre la discussion entre cette dernière et leur guide, mais trop obnubilée par l'épreuve de volonté qu'elle essayait de surmonter, elle n'y fit pas attention.

    Par contre, l'arrêt du monstre, elle le remarqua. Une curiosité brûlante failli la forcer à tourner la tête, à vérifier que ce n'était pas pour dévorer sa maîtresse, pour la narguer en lui montrant son inefficacité de servante, pour la... Non ; elle se retint, et continua sa course obéissante. Après tout, ce n'était qu'une humaine, et En'trie obéissait à ses ordres. Combien de fois d'anciens maîtres ne seraient pas morts bêtement s'ils n'avaient pas proféré de stupides injonctions ? Était-ce sa faute ? Elle était une servante, pas un protecteur. Et elle avait déjà eu la preuve de la valeur de la chasseuse ; celle-ci savait ce qu'elle faisait. Il fallait lui faire confiance. Idée étrange, incongrue... mais peut-être réalisable, finalement.

    Le Golem, au loin, avait repris sa course, à en juger par le vacarme démentiel qui reprenait. Et En'trie courrait toujours, entière. Ce qui signifiait que Jizanaël était en vie, probablement sur ses talons. L'invocation ne chercha pas à savoir comment sa maîtresse avait-elle fait pour obtenir ce répit court, mais vital, et continua à courir.

    Elle arriva en vue de l'oasis.

    En'trie y déboula comme si les Dieux eux-même étaient à ses trousses, et ne pu freiner qu'une fois arrivée dans l'eau sale qui explosa dans une gerbe brunâtre. Ses jambes, au contact du liquide, hurlèrent de bonheur, criant la joie de pouvoir plonger même dans cette eau qui n'était pas potable, de... Non, elle ne pouvait pas. Elle leva la tête. En face, d'elle, Mémé Tesa, toujours aussi vieille, petite, et ridée. Mais l'étonnement avait remplacé la lueur retorse de ses yeux... pour un temps. La fourberie reprit son territoire rapidement, profitant de l'essoufflement d'En'trie.


    « La Déesse a ramené le précieux, le beau trésor ? Ou bien essaie-t-elle de faire un mauvais coup à la bonne et douce Mémé Tesa ? Ce ne serait pas beau, oh non non, car la jol... »


    L'Invocation lança le coffret ouvragé à la vieille femme sans même l'ouvrir, interrompant son babillage vicieux. À vrai dire, le trésor ne l'intéressait absolument pas, et Jizanaël avait uniquement pour plan de récupérer la jeune fille, à ce qu'elle avait compris. Briser l'élan verbale de son interlocutrice lui avait parut une bonne solution pour gagner un peu de temps. Une exclamation de surprise lui fit tourner la tête ; autour de Mémé Tesa, une véritable cour s'était formée. Deux femmes, quelques enfants, un vieillard d'autres hommes... Ils avaient des présents entre leurs mains et regardait la vielle femme avec adulation. Mais En'trie n'avait pas le temps d'élucider le mystère ; le cri se rapportait au vacarme que l'avancée du Golem provoquait. Il fallait faire vite ; Jizanaël n'allait pas tarder.

    Avide, Mémé Tesa s'était jetée sur le coffret et essayait de ses doigts parcheminés de l'ouvrir. Un de ses hommes de main accouru avec déférence à son grognement pour l'aider à desceller le « trésor ». Quittant à regret l'eau saumâtre, En'trie en profita pour bondir vers la jeune fille, attachée à l'un des seuls arbres, sur le côté. Cette dernière leva un visage morne à son approche. Elle avait les yeux rouges et gonflées, et les lèvres craquelées ; son regard était éteint. L'Invocation d'eau senti en elle la soif déchirante. Elle allait...


    « Toi ! N'approche pas de la prisonnière de l'Illu... »


    Le sol trembla presque. Des hurlements. Un vacarme sourd ; comme si un monde était entré en collision avec un autre. Le Golem. En'trie se retourna, essayant d'évaluer la situation, et cherchant Jizanaël du regard.
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Jizanaël

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MessagePosté le: Mer 7 Sep - 15:53 (2011)    Sujet du message: Voyage... et interruptions volantes Répondre en citant

« … pas beau, oh non non, car la jol... »
    J’étais arrivée à l’oasis quelques instants après En’trie. Je la vis, de loin, donner le coffret à Mémé Tesa, dont l’œil paraissait plus brillant que jamais. Autour d’elle, comme une bougie qui la nuit attire les insectes, ou comme une marionnettiste aux fils invisibles, étaient attirés de nombreuses personnes. Leur regard exprimait une admiration suprême envers la vieille femme, et ils semblaient avoir attendu ce moment depuis leur naissance. Toutefois, leur excitation paraissait bien fade comparée à celle de Mémé Tesa : ses mains tremblantes s’étaient emparée du trésor, mais ses faibles doigts ne parvenaient pas à l’ouvrir. Alors que j’aperçu En’trie qui s’approchait de la prisonnière, je m’approchais avec curiosité de Mémé Tesa, et du trésor. Mais un bruit assourdissant me fit reprendre mes esprits : le Golem approchait. Le groupe rassemblé autour de la doyenne commençait à émettre les premiers signes d’une peur longtemps contenue. Depuis combien de temps le mythe du Golem maléfique gardant le trésor de l’Illustre Mémé Tesa hantaient les esprits des habitants de l’oasis ?
« Toi ! N'approche pas de la prisonnière de l'Illu... »
    Cette phrase, perçue au-delà des plaintes angoissées et des cris d’excitation, acheva de me ramener à la réalité. Je mis à peine une fraction de seconde pour comprendre que le Golem avait atteint l’oasis, furieux et sans doute alléché par son récent repas. Destruction, Nourriture et Récupération : voilà certainement les seuls concepts qui se faufilaient dans l’esprit de la créature pour emplir toutes ses pensées. Il se déplaçait toujours avec une certaine lenteur, mais semblait cette fois-ci parfaitement éveillé. Maintenant qu’il s’était levé, il n’allait pas replonger de ci-tôt dans sa posture immobile et silencieuse, n’ayant pour seule occupation l’observation des grains de sables et la surveillance de son trésor… Son précieux trésor qu’il avait perdu. La cour de Mémé Tesa ne mit pas longtemps pour se disperser. Le Golem avançait en ignorant les cris et l’agitation. De ses pas lourds il tordait les palmiers, éclaboussait les alentours et faisait vibrer le sol.
« En’trie ! »
    Ce fut mon premier réflexe. Où était la Fille d’Aqua, mon invocation ? Je ne devais pas la perdre de vue, elle avait déjà failli se blesser gravement en provoquant le colosse de pierre. Je la localisai près de la prisonnière, et m’empressai de la rejoindre. Je coupai les cordes qui entravaient la fille avec la dague que je gardais toujours avec moi – unique réminiscence d’une famille depuis longtemps quittée. La jeune fille, désormais libre, se rua vers l’eau. Je doutais qu’elle soit potable, mais cela n’arrêta pas l’ancienne prisonnière de Mémé Tesa, qui buvait désormais avec avidité.

    Il n’était plus temps de s’en occuper : elle nous suivrait si elle le désirait, nous avions fait ce que nous devions faire. Le Golem, de plus en plus affamé, s’amusait désormais à chasser les pauvres humains, qui couraient dans tous les sens sans savoir s’il valait mieux se cacher dans l’oasis ou fuir dans le désert. Quant à nous, que devions nous faire ? Je réfléchis quelques secondes et fit part de ma conclusion à En’trie :
« Bien, nous n’avons plus rien à faire ici. Le mieux serait de reprendre notre route et de s’éloigner le plus possible du Golem. Le soir va certainement bientôt tomber, et nous pourrons trouver un endroit ou nous reposer dans le désert. »
    Je n’en étais pas si sûre, car la sécurité n’était jamais garantie entre les dunes. Toutefois, nous ne pouvions rester à l’oasis, où le Golem prendrait certainement ses quartiers pendant les heures à venir. Nos provisions se faisaient maigres, mais l’orée du désert n’était plus si loin. Je m’élançai donc vers la sortie de l’oasis, à l’opposé des bruits monstrueux que provoquait le Golem. Il y avait cependant une chose à laquelle je n’avais pas pensé. Alors que nos pas nous menaient à quelques dizaines de mètres de l’oasis, nous furent surpris par un groupe de trois personnes.
« Traîtresses, maudites traîtresses indignes ! Vous avez ramené ce fléau en ma demeure ! Oh, que vous êtes laides, mes chéries, si laides et si affreuses… »
    Mémé Tesa nous avait suivies, accompagnée de deux sous-fifres – faisant sans doute partie des seules personnes à ne pas avoir fui la menace du Golem. Dans ses mains décharnées se trouvait le coffret ouvert. A l’intérieur, je vis entre autres un peigne, un morceau de tissu, un couteau, quelques pierres, ou encore un reste de pomme pourrie. Le visage de Mémé Tesa n’émanait plus aucune malice. Seul un atroce désespoir et une colère flamboyante se lisaient sur ses traits.
« Où est le véritable trésor ? Où est le guide que je vous ai attribué ? Où est donc mon si beau trésor ? Et où est le respect que vous devez à Mémé Tesa, moi la Grande et l’Illustre, l’Exceptionnelle maîtresse de ces lieux ? »
    Je ne savais plus quoi faire. Répondre à Mémé Tesa avec la certitude de ne pas être cru, affronter les deux subalternes, partir de suite en courant ? Ou peut-être que…
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