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Du sable, du soleil, et du sang.
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'ile d'Arcane - Forum RPG Fantasy Index du Forum -> -> Le Désert Ambré
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Ushiran
<!--04-->Invocation

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MessagePosté le: Lun 11 Juil - 16:17 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

[HRP] : Suite de ma libération, ICI.[/HRP]



Une étendue de sable à perte de vue… Le sable que je pouvais deviner brûlant au vu des mirages qui se reflétaient sur sa surface, le soleil qui brillait ardemment dans le ciel, sa caresse réchauffant mes écailles, le contraste que formait la ligne d’horizon entre l’ocre du sol et l’azur du ciel, qu’aucun nuage ne recouvrait… Un désert comme je les aimais ! Ignis avait superbement placé son temple, comme pour indiquer aux Invocations de Feu ayant tout juste quitté leur cellule qu’en servant un humain, elles avaient retrouvé le droit de vivre…

Je m’élançai alors dans l’étendue sableuse et me roulai aussitôt dedans, appréciant sa brûlure sur mon corps et toutes ces sensations qui me revenaient après tant de siècles de privations… Le son que produisaient les diverses formes de vie qui avaient su s’adapter à la rudesse de ce dernier, l’odeur du sable et des rares plantes qui y poussaient, ainsi que celle du sang signifiant qu’une chasse avait eu lieu, le contact de mes pattes – et en l’occurrence de mon dos – avec autre chose que de la pierre dure, alors que je m’enfonçais dans ce flot solide et délicieusement brûlant… Ah, tout cela m’avait tant manqué…

Le bruit de la porte du temple me rappela que je n’étais pas seul, et je tournai la tête vers Edvah, qui venait juste de sortir, avant de me relever et de m’ébrouer pour lui faire un sourire, brillant de franchise et de gratitude cette fois-ci. J’ouvris alors la bouche pour lui dire :


« Merci Edvah, de m’avoir libéré. Sans toi je serais toujours coincé derrière mes pierres sans âme, à faire semblant de vivre. Même si tu ne m’as pas vraiment choisi et que je ne serais peut-être pas l’Invocation idéale pour toi, quelque soit ce que tu m’imposeras, je te serais éternellement reconnaissant pour cette liberté. »


Puis je repris contenance. Les épanchements comme celui-ci étaient très rares pour moi, mais ils étaient sincères, et la pirate méritait ce dernier : quoi qu’elle puisse faire par la suite, ma vie serait meilleure que celle que je menais entre mes 4 murs. À vrai dire, ce serait vraiment une vie, ce que n’était pas ma survie due à mon immortalité des siècles derniers. Bref, sa réaction à ma déclaration m’importait peu, je lui avais dit ce que je pensais, je ne me répèterais pas et elle en ferait ce qu’elle en voulait. Par ailleurs il était temps de revenir à des détails plus concrets.

Mon Invoqueuse m’expliqua qu’elle avait été attaquée par des Zuhu lors de son arrivée au Temple, et me demanda d’assurer sa survie en cas d’attaque. Ensuite elle me renseigna sur la route qu’on allait prendre, ce qui ne m’avança guère n’ayant aucun repère dans ce monde, mais je tâchai néanmoins d’enregistrer les noms qu’avaient donné les humains à ces nouvelles régions. Cherchant alors à imaginer la tête que pouvait bien avoir tout ce que me décrivait Edvah, je lui répondis :


« Je sais pas à quoi ressemblent tes Zuhu et ne connais donc pas leurs aptitudes de combat, mais j’aime pas les piafs, alors je veux bien les combattre rien que pour tes beaux yeux. Quand à fuir avec moi, tu as du constater que je ne suis pas particulièrement taillé pour la vitesse, ça c’est plutôt la spécialité des Invocations d’Air, ils l’utilisent d’ailleurs souvent pour fuir, ces… »

Je m’interrompis et pris un air contrarié avant de reprendre :

« Bref… Sinon ça me va oui… C’est cool qu’on passe par le temple de la Terre, j’ai une bonne amie là-bas, on passera pour la libérer ? Enfin remarque elle est ptet déjà libérée… Mais faudrait allait voir quand même non ? Ah et pourquoi ça s’appelle la Rivière Blanche au fait ? »

Voyant que mes réflexions et questions semblaient ennuyer ma nouvelle Invoqueuse, je décidai de me mettre en route après lui avoir adressé une dernière fois la parole :

« Bon d’accord, d’accord, on y va… J’ai le droit d’être un peu curieux quand même, je le découvre là ton monde… »

Suite à quoi je m’ébrouai de nouveau pour faire tomber les grains de sables qui s’étaient glissés entre mes écailles et commençai à marcher dans la direction indiquée par la pirate, qui était celle d’où venait l’odeur de sang. Ce dernier devait d’ailleurs sûrement être celui de ses feu compagnons de route vu la description qu’elle m’avait faite de leur dernière entrevue.

Cependant je ne sentais pas de danger direct et avançais donc tranquillement, profitant silencieusement de la sensation de mes pattes s’enfonçant dans le sable brûlant et de la chaleur du soleil sur mes écailles. Soleil qui était particulièrement fort aujourd’hui, pour mon grand plaisir et celui des autres créatures à écailles parcourant le désert. Par contre la solution devait être plus inconfortable pour Edvah qui n’avait pas grand-chose pour se protéger de l’astre et risquait même une insolation. Mais avant que je ne puisse le lui faire remarquer, en Invocation dévouée que j’étais, nous atteignîmes l’endroit indiqué par mon Invoqueuse.

Il y avait là les cadavres bien entamés d’un cheval, d’une demi-douzaine d’humains, et de quelques oiseaux disgracieux, qui devaient être les fameux Zuhu. Des ailes d’une taille imposante, des mâchoires puissantes, mais des pattes ridicules, ils devaient être un fléau dans les airs mais peu dangereux au sol, s’ils ne réussissaient pas à emporter leur cible dans le ciel. Si elles n’étaient donc pas un bien grand péril en un contre un, ces bestioles devaient par contre être plus dangereuses en attaquant en meute, ce qui semblait être leur habitude et qui avait été si efficace sur ce groupe de bras cassés… Enfin bras cassés, le mot était un peu gros quand même puisqu’ils étaient parvenus à en tuer trois.

J’entendis alors un bruit provenant de derrière l’une des carcasses, et un homme apparut soudain, un tricorne sur la tête, l’épée et les vêtements tâchés de sang. Il semblait être l’un des mercenaires, mais je pouvais me tromper ne les ayant pas rencontrés, d’autant plus qu’il était moins crade et moins disgracieux que les autres, du moins pour un humain, en plus de dégager une odeur moins nauséabonde. Il ne m’adressa même pas un regard et planta ses yeux bleus dans les ambres d’Edvah avant de s’écrier :

« Toi ! Tu oses revenir ici ! Toi qui as fui comme une lâche quand ton aide aurait été la bienvenue, jamais je n’ai vu quelqu’un d’aussi pitoyable que toi… Ils sont tous morts… Tous ! Et c’est à peine si j’ai pu sauver leurs corps en chassant ces oiseaux de malheur… Seul ce tricorne était encore en bon état, tout le reste était lacéré, tâché, et c’est tout ce que je pourrais apporter à leurs familles… Te rends-tu compte ? Et tu as libéré un fils d’Ignis en plus ?! Pour quoi faire ? Pour fuir encore en le laissant te protéger les arrières à la première occasion ? Laisse-moi te dire que tu n’en es pas digne. Tu es juste digne de mourir… »

Je pris alors la parole, préférant prévenir ce malheureux de ce qu’il encourait :


« Oula doucement jeune homme, tiendrais tu à mourir ? Elle en aurait trucidé pour moins que ça tu sais ? Et en plus, ce sera sûrement moi qui devrais te tuer… Au fait, c’est toi qui as massacré tous ces piafs ? »

Puis me tournant vers Edvah, j’attendis de voir sa réaction, après lui avoir demandé :

« Bon on en fait quoi ? Tu prends son or et je le bouffe ? »


Dernière édition par Ushiran le Mer 3 Aoû - 13:25 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 11 Juil - 16:17 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Edvah

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MessagePosté le: Lun 11 Juil - 19:09 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Ushiran sortit en trombe du temple sans qu'Edvah ne put comprendre ce qui lui arrivait. Sa course précipitée fit légèrement trembler le sol et la jeune femme ne put s'empêcher de sourire à la vue de l'énorme lézard partant maladroitement courir dans le sable.

"On se rejoint dehors, j’ai des siècles de manque de soleil à rattraper !"

Ho, c'était donc ça. Le pauvre, il devait vraiment s'ennuyer dans sa prison. Mais c'était finit tout ça. A part pendant ses heures de sommeil, il aurait sans doute toujours quelque chose à faire... Et même quand Edvah s'accorderait du repos, il ne lui était pas interdit d'aller faire un tour... Enfin elle ne savait pas exactement comment marchaient les invocations mais il lui semblait logique qu'Ushiran puisse aller se rouler dans le sable quand il... Edvah se frotta les yeux avant de les plisser pour être sûre et certaine de ce qu'elle voyait... Ushiran se roulait dans le sable. C'était une première, elle ne l'avait pas cru si émotif. Pour rien au monde elle ne souhaiterait être une invocation, encore moins être séquestrée dans une pièce surchauffée avec un plafond de lave. Pas pour finir comme ça...
En attendant que le gros lézard ait finit de batifoler au milieu du désert, Edvah s'appuya sur la porte du temple. Quelque chose lui frappa soudain l'esprit. Il lui manquait son tricorne ! Elle plaqua les mains sur sa tête déjà brûlante, cherchant le chapeau des yeux. Maintenant elle se rappelait ne même plus l'avoir en entrant dans le temple... Prise de panique, Edvah s'appuya davantage sur la porte, la faisant légèrement grincer. Ushiran se tourna vers elle et elle secoua vivement la tête pour se reprendre, répondant à son sourire sans grand enthousiasme mais la distance devait suffire à masquer ses doutes. Il s'ébroua comme un énorme chien et lui lança quelques mots tandis qu'elle se rapprochait de lui.

"- Merci Edvah, de m’avoir libéré. Sans toi je serais toujours coincé derrière mes pierres sans âme, à faire semblant de vivre. Même si tu ne m’as pas vraiment choisi et que je ne serais peut-être pas l’Invocation idéale pour toi, quelque soit ce que tu m’imposeras, je te serais éternellement reconnaissant pour cette liberté.
- J'y compte bien !"


Elle comprenait très bien la sincérité du dragon au vue de son apparent besoin de renouer avec la nature et l'extérieur du temple... Mais il était temps d'avancer. Le soleil commençait à lui taper sur le crâne et elle n'avait rien de sain à boire. Edvah expliqua rapidement à son invocation son voyage jusqu'au temple, les Zuhu, les mercenaires... Elle ne savait pas de quoi était capable Ushiran contre ces oiseaux de malheurs mais elle aurait aimé être sûr d'être en sécurité à ses côtés. Elle portait un très mauvais œil sur le Désert Ambré et ne souhaitait pas s'y éterniser ou devoir s'y sentir continuellement en danger.

"- Donc si t'as bien suivis, là il faut partir vers le Nord-Est pour sortir du Désert Ambré en passant par l'endroit où on a été attaqué. On devrait finir par tomber sur le cours de la Rivière Blanche. On fera peut-être une pause à ce moment... Et après, Lüh sera plus au Sud.
- Je sais pas à quoi ressemblent tes Zuhu et ne connais donc pas leurs aptitudes de combat, mais j’aime pas les piafs, alors je veux bien les combattre rien que pour tes beaux yeux. Quand à fuir avec moi, tu as du constater que je ne suis pas particulièrement taillé pour la vitesse, ça c’est plutôt la spécialité des Invocations d’Air, ils l’utilisent d’ailleurs souvent pour fuir, ces… Bref… Sinon ça me va oui… C’est cool qu’on passe par le temple de la Terre, j’ai une bonne amie là-bas, on passera pour la libérer ? Enfin remarque elle est ptet déjà libérée… Mais faudrait allait voir quand même non ? Ah et pourquoi ça s’appelle la Rivière Blanche au fait ?
- Heu le Temple est au Nord de Lüh... Si tu y tiens tant on fera peut-être un crochet mais pour la rivière... J'en sais rien. Je demanderais à l'occas' mais je peux pas te dire tout de suite."


Edvah sentit une certaine haine dans les mots d'Ushiran en ce qui concernait les invocations d'Air. C'était assez logique qu'il y ait des tensions entre les différents éléments mais elle n'y avait jamais pensé auparavant. Cela signifiait donc qu'Ushiran pourrait avoir des difficulté contre un élément ou un autre ? Sans doute pas avec la Terre puisqu'il semblait avoir une amie là-bas... Surprise par toutes ses questions elle ne le lui avait pas dit, mais Edvah ne contait pas recueillir toutes les invocations de l'île... Elle espérait sincèrement qu'ils trouveraient sa cellule vide. Parce qu'une invocation c'est bien... Deux ça commence à faire beaucoup. Elle n'était même pas sûr que ce soit possible.

"- Par contre, si ça te dérange pas, moi le soleil de plomb du désert c'est pas trop mon truc...
- Bon d’accord, d’accord, on y va… J’ai le droit d’être un peu curieux quand même, je le découvre là ton monde…"


Edvah pensa alors que si Ushiran avait au moins eut des ailes, il aurait put la protéger du soleil... Mais bon. Elle se couvrit le visage quand il s'ébroua de nouveau, laissant une pluie de sable retomber sur le sol, puis ils se mirent en route. Chaque pas d'Ushiran faisait légèrement trembler le sol mais il avançait d'une démarche plutôt lente, n'obligeant pas Edvah à se dépêcher. Et heureusement car elle sentait le soleil sur ses cheveux d'or lui vriller le crâne et sa bouche était sèche. La distance entre le temple et le carnage lui semblait faire des kilomètres et des kilomètres et elle était au bord de l'insolation quand Ushiran se stoppa. Discrètement elle se rapprocha de lui pour profiter de l'ombre que sa corpulence offrait malgré sa chaleur, détaillant le spectacle qu'elle avait laissé derrière elle.
Un cheval, des hommes, des masses couvertes de plumes... Les mercenaires avaient donc réussit à tuer des Zuhu ? Edvah fut surprise mais commença à s'avancer vers les corps déchiquetés pour recueillir un peu de matériel quand une voix s'éleva sur le côté. Bon dieu il ne manquait plus que ça. Il lui fallait de l'eau, un chapeau, et ce gros lard de mercenaire était encore vivant, sa gourde à la ceinture et le précieux tricorne d'Edvah dans les mains. Comme un animal blessé en quête d'un abri, seul ses deux éléments marquèrent la jeune femme. Ses yeux ambre se firent plus sombres et elle écouta à peine le discours du mercenaire. De l'eau et son tricorne dansaient dans son esprit.

"- Toi ! Tu oses revenir ici ! Toi qui as fui comme une lâche quand ton aide aurait été la bienvenue, jamais je n’ai vu quelqu’un d’aussi pitoyable que toi… Ils sont tous morts… Tous ! Et c’est à peine si j’ai pu sauver leurs corps en chassant ces oiseaux de malheur… Seul ce tricorne était encore en bon état, tout le reste était lacéré, tâché, et c’est tout ce que je pourrais apporter à leurs familles… Te rends-tu compte ? Et tu as libéré un fils d’Ignis en plus ?! Pour quoi faire ? Pour fuir encore en le laissant protéger tes arrières à la première occasion ? Laisse-moi te dire que tu n’en es pas digne. Tu es juste digne de mourir…
- Oula doucement jeune homme, tiendrais tu à mourir ? Elle en aurait trucidé pour moins que ça tu sais ? Et en plus, ce sera sûrement moi qui devrais te tuer… Au fait, c’est toi qui as tué tous les piafs ?"


Le mercenaire se tourna vers Ushiran, apeuré et plein de rancœur. Cette fille était une vraie garce d'avoir ramené une invocation avec elle... Il n'osa pas répondre au dragon, détournant les yeux, posant son regard sur Edvah. Elle ne semblait pas en bon état. Elle était blessée, peut-être qu'un des Zuhu l'avait retrouvé plus loin... Il se redressa un peu, regagnant un peu de sûreté. Il savait de source sûr que si un invocateur mourait, le tueur récupérait l'invocation. Il en était sûr et certains. Il suffisait d'amadouer la donzelle pour gagner le gros lot !

"- Bon on en fait quoi ? Tu prends son or et je le bouffe ?
- Non Ushiran. Don... C'est bien ça, hein ? Je suis désolé pour les gars... Mais j'étais paniquée... Pardonnez-moi, vous pouvez comprendre ça ? Je... Je vous en supplie. Je ne viens pas pour vous portez préjudice... Regardez je laisse mon arme derrière... Je souhaiterais faire la paix."


Edvah semblait réellement effondrée. Elle détacha sa ceinture, abandonnant son épée aux pieds de son invocations et les larmes aux yeux elle s'approcha du mercenaire. Celui-ci sentait déjà l'invocation entre ses mains et posa le tricorne et son épée au sol, juste assez près pour pouvoir la prendre pour tuer la jeune femme maintenant désarmée... Un si joli morceau... C'était tellement dommage... Même le dragon n'aurait rien le temps de faire. Il sourit maladroitement, laissant Edvah s'approcher.

" J'irais présenter moi-même mes condoléances aux familles... Je les dédommagerais... Je vous dédommagerais Don... Je ne suis pas si mauvaise... J'ai juste besoin d'un peu de soutien..."

Une larme roula sur sa joue et elle s'effondra à genoux sur le sol, le visage levé vers le mercenaire, les mains sur ses cuisses. Celui-ci ne put résister et se pencher pour la relever, avec une bonté qui ne venait pas du cœur, mais du calcul. Malheureusement pour lui, ce n'était pas le seul à calculer et Edvah sortit son poignard de sa cuissarde, le plantant avec violence dans le torse de l'homme.
Sans un mot elle se releva maladroitement, repoussant le corps du mercenaire titubant. Elle ramassa le tricorne, l'épousseta et entreprit de se recoiffer rapidement avant de l'enfoncer sur sa tête. Puis d'un coup de pied elle fit tomber le mercenaire, arracha l'outre de sa ceinture, huma avec délice le doux parfum de l'eau pure dans un récipient propre et but avec précaution une bonne moitié du continu.

" Bordel, j'ai cru que j'allais crever... J'aime pas trop tuer mais là... Tu me chipes mon tricorne et tu me nargues avec ta flotte... Tu croyais quand même pas que j'allais te remercier... Crevard."

Edvah retira son arme du corps gémissant, l'essuya sur chemise, l'agrémentant de nouvelle tâches, et le remit en place dans sa cuissarde. Elle rattacha ensuite son épée et, l'air satisfaite, se tourna de nouveau vers le carnage.

" Mange-le si ça te plaît Ushiran, je pense que c'était le mois mauvais de tous... Niveau santé. Moi je vais voir si on peut récupérer des trucs dans ce foutoir."

Edvah n'était pas sans cœur, mais ce genre de massacre, elle connaissait. Ce n'était pas de la bouillie humaine, mais un combat qui avait mal tourné. Après un pillage, ce genre de reste était courant. Avant que le dragon ne décide quoi que se soit, Edvah arracha la bourse de la ceinture du mercenaire agonisant ainsi que son sac. A l'intérieur se trouvait un morceau de pain rassit, des vêtements plus ou moins propre et deux rations militaires déshydratés. Puis, n'ayant plus peur de se salir davantage, Edvah partit en quête d'objets utiles à mettre dans le sac.
Au bout de 15min, les mains couvertes de sang mais la mine joyeuse, elle vint s’asseoir sous Ushiran, à l'abri du soleil, s'adressant à lui tout en farfouillant dans sa nouvelle sacoche.

" Je t'interdis de t'asseoir, de t'allonger ou de faire tout mouvement pouvant compromettre ma sécurité sans m'en demander la permission tant que je serais sous toi... Sinon, j'ai trouvé 100Tsuris tout pile, du pain bon à jeter, des fringues de rechange, quatre rations militaire, deux outres d'eau, un briquet à amadou, 20m de corde et une boussole... Parfait... On dirait la liste que fournissent les autorités de Lüh pour les aventuriers en herbe..."

Elle avait aussi trouvé un livre, mais ne sachant pas lire, elle le jeta au milieu des corps avec dédain, le jugeant inutile. Edvah partit du coin d'ombre qu'offrait le dragon et se tourna vers lui, la sacoche sur le dos, la corde à ses pieds, les poings sur les hanches.

" On avance jusqu'à ce qu'il commence à faire trop sombre, ok ? Après on devra s'arrêter. De toute façon, tu pourras nous faire un bon feu, hein ? Par contre porte moi ça s'teu plaît."

De nouveau confiante elle tendit la corde à Ushiran aussi haut qu'elle le put. Le soleil allait commencer à se coucher et d'ici 4h et il leur faudrait encore plus de 10h pour atteindre la Traversée de la Rivière Blanche, encore un peu plus d'une heure pour trouver la rivière... Et 8h pour atteindre le Temple de la Terre ou 10h pour Lüh... Ils n'étaient pas encore rentré mais maintenant Edvah avait de quoi survivre... Elle fit part de ses calculs à Ushiran avant de continuer le voyage dans le Désert Ambré.


[PS : ... Je t'ai battu !!! Si c'est trop long, je coupe... Mais je me suis dit que d'un bloc ça irait mieux, mais si ça te bloque certaines actions ou quoi que ce soit... Bah je changerais =S]
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Ushiran
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MessagePosté le: Mar 12 Juil - 11:30 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Edvah ne savait pas pourquoi on appelait la Rivière Blanche ainsi. C'était dommage, il était toujours intéressant de connaître l'origine des noms des lieux... Même s'ils étaient dus à une légende, il y avait souvent une part de vérité dans une légende. Mais bon, je n'en pleurerais pas. Et puis on passait par le temple de la Terre, peut être que je pourrais revoir Tarec'Mah, ce serait sympa, elle me manquait celle là... Enfin nous n'en étions pas là, pour l'instant il fallait bouger où ma pirate finirait en barbecue. Ce serait un comble quand même pour une Invoqueuse ayant un fils d'Ignis pour Invocation.

Mais pour l'instant nous étions face à notre vaillant mercenaire, et je pouvais lire la convoitise mêlée à la peur dans ses yeux. Cependant la réponse d'Edvah me laissa pantois. Elle regrettait vraiment la mort de ces abrutis ? Et elle… pleurait ? Non ça c'était vraiment le détail de trop, elle devait se jouer du mercenaire et nous dévoilait ses talents de comédienne. Son interlocuteur fut d'ailleurs pris au jeu, et chercha à profiter de la situation, mais il était moins bon acteur qu’elle, et on pouvait lire la cupidité dans ses yeux. Mon Invoqueuse semblait cependant savoir ce qu'elle faisait, aussi je la laissai agir à sa guise. Et effectivement, en peu de temps, le mercenaire se retrouva baignant dans son sang et son incrédulité.

Suite à cela, elle récupéra le tricorne du mercenaire (tout ça pour un chapeau ?), ainsi que sa gourde dans laquelle elle but avec délectation. Elle me dit que je pouvais manger l’énergumène si je le souhaitais, avant de partir farfouiller un peu partout telle une fourmi cherchant de la nourriture pour sa fourmilière. Je la regardai faire un instant, un sourire amusé sur le visage, avant de lui répondre


« Je te remercie pour ta proposition, mais je n’avais aucune intention de bouffer ce gros lard, il vient quand même du même endroit que les autres, et on ne sait pas où il a traîné, c’était juste histoire de lui mettre un peu la pression. Mais quand j'ai vu à quel point tu regrettais tes actes, et à quel point tu aimais ces hommes, je me suis dit que ce n'était peut être pas très judicieux et j'ai été ému au point d'en avoir presque la larme à l'oeil... Quel dommage que ta dague ait malencontreusement glissé entre ses côtes... Par contre je te serais reconnaissant de ne pas jouer à ces petits jeux trop souvent, car si tu meurs prématurément, je me retrouverais à gratter la poussière sous mon plafond de lave, et ça ne me tente pas plus que ça. »

Après encore une dizaine de minute de dépouillage de cadavres, desquelles je profitai pour prendre une bonne dose de soleil, mon Invoqueuse vint se mettre à l’ombre sous mon corps, où il ne devait cependant pas faire plus frais, m’interdisant de l’écraser, et me fit l’inventaire de son butin.

« Je sais que tu me prends pour une Invocation stupide, mais il ne faut pas abuser quand même, je t’ai dit que je ne voulais pas me retrouver dans ma cellule… Enfin ceci dit tu fais bien de me signaler ta présence, c’est plus prudent. Mais c’est dommage de ne pas profiter du soleil je trouve… »

Je fis une petite pause pour lancer un regard à l’astre de feu, qui commençait tout juste à décliner dans le ciel, avant de reprendre :

« Ah au fait, c’est quoi des Tsuris ? Et tu es sûre de ne pas vouloir de ''L’histoire de Suzanna la Coquine'' ? Mais attends, il n’y en a quand même pas encore beaucoup de livres dans votre monde, si ? Comment ça se fait qu’on trouve déjà des navets comme ça ? Et que font des mercenaires en possession d’un bouquin ? Ils ne devraient même pas savoir lire… Tu es vraiment tombée sur un groupe bizarre… »

Après quoi elle me demanda de reprendre la route et de transporter sa corde, ce à quoi je lui rétorquai :

« Je veux bien la transporter ta corde moi, mais avec quoi ? Avec mes dents ? Si tu le souhaites tu n’as qu’à l’enrouler autour de l’un des piques sur mon dos, mais c’est une situation temporaire, je ne suis pas une bête de somme… J’aurais pas l’air bête avec ce truc là sur le dos tiens… Et ça me gênera pour les combats. Bref, faudra qu’on trouve une mule de bât ou un truc du genre pour transporter tous les trucs que tu ramasseras sur notre route. »

Pour le feu par contre il y avait un détail qui clochait, c’est que je n’étais plus capable de rien faire, c’était comme si je n’avais plus aucune affinité avec mon élément, et ce depuis que j’étais dans ce temple maudit. Et cela me torturait déjà assez comme ça pour devoir en plus l’avouer à la pirate. De plus j’avais toujours cru que c’était irrémédiable, une punition supplémentaire infligée par nos créateurs, et cela constituait une profonde blessure en moi, et pourtant… Depuis que j’étais dans le désert, je sentais une infime partie de mes anciens pouvoirs revenir. Je n’avais rien remarqué au début, comme si c’était parfaitement naturel, mais cela faisait briller un peu d’espoir en mon cœur.

Perdu dans mes pensées, j’entendis à peine Edvah me parler du temps de route qu’il nous restait. Je compris cependant que nous n’en avions plus que pour dix heures seulement dans le désert… J’espérais donc que les autres régions seraient à la hauteur, je l’adorais moi ce désert.

Nous reprîmes finalement à la route, silencieusement d’abord, puis je me mis à poser un flot de questions à mon Invoqueuse sur l’état actuel du monde : quelle était la superficie des terres découvertes ? Comment fonctionnait la société humaine au niveau politique, économique et social ? Y avait-il des religions autres que celles des quatre Créateurs ? À quel point en était leur technologie ? Avaient-ils découvert la poudre ? Quels alliages connaissaient-ils ? Quels moyens de transport ? Avaient-ils conquis les océans, le ciel et l’espace ? Bref, j’étais curieux de connaître l’avancement des humains dans ce monde en plus de le découvrir de mes propres yeux.

Finalement, les discussions aidant, les heures de marche passèrent et le soleil commença à se rapprocher lentement mais sûrement de l’horizon. Il était temps de trouver un endroit sûr pour la nuit, et dans le désert, rien de mieux pour mon humaine qu’une oasis, qui lui permettrait en plus si elle le souhaitait de se débarbouiller avant d’atteindre la fameuse Rivière Blanche. Lui gardant la surprise, j’humai silencieusement l’air sur le chemin pour tenter de repérer une concentration d’odeurs animales et végétales, et finis après quelques dizaines de minutes par en trouver une. Elle ne semblait pas trop éloignée, et si elle constituait un détour, il n’était pas énorme.

Je fléchis donc légèrement ma trajectoire pour nous faire aller dans cette direction, et quand enfin nous parvînmes à proximité de l’oasis, celle-ci se distingua des mirages environnants par la verdure abondante qui l’entourait. Je tournai alors la tête vers Edvah, pour observer sa réaction.


« Cela me paraît pas trop mal comme endroit pour dormir, tu seras au frais pour le reste de la journée, et à l’abri des prédateurs pour la nuit, de plus la végétation cachera notre feu et tu trouveras de l’eau à volonté. »

L’oasis était assez grande, et l’abondante végétation qui l’entourait protégeait ses occupants des regards indiscrets, cependant alors que nous descendions la dune pour pénétrer dans la masse verte, nous pûmes entendre des éclats de voix : nous n’étions pas seuls. À l’oreille il y avait deux humains qui n’avaient pas tout à fait le même accent qu’Edvah, et je pouvais aussi sentir la présence de plusieurs chevaux en plus des divers animaux venus se ressourcer autour de l’étendue d’eau. Les hommes parlant assez fort, et mon ouïe n’ayant pas souffert de mes siècles d’emprisonnement, au contraire de mon affinité avec le feu, je pus entendre leur conversation :


« Ces chevaux sont une aubaine, je ne sais pas d’où est-ce qu’ils viennent, mais les avoir trouvé ici va nous permettre de finalement finir dans l’opulence une période de vaches maigres.
- Mais, Bill… Tu ne penses pas que leurs propriétaires sont juste partis faire quelque chose aux alentours ? Tu connais le sort réservé aux voleurs de chevaux dans le désert non ?
- Raison de plus pour se carapater rapidement. Et puis, à mon avis, c’est plutôt un groupe d’aventuriers amateurs en quête d’Invocations qui s’est fait massacrer par un Sanza ou par un groupe de Zuhu, et on va pas les pleurer. Allez viens, prends un cheval, et attache le dernier au mien, on rentre au camp.
- Je suis pas sûr… Peut être que nous devrions…
- Oh, arrête de faire ta lopette, si t’es pas d’accord je prends toutes les responsabilités et empoche tout le fric, tu préfères ça ?
- C’est pas ce que j’ai dit mais…
- Allez hop, en route !
- Bon d’accord… »


Suivirent quelques bruits de cuir grinçant signifiant que les hommes étaient en train d’attacher les chevaux entre eux et se préparaient à se mettre en selle. J’en profitais pour faire discrètement un rapide topo de la situation à mon Invoqueuse, avant de l’interroger du regard.


Dernière édition par Ushiran le Mer 3 Aoû - 13:26 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 12 Juil - 16:52 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

"- Ah au fait, c’est quoi des Tsuris ? Et tu es sûre de ne pas vouloir de ''L’histoire de Suzanna la Coquine'' ? Mais attends, il n’y en a quand même pas encore beaucoup de livres dans votre monde, si ? Comment ça se fait qu’on trouve déjà des navets comme ça ? Et que font des mercenaires en possession d’un bouquin ? Ils ne devraient même pas savoir lire… Tu es vraiment tombée sur un groupe bizarre…
- Le Tsuris, c’est la monnaie... Et je vais passer sur le titre ridicule de ce bouquin. Il serait même pas bon pour faire du feu. "


Puis Edvah demanda à Ushiran de baisser la tête pour accrocher la corde autour d’un de ses piques. Ses écailles étaient brûlantes et elle était vraiment heureuse de ne pas être assise dessus… Mais ils ne seraient pas très rapides tant qu’elle continuerait à pied. 10h, c’était long tout de même… Sauf si Ushiran continuait de l’inonder de question. Du coup elle se pencha sur ses questions pour y répondre le plus précisément possible, avec les quelques connaissances qu’elle avait. Et puis il faudrait bien qu’il apprenne un peu plus de chose sur les us et coutume d’Arcane… Et Edvah doutait que quelqu’un d’autre qu’elle voulut bien se pencher sur son cas et ses interrogations.

" Bon… Alors pour commencer, je ne sais pas ce que c’est, la superficie… Ca a l’air d’être un truc encore bien chiant… Pour la société, en gros on a un prince : le plus riche, et les nobles gravitent autour. Le bas peuple se fait marcher dessus… Et moi je vole le riche et le pauvre, je pillais et terrorisais quand j’avais encore une bande… Mais j’ai rencontré des petits soucis, donc maintenant je joue en solo jusqu’à nouvelle ordre. Sachant que ma bande valait bien mieux que ce ramassis de mercenaires.
Pour la religion… Avec des guignols comme vous les invocations on est bien obligé de croire aux Quatre. Je pense pas qu’y est des gens assez stupides pour remettre ça en cause, mais bon… Perso, j’ai rajouté un Supérieur dans votre liste : L’argent !"


Ses yeux se mirent à luire. Mais en ce moment, ce n’était pas très fructueux et elle avait intérêt à se trouver rapidement un nouveau revenu. Un bon pigeon ou une zone de chasse à la bourse efficace… Surtout si ce gros lézard avait des caprices de star.

" Technologie ? Je vois pas ce que tu veux dire… Pour la poudre, je sais qu’il y en a qui s’amuse à en respirer mais je vois pas en quoi c’est une grande découverte. Moi ça me brule juste le nez, c’est immonde…
Alliage ? Alliage… Métaux ? Bah… L’acier ? Le fer ? J’en sais rien, mais si tu veux on a un forgeron à Lüh, elle pourra peut-être te renseigner. J’y connais rien moi. "


Edvah leva les yeux aux ciels. Il avait vraiment des questions étranges celui-là. De plus il utilisait des mots qu’elle ne connaissait pas. Superficie lui disait vaguement quelque chose, mais technologie… Drake lui avait dit que les invocations avaient vécu dans un autre monde avant d’être enfermée… Edvah se demandait bien à quoi pouvait ressembler ce monde pour utiliser des mots aussi bizarre, et visiblement couramment.

" Pour les moyens de transports on a… Nos jambes, le cheval, les variquans, le bateau… La charrette ? La calèche ? Des trucs comme ça… Donc bien sûr on a conquis la mer ! Pour le ciel, si j’étais tombé sur un dragon avec des ailes t’inquiète pas que ce serait déjà fait… Par contre l’espace… Ca dépend de quel espace tu parles… On a découvert une nouvelle île aussi, avec des hommes lézards y paraît… J’aimerais bien y faire un tour un de ces quatre…"

Ensuite, Edvah commença à parler de choses et d’autres sans réel importance. Elle expliqua sa rencontre avec Quarylia, une invocation d’eau assez effrayante, parla des services présents à Lüh, de sa planque…

"- Holà, j’avais pas vu mais il commence à se faire tard, ça se rafraichit… C’est quoi là-bas ? Une oasis ?
- Cela me paraît pas trop mal comme endroit pour dormir, tu seras au frais pour le reste de la journée, et à l’abri des prédateurs pour la nuit, de plus la végétation cachera notre feu et tu trouveras de l’eau à volonté.
- Ouais, c’est bien comme quoi ça."


Sans se douter qu’Ushiran l’avait guidé vers l’endroit verdoyant, Edvah se dit que le hasard faisait parfois vraiment bien les choses. L’oasis avait l’air paisible, la jeune femme pouvait apercevoir quelques animaux partant se rafraichir au bord de l’eau, mais rien de bien dangereux. Essayant d’y voir clair au travers de la verdure, Edvah descendit avec Ushiran tout en cherchant le début du point d’eau. Elle n’avait pas grand-chose pour monter un camp, pas même une couverture, mais il fallait bien se poser quelque part. Sans doute qu’elle pourrait dormir contre son gros lézard qui semblait constamment produire de la chaleur. Soudain des voix s’élevèrent d’entre les arbres. Edvah ne comprenait ni ne voyait rien, mais Ushiran semblait en pleine écoute de la conversation.
Et il lui expliqua effectivement que deux hommes plus loin semblaient avoir trouvé des chevaux, qu’ils comptaient les emmener pour les vendre. Elle s’entretint donc avec lui à voix basse, réfléchissant à ce qu’ils pourraient faire.

" Tu veux que je te dise ? Des chevaux arrivant comme par magie à une oasis après que les notre se soit échappé… C’est louche. Je sais pas qui sont ses hommes, mais avec une ou deux bête on ira plus vite et tu n’auras plus à porter mon bordel…"

Edvah fit un clin d’œil à Ushiran. Elle avait très bien compris que la corde le dérangeait. Maintenant il s’agissait de s’approcher des hommes et de réquisitionner les montures. Ce qu’ils en feraient après, des deux, elle ne savait pas encore… Mais après tout, ils avaient 20m de cordes. Cherchant une solution, Edvah se tourna vers son invocation. Soudain, une idée lui vint. Ushiran allait enfin pouvoir se montrer réellement utile pour la première fois avec Edvah.

" Bah je suis bête ! On va aller voir les gars et puis tu vas nous balancer un petit truc pour les tuer ! Les invocations ont bien des pouvoirs… Non ?"

La jeune femme lui sourit. Du peu qu’elle le connaissait il allait sans doute être fier de lui montrer ses compétences en combat. Elle espérait juste que les chevaux ne seraient pas tués… Elle fit alors une grimace. La vision des trois carcasses de mammifères carbonisés lui donnerait des envies de meurtre… Ce n’était pas le moment de faire une bourde. Leur vie n’était pas en danger, mais le voyage serait bien trop long sans monture pour elle.

" Ouais nan. Désolé de te faire un faux espoir mais si c’est pour que tu nous cuises les chevaux avec, c’est pas la peine. On va s’approcher… Et puis je vais improviser. Sans doute que juste en roulant des mécaniques ça suffira… A moins que les chevaux se sauvent… Bon, on s’approche et je vais improviser. Surtout dit rien, j’ai peut-être une idée. Essaye de faire des trucs qui m’arrange comme tu peux."

Edvah regarda le dragon puis tout son plan se fit clair. Les écailles du dragon commençaient à se rafraichir et elle monta sur son dos avec rapidité, empoigna la corde et l’attacha autour de ses cornes. Elle se rassit entre ses piques et saisit la corde comme des rênes. Voilà, Ushiran était devenu une monture ! Elle lui chuchota que ce n’était pas définitif et qu’il fallait lui faire confiance puis elle lui demanda de s’avancer vers les deux hommes sans avoir l’air trop agressif.

" Et surtout, pas un mot !"

Son harnais était bidon. Il aurait suffit d’un coup de tête d’Ushiran pour l’envoyer valdinguer et il n’était pas non plus la monture la plus confortable qu’elle ait rencontré. Mais bon… Elle se confectionna un masque fatigué assez facilement et fit semblant de diriger le lézard entre les arbres. Elle rangea aussi son tricorne dans son sac et se fit un chignon négligé. Ils purent bientôt voir les voleurs, prêt à monter en selle sur les chevaux. Ils se stoppèrent net en voyant l’étrange duo que formait Edvah et son invocation approcher. Mais sans doute que le fait qu’une femme suffise à manipuler l’animal leur ôta un peu de peur, ne retirant rien à la surprise.
Edvah fit mine de tirer sur la corde de toute ses forces pour arrêter son compagnon.

"- Stop Ushiran ! Arrête-toi… Bonsoir messieurs ! J’espère ne pas vous avoir effrayé, ce gros bêta fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose…
- Heu… Oui madame, il n’a pas l’air bien méchant.
- Niet. Une crème, sinon je ne pourrais pas le diriger, voyons !"


La jeune femme descendit du dragon avec une maladresse gracieuse, l’attacha à un arbre tout en se disant que c’était la chose la plus ridicule qu’elle avait bien put faire et s’avança vers les hommes. Elle essuya sa tenue ensanglantée, cherchant une excuse à sortir sur un ton tout à fait naturel tout en souriant.

"- Ne faites pas attention à tout ce sang répugnant. Nous avons écrasé un cheval en route et en voulant sauver la pauvre bête je me suis salie… Les catastrophes arrivent si vite ! Et avec une telle monture, je ne vous parle pas du nombre de fois que ça m’arrive ! Je donnerais n’importe quoi contre un bon cheval…"

Les deux hommes se fixèrent, visiblement près à marchander. La jeune femme ne semblait pas riche, mais les apparences ne faisaient pas tout… Quoi que le dragon permettait de deviner une richesse opulente.

"- Madame… Cette créature, où l’avez-vous trouvez ? Il est magnifique…
- Mais Bill… On a rien pour s’occuper d’un truc comme ça !
- Il chasse tout seul. Et il est assez intelligent pour ne pas le faire dans le village… Je l’ai eut sur l’île inconnue, vous savez, au Sud… Il y en a des troupeaux entiers là-bas !
- Vraiment ?!
- Oui ! Mais c’était celui-là le plus docile… Il vous intéresse ? Je l’échangerais contre 100 000 Tsuris… Ou un cheval. Parce qu’il est gentil, mais je manque de muscle vous voyez ? Il faut quand même qu’il sente que vous lui demandez quelque chose…"


Bon sang que les hommes avides étaient facilement manipulable… Avec un sourire naïf Edvah les regarda discuter « discrètement » de ce qu’il pourrait faire. Ils se dirent qu’ils en tireraient un bon prix, qu’un animal aussi impressionnant pourrait leur servir à se faire de l’argent facile rien qu’en le montrant, puis en le revendant à de riches nobliaux en manque de trésor. Puis plus bas, ce qu’Edvah n’entendit pas, ils se dirent qu’ils reviendraient lui voler les chevaux… Parce qu’il n’y a pas de petit profit.

"- Je ne veux pas vous arnaquer madame. Chez nous, c’est très malpoli. Nous vous donnons nos trois chevaux contre votre dragon… Il a une valeur inestimable.
- Vendu ! Bon dieu, le dos d’un cheval vaut cent fois cette grosse monture. Venez, approchez-vous, il n’est pas méchant !"


Edvah les fit approcher d’Ushiran, leur expliqua comment monter sur son dos, comment bien le diriger, inventa quelques petites choses sur son entretien et leur raconta un flot d’ânerie pour les faire mordre à l’hameçon. Puis ils montèrent sur le dragon, fier comme des coq. La jeune femme glissa un discret clin d’œil à son invocation et lui dit au revoir avec une émotion feinte. Et juste avant qu’elle ne parte inspecter les chevaux, les deux hommes perchés sur le lézard géant, révisant les commandes pour faire avancer leur nouvelle monture, Edvah glissa quelques mots à Ushiran.

" Eloigne-toi pour ne pas effrayer les chevaux, et fais en ce que tu veux. Ceux-là sont peut-être plus appétissant que les mercenaires…"

Les chevaux étaient fatigués, inquiétés par la présence de l’invocation mais en bonne santé. Les attachants à un tronc d’arbre tombé au sol elle alla se refaire une beauté pendant qu’Ushiran était partit, se lavant rapidement. Elle se changea et entreprit de rassembler du bois pour allumer un feu. Elle portait maintenant une chemise en coton et un pantalon en toile trop grand, le dernier tenu par sa ceinture. Ses cuissardes étaient posées près des chevaux, de son sac et ses armes. Une fois Ushiran revenu, elle soignerait ses blessures et mangerait une partie des rations qu’elle avait trouvées.
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MessagePosté le: Mer 13 Juil - 20:25 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Edvah ne sur répondre que partiellement à mes questions, car il semblait que les termes que j’utilisais n’étaient pas à sa portée. Non pas que son esprit ne puisse pas cerner ces notions, mais simplement qu’elle ne les avait jamais entendues. J’avais pu constater qu’elle était loin d’être bête, sa débrouillardise le prouvait, mais il lui manquait des connaissances, et le fait qu’elle ne sache pas lire et mène une vie de paria ne devait pas l’aider grandement. C’était logique cela dit, au vu de l’avancement de leur société, les lettrés devaient être pour l’immense majorité des rats de bibliothèque, qui ne risquaient pas de s’aventurer dans le désert pour aller libérer une Invocation. Mais il faudrait que mon humaine comble ses lacunes, si elle voulait que nous fassions des coups plus ambitieux que de voler les maigres économies d’une famille de fermiers dans un coin paumé… Mais bon, le rôle de prof de littérature n’était peut être pas idéal pour moi. Je commençai cependant par lui expliquer que la superficie était la surface que faisait une région ou un territoire, sa "grandeur" en quelque sorte, et que la technologie était l’ensemble des inventions réalisée par son peuple, en prenant pour exemple la roue.

Ses réponses m’apportèrent malgré tout des éléments de réponse : il ne semblait y avoir qu’un pays, or avec les moyens de communication de l’époque et au vu du système politique qu’elle m’avait décri, il ne devait pas être très étendu. S’il n’y avait pas de voisins, soit les contours du pays étaient infranchissables, soit nous étions sur une île. Quand à la technologie, ils semblaient en être approximativement à une ère moyen-âgeuse. Enfin Edvah après avoir répondu à mes questions, me parla un peu d’elle et de son passé. Sa cupidité, sa bande de pillards, le gros poisson qu’elle avait rencontré – je lui répondis d’ailleurs que tous les poissons étaient à éviter –, la vie qu’elle menait à Lüh, l’endroit où elle (et surtout ses trésors) vivaient, …

Si bien que le trajet jusqu’à l’oasis se déroula assez rapidement, malgré la fatigue que devait ressentir mon Invoqueuse après une journée à marcher dans le sable, lui donnant probablement envie de prendre un bon bain avant de profiter d’un long sommeil réparateur. Pour ma part, j’étais bien tenté par une bonne sieste. Cependant, des éléments perturbateurs nous en empêchaient dans l’immédiat, et nos voleurs de chevaux en herbe m’irritaient déjà. Alors que je réfléchissais à un moyen de les éliminer sans faire fuir les montures dont Edvah avait besoin, cette dernière me proposa de tout carboniser. Cela m’aurait fait plaisir par le passé de me laisser un peu aller, mais en l’occurrence, je risquais tout juste de leur faire des brûlures comparables aux coups de soleil dont ils étaient couverts… Rien de bien grandiose donc. Heureusement la pirate changea d’avis, cherchant une approche plus subtile.

Me regardant avec un air de réflexion intense, elle sembla finalement avoir une illumination. Elle grimpa avec agilité sur mon dos et récupéra sa fameuse corde pour l’attacher à mes cornes. Alors que je me retournais avec un air interrogateur, elle m’expliqua que cela faisait partie de son plan et que cela ne durerait pas. Effectivement, apparaître "maîtrisé" physiquement rassurerait nos hommes et les convaincrait peut être de ne pas fuir au grand galop sur nos porteurs de bagages. En l’occurrence, le harnais était presque inutile puisque je percevais difficilement les intentions de ma cavalière, ne sentant que des légères tractions sur mes cornes. Elle me dirigea donc plus à la voix qu’avec ses fausses rênes vers les deux voleurs, tandis que je tentais de prendre l’air le plus penaud et innocent que je le pouvais.

Leurs yeux grands comme des soucoupes en nous voyant arriver valait presque le déplacement à eux seuls, et je dus me faire force pour ne pas me moquer d’eux, suite à quoi Edvah me demanda de m’arrêter et "m’attacha" à un arbre, ce qui manqua de peu de me faire exploser de rire en imaginant l’allure que je devais avoir, mais parvins à me retenir. Pendant ce temps la pirate devisait avec les voleurs à propos de moi, leur décrivant combien je n’étais pas pratique malgré ma bonne volonté, et avouait qu’elle aimerait bien se débarrasser de moi pour le confort d’un cheval.

Je vis l’or coulant à flots qui brillait dans les yeux de l’un tandis que l’autre semblait un peu plus réticent. Ils échangèrent alors quelques mots, semblant débattre sur l’opportunité qui leur était offerte, avant de rapidement se mettre d’accord, mettant en avant le fait que de toute façon ils récupéreraient ensuite les chevaux, pour avoir le beurre et l’argent du beurre, pour finalement conclure leur affaire avec mon Invoqueuse, lui proposant même trois chevaux au lieu d’un, pour "ne pas l’arnaquer". C’était plutôt que les deux autres chevaux les encombreraient tant qu’ils ne m’auraient pas enfermé dans leur camp, mais ils semblaient fiers de la façon dont ils avaient tourné la chose et crurent Edvah dupe.

Cette dernière les fit d’ailleurs approcher de moi, leur expliquant comment me diriger, ce qui me tira un nouveau sourire que je cachai discrètement, avant de leur dire qu’il fallait laver et lustrer mes écailles une fois par an, qu’il ne fallait pas me donner à manger de poisson car j’y étais allergique, et que si j’étais blessé il fallait appliquer du sang de Dulcius sur les plaies. Si elle continuait comme ça elle allait venir à bout de ma concentration et je ne pourrais plus m’empêcher d’exploser de rire, mais elle s’arrêta heureusement à temps, et finalement les deux humains me grimpèrent dessus, S’asseyant tous les deux avec précaution entre les piques, pendant qu’Edvah me disait discrètement d’en faire ce que je voulais, ce à quoi je lui répondis par un sourire.

Finalement, mon Invoqueuse me fit des adieux émus et me tira presque une larme, avant que je ne me dirige nonchalamment vers le désert, puisque visiblement nos voleurs ne voulaient pas perdre une seconde de plus dans l’oasis. Une fois que nous fûmes éloignés de plusieurs kilomètres, à l’abri des oreilles de la pirate, les deux hommes reprirent leur conversation :


« Quelle aubaine ! On trouve des chevaux abandonnés, et on nous les échange contre un dragon, je ne savais même pas que ces bestioles existaient ! On va se faire une fortune phénoménale !
- Mais c’est vrai qu’il n’est pas confortable, les écailles sont toutes dures, et j’ai peur de me blesser avec les piques qu’il a partout…
- Parce qu’il faut être débile pour vouloir utiliser une telle bête uniquement comme monture ! C’est pas ce que nous en ferons, nous… Rappelle toi de notre but…Oh non, j’ai plein de projets pour toi mon gros bestiau », fit-il en me tapotant l’épaule. « Et puis les chevaux, nous les récupérerons bien assez vite. Une fois qu’on aura mis le dragon en sécurité au camp, nous retournerons à l’oasis, on égorgera l’humaine pendant son sommeil histoire de faire disparaître tout trace de notre passage, et on reprendra les chevaux.
- Mais… Imagine qu’on nous voit ? On serait recherchés pour meurtre !
- Oh, arrête de toujours faire la poule mouillée pessimiste ! Une opportunité comme celle-là, ça se saisit, ou sinon on le regrette tout le reste de notre vie. Allez reprends toi, on est presque au camp.
- Et si jamais le dragon nous entendait et nous comprenait ? Il semblait y tenir à sa maîtresse non ? Et puis ce harnais ne me paraît pas le contrôler beaucoup… »


Le dénommé Bill eut un instant d’hésitation, n’ayant visiblement pas envisagé cette situation malgré sa grande clairvoyance, avant de reprendre d’une voix rassurante, comme pour se convaincre lui-même :

« Peuh, ça n’a pas de sens, la dame nous a dit qu’il était docile. Et puis, je suis sûr qu’il sait que ses intérêts sont avec nous… »

Je ne pus m’empêcher de faire un grand sourire, et de prononcer d’une voix grave et pleine de menace, histoire d’ajouter un peu de théâtralité :

« Ou pas. »

Suite à quoi j’abaissai violemment la tête. Les mains de l’homme tenant toujours fermement les ‘’rênes’’, il fut emporté par le mouvement et alla s’embrocher sur les piques de mon cou, son début de cri aussitôt étranglé dans un gargouillement sanglant. Le deuxième homme mit un instant avant de réagir par avant de crier alors que je m’ébrouai pour le faire tomber de mon dos. Malheureusement il resta arrimé sur moi, les mains crispées par la peur et l’instinct de survie à l’une de mes piques, tandis que le cadavre de son compagnon allait s’écraser dans le sable. S’en suivit donc un intense rodéo, mais l’homme semblait comme vissé à moi et ne bougeait pas d’un poil, tout en continuant à crier sans discontinuer, comme si il avait des poumons à contenance infinie.

Finalement, exaspéré, j’entrepris de me rouler pour me débarrasser de ce parasite quand ce dernier, mû par un réflexe de survie, se lâcha enfin. Il fut cependant projeté par la force centrifuge et effectua en l’air une jolie parabole avant de s’enfoncer dans le sable une quinzaine de mètres plus loin, l’un de ses bras émettant un craquement sinistre. Il se releva malgré tout avant moi, bien qu’un peu sonné et avec le bras gauche pendant mollement le long de son corps. Avec le droit, il récupéra quelque chose dans sa poche qu'il avala aussitôt puis attrapa l'arbalète attachée à son dos. Quand je fus relevé et face à lui, il était déjà en train de la charger malgré son bras cassé, un pied maintenant droite l’arme enfoncée dans le sable tandis qu’il actionnait le mécanisme de son bras valide. Il la pointa alors sur moi, comme pour me bloquer le passage, et entama un "Arrête toi, pas un pas de pl...", mais j'étais déjà en train de me ruer vers lui quand il ajusta maladroitement l’arbalète du seul bras qui lui restait.

Le trait fusa mais, imprécis, il arriva sur les écailles de mon cou avec un angle qui le fit ricocher et se perdre dans la nature. L’instant d’après, l’homme était cloué au sol sous l’une de mes pattes, essayant vainement de se dégager. Quand il essaya d’attraper sa dague avec son bras valide, je le lui brisai d’une torsion. Alors il arrêta de s’agiter, et se mit à plaider sa défense.


« C’est pas moi qui avait l’intention d’attaquer votre maîtresse, c’est Bill, vous l’avez entendu !
- Vous étiez deux, et ce n’est pas ce que je veux savoir, alors ferme-la. Tu n’as pas des aptitudes de combat normales pour un bête voleur de chevaux. Vous avez quelque chose à cacher toi et ton Bill, et comme ses poumons troués auront du mal à me révéler quelque chose, ce sera toi. Pourquoi as tu voulu me bloquer le passage ?
- Mais euh… C’est juste l’instinct de survie vous savez, je me fais attaquer alors je me défends comme je peux…
- Te fous pas de ma gueule, c’est ce que j’ai cru au début, mais les humains sont habituellement des lopettes : quand ils ont peur, ils restent prostrés sur place à s’égosiller, ils ne se mettent pas à armer une arbalète juste après un vol plané. Et ils chialent pour moins qu’un bras cassé. Toi tu en as deux, tu es à moitié écrasé et tu me tiens la conversation comme si tu prenais le thé.
- Mais c’est que…
- Laisse tomber tes explications foireuses. Peut être que tu combats bien, mais ça devait être ton pote qui s’occupait des conversations. M’est avis que tu as quelque chose à cacher ici… De l’or ou quelque chose qui peut en rapporter. Je connais les humains même si je ne les ai jamais compris, ils feraient passer l’argent avant leur propre vie. Qu'y a-t-il dans votre campement ? »

Son silence fit office de réponse pour moi. Si ce n’était pas de l’or c’était autre chose d’important.

« Viens, on va aller voir Edvah, je suis sûr que ce que tu as à dire l’intéressera. »

Ne lui laissant de toute façon pas le choix, je l’attrapai dans ma gueule et, résistant à la tentation de mordre dedans, je maintins une pression juste suffisante pour le dissuader de tenter une action débile. Enfin s’il ne sentait pas la douleur c’était peut être inutile, mais je soupçonnai plutôt une drogue endormant la douleur qu’il aurait absorbé pendant que je me relevais. Une fois que cette dernière n’aurait plus d’effet, notre homme serait peut être plus loquace.

Après avoir vérifié que son comparse était bien mort, je traînai leurs possessions derrière moi à l’aide de ma queue et me dirigeai vers l’oasis, laissant les Zuhu et les Sanzas profiter de mon repas annulé. Je devais avoir encore fière allure comme ça, mais je n’avais pas vraiment d’autre moyen de trimballer leurs affaires. Après une dizaine de minutes, nous fûmes de retour à l’oasis, et je crachai l’homme qui alla de nouveau s’écraser dans le sable sur son bras cassé, avant de l’immobiliser de nouveau, ce qui lui fit lâcher un gémissement de douleur. Bien, il semblait que ses nerfs commençaient à signaler à son cerveau que son corps avait morflé, peut être qu’il ferait maintenant preuve de moins de bravache.


« De retour, Edvah. Je te ramène notre voleur, je crois qu’il a des choses intéressantes à t’avouer. »

Je lui résumai ensuite rapidement la situation et attendis sa réaction. J’espérai qu’elle l’attache rapidement avec sa fameuse corde, car j’étais moi pressé de prendre un bon bain pour me débarrasser du sang et des grains de sable coincés entre mes écailles.
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Edvah

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MessagePosté le: Jeu 14 Juil - 15:57 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Fouillant dans son sac, Edvah essaya d’y retrouver le briquet. Elle avait ramassé de grandes ramures de palmiers pour allumer le feu ainsi que des branches mortes. Elle les avait mit en tas près de l’eau et souhaitait les allumer. Grâce à ça elle ferait sécher ses vêtements qu’elle avait tenté de laver sans succès, en plus de l’utilisation banal réchauffage/sécurité/lumière. Edvah mit enfin la main dessus et partit allumer son feu. Les feuilles de palmiers prenaient bien et très rapidement, donnant une grande flambée en quelques secondes.
Soudain, le bruit sourd des pas d’Ushiran se fit entendre, puis les légers tremblements qu’ils causaient se firent ressentir au sol. Sans se retourner, face au feu où elle essayait d’observer ses blessures, elle lui jeta ses salutations sur un ton désintéressé.

"- Bon, tu faisais quoi gros lézard ?
- De retour, Edvah. Je te ramène notre voleur, je crois qu’il a des choses intéressantes à t’avouer.
- Quoi ?"


Se retournant elle vit qu’effectivement Ushiran lâchait quelque chose qu’il tenait dans la gueule : Un des deux hommes. Elle s’approcha du voleur, rapidement immobilisé par l’imposante patte de l’invocation. C’était le petit réticent, assez mignon si Edvah omettait le sable qui recouvrait son visage et l’angle assez inhabituel que formaient ses bras. Il semblait en souffrir de façon assez raisonnable, et cela étonna la jeune femme. Ushiran avait du lui faire subir un mauvais quart d’heure.

" Ushi, baisse la tête que je prenne la corde… Tu m’as ramené un cadeau en plus ? T’es trop mignon !"

Edvah laissa entendre un petit rire mauvais. Elle débarrassa ensuite le dragon de son harnais inefficace avant de ramasser l’arbalète et les deux besaces qu’il avait tiré jusqu’à l’oasis pour les mettre avec le reste de leurs affaires. Ensuite, sa dague à la main, elle saisit l’homme par le col de son habit et le traina jusqu’à un énorme palmier, à côté du feu. Elle l’attacha avec précaution après l’avoir fouillé, serrant la corde autant qu’elle le put. Il ne pourrait de toute façon pas s’échapper sans arme, sans bras et sans aide. Puis Edvah prit les possessions de l’homme, de son défunt compagnon, ainsi que ce qu’elle avait trouvé sur lui, les étala devant elle pour voir ce qu’elle pourrait en tirer et commença à parler d’un air détaché.

"- Déjà je suis très déçut que vous ayez souhaiter me rouler… C’est dégueulasse, je vous prenais pour des gentlemen mais vous n’êtes qu’un ramassis de merde… Les hommes sont pas capable de s’autogérer de toute façon. Vous êtes tous des gamins sans cervelle. Rien qu’aujourd’hui, j’ai tué un, deux, bientôt trois gars parce que vous êtes des imbéciles. Et c’est pas mon record.
- C’était l’idée de Bill… Je ne voulais même pas de votre dragon."


Dans ce qu’elle avait trouvé dans ses poches il y avait une petite bourse en cuir contenant deux gélules grises, un pauvre tsuris solitaire et une dague de bonne qualité.

"- C’est quoi ça ?
- Des gélules anesthésiante.
- Je savais même pas que ça existait… Je te les empreinte, Ushi a raison sur ce point, la douleur fait parler.
- J’ai pas répondu à vos questions ?
- Tu as mal ?
- … Ouais…
- C’est bien ce que j’ai dit… Et tu protégeais quoi avec tant d’ardeur ?
- Je ne protégeais rien. Ce dragon c’est fait toute une histoire !
- Mais t’as pas assez mal visiblement."


Edvah leva les yeux au ciel. Elle fourra les gélules et la dague dans son sac, le tsuris dans sa bourse. Elle but une gorgée à sa gourde puis entreprit de fouiller les deux autres sacs. Deux couvertures légères, des rations, des couverts en bois, des vêtements de rechange, une carte de la région annotée, une boussole brisée, un crayon et un trousseau de petites clés.

"- Et bah, vous en aviez des trésors… C’est quoi ces clés ?
- Les clés de chez moi.
- Menteur ! Et la carte ?
- Juste des notes sur les régions.
- Double menteurs ! Ushiran, pendant que j’y pense, tu pourras manger un cheval si tu veux, on en aura pas besoin de trois… Prend peut-être le moins vigoureux… Et j’aurais besoin de toi pour lire sa carte, y veut pas me la lire !"


Edvah se leva, s’épousseta et entreprit de ranger tout ce qu’elle avait trouvé. Elle jeta une des couvertures et la boussole dans le feu, sortit deux rations et les couverts des voleurs. Le trousseau de clé pendait maintenant à sa ceinture et elle avait posée la carte bien à plat dans le sable, tenue par des branches pour le dragon. Elle s’approcha de celui-ci et lui chuchota quelques mots à l’oreille.

" Je vais me faire à manger parce que je crève la dalle, on va le laisser réfléchir un peu sur ses bras et ce qu’il cache. Toi occupe-toi de la carte. Après je m’occupe de ma jambe et on le cuisinera un peu. Si il est gentil, je lui ferais une attelle, sinon on lui casse un genou… T’en penses quoi ?"

Puis Edvah partit prendre de l’eau dans les bols pour préparer les rations. Elle savait d’expérience qu’une seule ne lui suffirait pas, et puis en le narguant avec son eau et sa nourriture, il finirait bien par craquer… Il lui fallut au total une trentaine de minute pour se faire à manger et finir les deux bols, les laver et tout ranger. Puis elle déchira avec regret sa chemise sale pour s’en faire des bandages propres. Ensuite elle alla couper quelques branches d’arbre bien feuillue pour les distribuer aux chevaux. La nuit était tombée quand elle revint voir Ushiran, la couverture sur le dos. Leur prisonnier agonisait plus ou moins en silence, grelottant dans la nuit fraiche. Elle, commençait à fatiguer, les paupières lourdes et avec seul envie d’aller dormir. Elle contait plutôt s’occuper du prisonnier après une bonne nuit de sommeil.

" Alors ? Ca donne quoi ?"
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MessagePosté le: Ven 15 Juil - 13:34 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

À mon retour, Edvah avait déjà allumé un feu qui crépitait joyeusement, diffusant une petite aura de lumière et de chaleur pour combattre le froid et l’obscurité de la nuit qui tombait. Sa réplique quand elle vit le cadeau que je lui ramenais me fit sourire, et je lui retorquai, alors que je me baissais pour qu’elle récupère sa corde :

« Oui, un joli jouet qui parle. Prends en grand soin, j’ai eu du mal à le garder dans un état presque comme neuf jusqu’ici. Je te laisse faire joujou avec, je vais me débarrasser de tout le sang que son copain m’a mit dessus. Je trouve qu’il aurait pu faire un peu attention quand même mais bon… Ne l’abîme pas trop, on en aura probablement besoin demain. »

Suite à quoi, une fois que la pirate m’eut déchargé du voleur et de tout le bazar qu’il trimbalait, je m’élançai dans l’eau, arrosant abondamment notre homme qui se trouvait à proximité et envoyant quelques gouttes grésiller dans le feu. Heureusement, mon Invoqueuse et ses affaires ne furent pas arrosées, car cette dernière venant de changer, elle m’en aurait sûrement encore voulu pour rien.

Elle ne fit à vrai dire même pas attention à moi, trop occupée à fouiller dans les affaires de notre nouvel ami, espérant probablement trouver quelques unes de ces piécettes qu’elle vénérait. Malheureusement pour elle, il n’en avait qu’une et il ne se montra guère coopératif pour l’aider à dénicher les autres quand elle chercha à le cuisiner.

Quand je sortis enfin propre de l’eau en m’ébrouant, éclaboussant les alentours, Edvah s’adressa à moi, me proposant de manger un des chevaux.


« Je te remercie pour le cheval, mais notre ami en aura besoin demain, ou on va se traîner. Je suis sûr qu’il a plein de jolis endroits à nous montrer.
- Dans tes rêves, dragon. »

Je m’approchai alors vers lui, m’appuyant volontairement sur l’un de ses bras cassés, qui émit un nouveau craquement tandis que l’homme laissait échapper un gémissement plus fort que tout à l’heure. Apparemment l’effet de ses fameuses gélules commençait à se dissiper.

« Allons, tu n’es pas très gentil avec nous… On t’offre le gîte pour la nuit, avec même une jolie couverture en chanvre et un palmier rien que pour toi, et voilà comment tu nous remercies. Si je n’étais pas plus sympathique, je te montrerais comment on traite les ingrats. »

Le voleur ne répondit pas, trop occupé à garder la bouche fermée pour ne pas laisser échapper un cri de douleur, cependant la pâleur de son visage indiquait qu’il ne tiendrait pas fort longtemps. Je me reculai finalement quand mon Invoqueuse s’approcha de moi, libérant le bras meurtri de l’homme, ce qui lui fit lâcher un soupire de soulagement. Edvah m’annonça qu’elle allait se faire à manger et me demanda de s’occuper de la carte qu’elle avait dépliée, tout en me proposant de cuisiner notre voleur à son retour. J’acquiesçai d’un hochement de tête, lui signalant cependant que si on lui cassait un genou ça allait être gênant car il allait encore plus se traîner le lendemain, mais que les nerfs de ses bras sauraient bien lui faire comprendre où étaient ses intérêts. Puis je me détournai de l’homme pour m’intéresser à son bout de papier.

C’était une carte de bonne qualité, représentant ce qui devait être l’île – apparemment nommée Arcane - sur laquelle nous nous trouvions, et elle m’intéressait donc au plus haut point, bien plus que les diverses croix qui faisaient saliver mon Invoqueuse. Je pris donc le temps de d’abord l’observer dans son ensemble. Au vu de l’échelle, le monde connu de dépassait pas les trente mille kilomètres carrés. Il y avait cependant mention d’une autre île mystérieuse au sud. Peut être existait-il des continents encore non découverts ? Je vis ensuite que vu les noms qu’avaient donné les humains aux différents lieux, on retrouvait la plupart des paysages de l’ancien monde sur ce territoire réduit : du désert dans lequel on se retrouvait à la "Plaine Glacée" au nord est, en passant par des zones tempérées et d’autres tropicales.

Je m’intéressai ensuite au chemin que nous allions prendre, qu’Edvah m’avait décrit plus tôt dans la journée, et observai la ville de Lüh mentionnée sur la carte, qui, ayant une position centrale et une taille relativement grande, semblait être leur capitale. Je notai aussi la position des différents temples et mémorisai mentalement la carte, avant de m’intéresser finalement à la zone dans laquelle nous nous trouvions, le "Désert Ambré".

Il y avait des cercles dessinés sur la carte, certains barrés d’une croix, d’autre non, et tous présentaient des annotations sur le côté, tel que : « Caravane disparue sur la route de Lüh aux Landes du Nord, avec une cargaison de pierres précieuses : retrouvée et nettoyée » à côté d’un rond barré, ou bien « Groupe d’aventuriers déclarés morts sur le territoire de deux Maskurs par leurs compagnons survivants. Possédaient un équipement de belle facture et beaucoup d’or, mais trop dangereux pour le moment. » à côté d’un cercle vierge. Après avoir noté les diverses informations annotées, je m’adressai à notre voleur :


« Les cercles barrés représentent les trésors que vous avez trouvé, et les autres ceux que vous n’avaient pas eu le courage d’aller chercher, je me trompe ?
- Euh… Oui ! Euh… Non ! » fit-il en voyant ma mine contrariée à son acquiescement. « Enfin… En fait ce ne sont que des rumeurs sans fondement, on y a cru et on a été voir, mais c’était que des bêtises d’ivrogne, je vous jure !
- Ma parole, tu nous prends vraiment pour des abrutis ? D’abord tu nous mens sur ta carte que l’on peut lire juste à côté, et ensuite tu t’entêtes alors qu’on vient de l’étudier devant tes yeux… »

Je laissai un lourd silence peser sur lui, l’entendant dire, visiblement assez bas à ses yeux pour que je ne puisse pas le comprendre, qu’il ne pouvait pas deviner qu’un gros lézard savait lire, avant de détourner mon attention vers son bras droit, qui pendait en piteux état à côté de lui, et dont la douleur semblait commencer à se réveiller.

« Oh, mais désolé, je vois que tu souffres ! C’est ton bras qui semble te donner tant de misères… Attends je vais te prouver que j’ai bon cœur, je vais te soigner. Mon diagnostic indique qu’il faut amputer, mais ne t’inquiète pas, je ferais vite. »

Je fis mine de m’approcher vers lui avec un sourire carnassier, laissant apparaître quelques crocs, avant qu’il ne s’exclame :

« Non ! Laissez-moi tranquille ! Je ne fais que protéger ce que j’ai durement acquis à la sueur de mon front et celle de mon ami que vous avez impitoyablement tué. »

Il se tourna ensuite vers la pirate, qui ayant fini son repas, venait s’enquérir de la situation après s’être enroulée dans une couverture pour se protéger du froid qui s’infiltrait peu à peu, glaçant notre voleur qui était trempé en plus d’être blessé.

« Dame Edvah, je vous en prie, rappelez votre bête, par empathie pour un autre être humain… Comprenez que vous auriez fait la même chose à ma place ! Je promets de vous apporter un peu d’aide et de vous donner une part de ce que je possède ! »

Je repris alors la parole d’un ton méprisant.

« Parce que ces "rumeurs", tu les as obtenu en sauvant la veuve et l’orphelin bien sûr ? En signe de gratitude des survivants du groupe d’aventuriers et de la caravane pour leur avoir adressé la parole ? M’est plutôt avis qu’ils ont subi le même sort que celui que vous réserviez à Edvah, histoire de ne pas avoir de concurrence. Tu as joué, tu as perdu, alors n’essaie pas de garder ta mise. Ton or vaut-il vraiment plus que ta vie ? »

Je me tournai ensuite vers mon Invoqueuse pour lui expliquer la situation :

« Ce sont des chasseurs de trésor, la carte indique les lieux qu’ils ont déjà fouillé et ceux qui sont censés recéler des richesses et objets intéressants. Ils ont probablement un camp qui doit se trouver près du lieu où j’ai tué son copain, c'est-à-dire au milieu des cercles dessinés sur la carte. C’était ce qu’il devait chercher à protéger tout à l’heure, et les clés doivent être celles qui ouvrent leurs caches à trésors. Mais on perdra du temps à chercher à l’aveugle, et la position du camp est dans le cerveau de ce débile, alors autant lui tirer les vers du nez. Je te laisse faire à ta façon puisque visiblement il n’aime pas mes bons soins, mais si tu as besoin d’aide n’hésite pas, il semble que sa fameuse gélule ne fasse plus beaucoup effet. »

En effet notre homme semblait avoir du mal à se retenir de gémir, bien que je n’appliquais aucune pression à ses membres endoloris. Il pourrait donc avec un petit peu d’aide se rattraper pour tous les signaux de douleur que la drogue avait empêché d’atteindre son cerveau. À ce propos il faudrait la bâillonner pendant la nuit ou il nous empêcherait de dormir tranquillement.

Avisant un tas de feuilles de palmier, je partis m’installer dessus, testant rapidement le confort de celles-ci en patouillant le sol tel un chat, avant de me rouler en boule et de poser ma tête sur l’une de mes pattes en direction d’Edvah, afin d’observer ce qu’elle allait faire maintenant que je lui avais laissé implicitement le rôle du "gentil flic" et m’apprêtant à lui apporter mon soutien en cas de besoin.
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MessagePosté le: Ven 15 Juil - 18:00 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Pendant son repas, Edvah observa l’interrogatoire d’Ushiran d’un air distrait. Il lui avait dit de ne pas l’abimer mais il lui avait recassé le bras… Quel gros balourd ce dragon alors… Il lui offrait un jeune homme tout à fait charmant et il ne pouvait pas s’empêcher de le casser ! Un demi sourire anima son visage avant qu’elle ne se reconcentre sur son repas, avalant l’espèce de pate tiède qu’elle avait préparé. Pourtant le mot « trésors » l’obligea à se dépêcher.
Quand elle revint vers Ushiran et le prisonnier, celui-ci le héla par désespoir, levant des yeux suppliant vers elle. Il semblait souffrir et le dragon prenait un malin plaisir à lui faire peur… Et il avait bien raison ! Pitié ou pas, ce bougre avait des trésors et Edvah n’était qu’une humaine : Elle les voulait !

"- Dame Edvah, je vous en prie, rappelez votre bête, par empathie pour un autre être humain… Comprenez que vous auriez fait la même chose à ma place ! Je promets de vous apporter un peu d’aide et de vous donner une part de ce que je possède !
- Parce que ces "rumeurs", tu les as obtenu en sauvant la veuve et l’orphelin bien sûr ? En signe de gratitude des survivants du groupe d’aventuriers et de la caravane pour leur avoir adressé la parole ? M’est plutôt avis qu’ils ont subi le même sort que celui que vous réserviez à Edvah, histoire de ne pas avoir de concurrence. Tu as joué, tu as perdu, alors n’essaie pas de garder ta mise. Ton or vaut-il vraiment plus que ta vie ?"


Edvah réfléchie alors, une main sur sa hanche. Elle n’aurait pas fait la même chose à la place de ce brigand… Les dragons ne brillaient pas, et même s’ils rapportaient de l’or, elle ne l’aurait pas échangé contre un cheval. Le coup qu’elle avait fait aux brigands sentait l’arnaque a plein nez… Un dragon n’était pas une créature que l’on marchandait sans réfléchir ! Mais par contre elle voulait bien une part de son trésor. Elle se doutait que des antiquités ne seraient pas très intéressantes pour elle, mais il y avait forcément de l’or et des pierres précieuses !
Mais Ushiran fut plus rapide qu’elle. Et visiblement il avait des choses à lui expliquer car elle ne parvint pas à faire un lien avec tout ce qu’il racontait. Et effectivement, il lui expliqua ce qu’il avait tiré de la carte et du voleur.

"Ce sont des chasseurs de trésor, la carte indique les lieux qu’ils ont déjà fouillé et ceux qui sont censés recéler des richesses et objets intéressants. Ils ont probablement un camp qui doit se trouver près du lieu où j’ai tué son copain, c'est-à-dire au milieu des cercles dessinés sur la carte. C’était ce qu’il devait chercher à protéger tout à l’heure, et les clés doivent être celles qui ouvrent leurs caches à trésors. Mais on perdra du temps à chercher à l’aveugle, et la position du camp est dans le cerveau de ce débile, alors autant lui tirer les vers du nez. Je te laisse faire à ta façon puisque visiblement il n’aime pas mes bons soins, mais si tu as besoin d’aide n’hésite pas, il semble que sa fameuse gélule ne fasse plus beaucoup effet.
- Au final, c’est toi qui l’as abîmé Ushi… Mauvais garçon !"


Voyant qu’il allait se coucher, elle lui fit un signe de la main en lui souriant, cherchant une méthode pour extraire quelques informations à ce jeune homme. Si la force ne marchait pas, il restait la douceur… Et s’il était évident qu’Ushiran avait prit la place d’une force plutôt brute, Edvah pouvait se plier à un comportement plus doux et féminin. De toute façon, il y avait un trésor à la clé.
Sans un mot elle détailla son prisonnier, Ushiran, puis partit entre les arbres après avoir attrapé son épée. Son visage était fermé, concentré. On put entendre des bruits de branches arrachées, d’épée sur un matériau dur, d’Edvah mettant de la force à l’ouvrage… Puis elle revint avec un tas de petites branches régulières et d’une trentaine de centimètre de long, coupée à la va-vite. Elle planta son épée dans le sable près de ses affaires, attrapa les vêtements de rechange qu’elle avait trouvé dans le sac des voleurs et entreprit de détacher le prisonnier, la surprise le clouant au sol. Coupant la corde à moitié avec sa dague elle la luit enroula bien serrée autour des jambes pour qu’il ne puisse pas partir. Puis elle entreprit de séparer les différentes nattes qui constituait l’autre moitié de corde, cherchant à obtenir un fil moins gros, d’un centimètre de diamètre tout juste. Il lui fallut encore 10min pendant lesquelles sont patient en oublia presque sa douleur, ne poussant que quelques gémissement de temps en temps. Enfin, quand elle eut soigneusement étalée ses branches, ses ficelles et les habits face à elle, elle se tourna vers le jeune homme, l’air aussi doux qu’elle le pouvait.

"- Un ami ma apprit à faire une attelle… Je peux te dire qu’elle tiendra le temps que tu retournes en ville. Je pourrais pas te remettre les os en place, mais ça évitera que ton bras se pli dans tous les sens… Ca marche ?
- Heu… Oui. Mais je ne comprends pas. Je pensais que vous alliez me tuer… Ou me torturer.
- Franchement… Je suis pas un monstre ! Comment tu t’appelles ?
- Yann.
- Ok, Yann. Ca risque de faire un peu mal mais bon, ça j’y peux rien.
- Et les gélul…"


Sa voix s’étrangla quand Edvah se saisit de son bras pour voir ce qu’elle pouvait bien faire. Les yeux du blessé se mirent à luire, pleins de larmes brillantes à la flamme dansante du feu de camp. La jeune femme déchira la chemise qu’elle avait devant elle, en enroulant une moitié autour du bras de son patient, puis avec une dextérité de débutante, elle fabriqua une attelle artisanale, maintenant le bras grâce aux branches, et maintenant les branches grâce à la ficelle. Puis elle s’attaqua au second membre brisé de son prisonnier. Un seul os étant fracturé, la manipulation fut moins hasardeuse. Quand elle eut terminé, satisfaite de son travail assez propre pour voir son manque d’entrainement, elle s’assit en tailleur à côté du pauvre jeune homme en pleurs. Il semblait souffrir assez pour pousser de petits cris de douleurs, cherchant à retenir ses larmes.

"- Chuut, c’est bon, c’est finit. Si tu me dis où se trouve ton camps, je veux bien être gentille.
- Je… Je sais plus…
- Je ne laisserais plus Ushiran s’occuper de toi.
- Y… Y a rien… Au camp !
- Mauvaise rép…
- Non ! Par là… Un pic… Rocheux… Tout petit… On est dedans ! Une grotte.
- C’est bien !"


Edvah déposa un baiser sur sa joue salée par les larmes et le sable et posa avec précaution sa tête sur son épaule. Il était glacé, mais ses réponses n’avaient pas encore été assez satisfaisante pour qu’elle lui laisse un peu de sa couverture.

"- Demain, tu nous y emmène ?
- … Oui.
- Tu nous fais pas de coup foireux.
- … Non.
- Bon, je pense que ça suffira pour aujourd’hui. Ushiran, ça te convient ?"


Attendant la réponse du dragon, elle se leva, prit sa gourde pour en donner au prisonnier et lui jeta une espèce de veste chaude qui se trouvait dans les vêtements des deux hommes. Elle le bâillonnât avec un dernier morceau de chemise. Puis elle allait sans doute se blottir contre son invocation après s’être assuré que le chasseur de trésor ne pouvait pas se libérer ou faire quoi que ce soit contre eux.
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MessagePosté le: Jeu 21 Juil - 10:37 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Il y eut un moment de silence pendant lequel nous nous observâmes tous les trois sans un mot, puis finalement Edvah brisa ce dernier en allant récupérer son épée, ce qui fit s’élargir de peur les yeux de notre prisonnier. Ce n’était pas tout à fait ce que j’imaginais mais bon, si elle voulait continuer la manière forte, c’était son choix. Elle ne fit cependant rien de tel et s’enfonça dans la végétation qui nous entourait, pour se mettre à débiter des branches. Voilà qu’elle devenait bûcheronne maintenant... Il fallait laisser cette tâche à notre voleur... Quoique, vu l’état de ses bras, il aurait eu du mal.

Elle revint finalement assez rapidement et se mit à détacher le prisonnier. Intrigué, je la laissai cependant faire, elle semblait savoir ce qu’elle faisait, et s’il voulait fuir ou attaquer mon Invoqueuse, le voleur n’irait pas bien loin... Il ne fit de toute façon rien de tel et observa silencieusement Edvah qui était en train de réduire notre corde en petits bouts de ficelle. Au bout d’une dizaine de minutes de silence que seul les gémissements de notre prisonnier troublèrent, la pirate lui expliqua finalement qu’elle allait lui faire une attelle. C'était une bonne chose, elle avait parfaitement compris la situation et continuait à cuisiner l’humain comme je le souhaitais. Il serait intéressant de savoir si les humains étaient toujours aussi facilement influençables. À moins qu’elle ne fasse vraiment preuve de bonté ? J’espérais pour elle que non car il n’allait bientôt plus avoir grand chose à tirer de celui qui disait s’appeler Yann.

Pour l’instant ce dernier se contentait de souffrir en silence pendant qu’Edvah coinçait la dizaine de morceaux de son bras entre quelques bouts de bois solidement accrochés. Heureusement pour lui, sa gélule devait encore faire un petit peu effet, ce qui l’empêcha de s’évanouir de douleur. Il ne put par contre retenir efficacement ses cris et ses larmes, et quand il me regarda, je lui fis un sourire narquois, m’enfonçant dans le rôle du méchant flic. Je ne sus cependant pas s’il l’avait remarqué ou pas, sa vision étant brouillée par la douleur et les larmes.

Une fois son travail de premier secours terminé, Edvah troqua son rôle de médecin pour celui d’inquisitrice, et se mit à cuisiner notre voleur pour connaître l’emplacement de son camp, remplaçant mes coups et mes moqueries par des mots doux et des menaces dont elle rappelait l’existence en prétendant chercher à les éviter. C’était parfait, et le pauvre Yann, déjà fragilisé par son précédent interrogatoire un peu musclé, ne se rendit pas compte qu’il se faisait mener en bateau. Il était déjà presque brisé psychologiquement et chercha à peine à défendre son secret avant de tout balancer à la pirate.

Cette dernière sembla finalement satisfaite quand le prisonnier accepta de nous montrer le chemin, et elle me demanda mon avis avant de se lever pour donner de l’eau et une sorte de couverture à Yann, dont les yeux brillaient de gratitude. Effectivement, les humains étaient toujours aussi influençables, et notre pauvre voleur semblait en plein syndrome de Stockholm. Il fallait cependant que je garde le rôle du "méchant", pour qu’une menace continue à planer sur sa tête, menace dont seule la présence d’Edvah le sauverait à ses yeux. Je le jaugeai donc d’un regard dédaigneux, avant de jeter d’une voix cruelle :


" Mouais... Ça ira pour aujourd’hui, pour demain, on verra... S’il essaye de nous doubler, je lui fais avaler les jolies attelles que tu lui as faites avec ce qu’il reste de ses bras."


Suite à quoi, Edvah vint me rejoindre sur mon tapis de feuilles de palmier pour dormir. Une fois qu’elle fut installée, je m’enroulai contre elle pour la faire bénéficier de ma chaleur et du rempart qu’offrait mon corps contre les prédateurs, et m’apprêtai à me plonger dans un agréable sommeil.

Le reste de la nuit fut court et frisquet, et au petit matin, tandis que la lumière commençait à filtrer à travers l’intense végétation qui nous entourait, une rosée glaciale recouvrait l’oasis, faisant grelotter notre prisonnier dont la veste ne suffisait visiblement pas à faire rempart contre le froid mordant. Voyant qu’il était réveillé, je lui jetai de nouveau un sourire dédaigneux, tandis qu’Edvah commençait à émerger.

De bonne humeur, je me levai avec précaution pour éviter de trop secouer mon Invoqueuse et me dirigeai vers un arbre mort, que j’arrachai pour le ramener à côté des restes du feu, fournissant une belle provision de bois mort. Il était maintenant temps de voir si j’avais retrouvé une partie même infime de mes pouvoirs. Je fis barrière de mon corps pour cacher ce que je faisais des regards des deux humains, avant de me concentrer pour évoquer l’énergie du Feu qui m’entourait. J’entrepris alors de la concentrer en moi pour finalement la libérer sur ma cible : le petit tas de bois destiné à brûler pour chauffer les deux humains.

Auparavant, en me concentrant ainsi, j’aurais pu carboniser une forêt entière, pourtant je pus relâcher là un jet de flammes tout juste digne d’un bébé dragon. Dépité, je retins un soupir : c’était toujours mieux que le rien dont j’étais capable seulement un jour auparavant, je pouvais espérer retrouver mon affinité avec le Feu au fur et à mesure que le temps passerait. Ou du moins une partie de celle-ci...

En attendant, le tas de bois flambait et léchait goulûment l’arbre que j’avais déposé à côté. Souhaitant éviter de mettre le feu à l’oasis, j’éloignai le tronc d’un coup de patte, et attendis en observant les flammes que mon Invoqueuse finisse de se réveiller pour préparer la bouillie infâme dont elle semblait se nourrir. D'ailleurs, en parlant de nourrir, je me serais bien fait notre prisonnier à la broche moi... Me tournant vers lui, je le regardai avec appétit avant de finalement me détourner, non sans lui lâcher un autre petit sourire dédaigneux : on avait encore besoin de lui... pour l’instant.

J’espérais qu’il y aurait des choses intéressantes dans leur fameux camp, ou le reste de la journée s’avérerait ennuyeux : on attacherait notre voleur à un cheval, il nous indiquerait le chemin de son camp – du moins il avait intérêt à le faire –, il geindrait tout le long du chemin, on chargerait un des chevaux d’or et de babioles avant de régler son compte au dénommé Yann, pour finalement partir pour la suite de notre voyage. Enfin c’était du moins ma vision des choses. On pouvait d’ailleurs y ajouter une flopée de questions que je ne manquerais pas de trouver à poser à Edvah – du moins une fois que l’intrus ne serait plus là – et le fait que le trajet passe par le temple de la Terre. Voilà qui s’avérait plus intéressant. Je me demandai si Tarec’Mah aurait beaucoup changé après son séjour en prison...

Finalement remotivé, je me tournai vers mon Invoqueuse avec une mine réjouie, attendant qu’elle soit prête à partir. J’avais encore des tonnes de choses à découvrir, et c'était fou ce que les humains pouvaient être longs quand il s’agissait de dormir...


Dernière édition par Ushiran le Mer 3 Aoû - 13:25 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 26 Juil - 19:48 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Edvah s’endormit assez rapidement, enroulée dans sa couverture sur le tapis de feuilles de palmier. La chaleur d’Ushiran l’empêcha de ressentir le froid d’une nuit dans le désert et c’est sans doute la disparition soudaine de l’imposante masse écailleuse qui la réveilla le lendemain. Le vent chaud du Désert Ambré soufflait déjà et la journée s’annonçait aussi sèche que la veille.
Les paupières lourdes, Edvah chercha la forme sombre de son invocation dans le paysage vert et jaune. Elle le trouva au niveau du feu de camp, sans doute cherchait-il à le rallumer, en profitant pour taquinant leur prisonnier. La jeune femme se réveilla donc en soupirant, assise au milieu du tapis de feuilles, les cheveux en bataille et couverte de sable. Elle émergea assez rapidement et entreprit de détacher ses cheveux et de les brosser des doigts, puis de s'épousseter. Les révélations de Yann venaient grâce à ses beaux yeux et elle devait paraître une personne de confiance jusqu’au bout.
Il lui fallut une bonne demie-heure pour faire toutes les petites choses qui constituaient un réveil dans le Désert : Edvah rangea sa couverture, ses affaires en générale, but à l’oasis, nettoya ses plaies, se fit un brin de toilette, prépara plusieurs rations de nourriture et mangea. Puis elle s’approcha du prisonnier. Le soleil du désert commençait seulement à le réchauffer, et à voir son état pitoyable il semblait avoir souffert toute la nuit, que ce soit du froid ou de ses bras. Avec délicatesse elle défit son bâillon et avec une attention presque maternelle elle lui donna à boire, puis à manger. Ensuite elle se servit du bout de tissus qui lui avait servit à bailloner l'homme, le mouilla dans l'oasis et épongea le visage du prisonnier.
Une fois fait elle détacha Yann et lui enleva la veste. Elle rangea sa corde et déchira l'habit pour confectionner deux écharpes au jeune homme. Puis elle l'aida à se lever.

"- Bon, je vais mettre un peu d'ordre et on va partir, ok ?
- Heu, oui... Vous compter aller où ?"


Se tournant vers Ushiran elle fit une grimace dégoutée, ennuyée, et en rangeant ses affaires elle lui chuchota quelques mots.

" Surveille-le, je le sens chaud à faire des conneries... C'est fou ce que l'appât du gain peu faire faire... J'ai l'air ridicule !"

Edvah lui offrit un clin d'oeil puis il lui fallut une dizaine de minute pour nettoyer toute l'oasis de leur présence, jeter de l'eau sur le feu, remplir trois gourdes d'eau, remettre son tricorne, charger le sac sur un des chevaux... Ensuite elle fit approcher l'homme d'une des montures, plongeant ses yeux d'ambres en fusion dans ceux ternes de son prisonnier.

" Je monterais avec toi, j'espère que tu tiendras sans tes bras. Ushiran tu es prêt ? Je vais avoir besoin d'aide pour charger Yann sur le cheval."

Ensuite le mystère pesant sur les clés, la carte et le campement du chasseur de trésors allait se soulever comme un rideau de soie... De l'or, c'était tout ce qu'Edvah voyait au milieu du Désert Ambré, et elle croisait les doigts pour ne pas trouver qu'un tas de babioles sans valeurs dans cette grotte.

[Comme d'hab, dis moi si ça ne va pas... Je suis 100 fois moins convaincue que d'habitude ^^"]
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MessagePosté le: Mer 27 Juil - 15:01 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Enfin, mon Invoqueuse se décida à se lever avec une infinie lenteur alors que je brûlais de repartir d’ici pour voir autre chose que cette oasis qui commençait à devenir ennuyeuse… Elle prit cependant encore un temps fou à emballer toutes ses affaires, à se préparer et à manger alors que je trépignais d’impatience. Alors que j’hésitais à me passer les nerfs sur notre prisonnier, Edvah finit finalement ses petites affaires et me devança vers l’homme, pour lui rappeler ce qu’on attendait de lui. Cela semblait nécessaire d’ailleurs puisque la nuit et le froid semblaient avoir ravivé l’esprit bravache de cet imbécile. Dépitée, la pirate vint me demander de le surveiller et m’avoua que le voleur et le ridicule rôle qu’elle devait prendre commençaient à lui taper sur les nerfs. Amusé, je répondis :

« Ridicule ? C’est le mot, mais je pensais vraiment que tu comptais te ranger pour vivre aux côtés de cet homme plein de grandeur d’âme et destiné à un brillant avenir… Non ? »

Après tout, je trouvais qu’être destiné à finir en offrande pour un demi-dieu ne devait être un destin pas banal. Et puis pour un humain, c’était même presque bien.


« Bon je m’occupe de lui, mais il faudra encore que tu lui fasses les beaux yeux après, telle la protectrice qu’il voit en toi contre le vilain dragon que je suis. »

Suite à quoi mon Invoqueuse repartit vaquer à ses petites occupations typiquement humaines pendant encore un long moment – à croire qu’elle le faisait exprès pour tester ma patience – pour finalement amener le prisonnier vers l’un des chevaux qui les regardait placidement. Elle fit encore du charme avec le voleur et lui annonça qu’elle monterait avec lui, ce qui semblait réjouir l’homme, avant de me demander si j’étais prêt et si je pouvais l’aider à hisser Yann sur le cheval.

« Je vous attends depuis une heure donc oui je suis prêt… Et impatient de partir, donc ce boulet ne va nous faire perdre notre temps avec sa mauvaise volonté. »

Je me tournai vers l’intéressé en finissant ma phrase, que je gratifiai d’un sourire carnassier, et m’empressai d’attraper le col de sa veste entre mes dents avant qu’il n’essaie de se défiler, pour ensuite le traîner dans le sable vers sa monture, comme une mère avec son chaton… la délicatesse en moins. Finalement je le soulevai pour le lâcher en vrac sur le cheval. Il ne retomba pas uniquement parce que l’animal était docile et attaché, et surtout parce qu’Edvah dans son rôle de gentille dame, l’aida à se mettre dans une position plus confortable. Il ne put cependant s’empêcher de lâcher quelques gémissements de douleur. J’en profitai pour le prévenir d’une voix lourde de menaces, en le fixant dans les yeux :

« Ne t’avise pas d’essayer de nous doubler, ou je te jure que tu vas le regretter. J’ai des millénaires d’expérience avec ton espèce, je connais vos petites combines ainsi que vos limites physiques et mentales par cœur. Par ailleurs, j’ai l’éternité devant moi pour te le prouver si tu fais un pas de travers. Compris ? »

Le voleur blêmit et se contenta d’acquiescer, mais je pouvais voir dans ses yeux briller encore l’espoir de repartir avec le beurre et l’argent du beurre. Sa docilité faisait encore défaut. Je fis malgré tout semblant de le croire : si on le brusquait trop, il risquait de se bloquer complètement dans un état de catatonie qui ne nous aiderait pas beaucoup à trouver son camp. Je pouvais de toute façon deviner le plan qu’il imaginait, et il ne le mènerait pas bien loin.

Edvah rejoignit Yann sur sa monture après avoir attaché les autres chevaux au sien, et nous pûmes – enfin – quitter l’ombre de l’oasis pour offrir leur peau et mes écailles à la douce morsure du soleil. Le voleur faisait de grands sourires à mon Invoqueuse, tentant de mettre en avant toutes ses capacités de séduction, mais dans ses yeux on pouvait encore lire une froide lueur calculatrice. Peut être n’était-il pas insensible aux charmes de la pirate, mais l’appât du gain passait encore devant pour lui, et il comptait à coup sûr se servir de l’attirance qu’il croyait qu’Edvah avait pour lui pour servir sa cause.

Il nous donna vaguement la direction du nord, vers laquelle les deux hommes m’avaient amené la veille, et nous marchâmes pendant quelques dizaines de minutes sous le soleil brûlant dont je me délectais, avant que Yann ne se mettre à parler tout bas dans l’oreille de mon Invoqueuse, sous-estimant une fois de plus mes capacités auditives.


« Je ne vous ai pas parlé des trésors qu’il y avait dans mon camp… Mais nous avons découvert des choses superbes, de l’or à ne plus savoir qu’en faire, des pierres précieuses d’une qualité encore jamais vue, des armes aussi belles que mortelles, et surtout… des connaissances. Des connaissances qui permettront d’accumuler encore plus de richesses, et de puissance… »


Voyant ce qu’il prit pour de l’intérêt dans les yeux de la pirate, il continua son histoire :

« Vous vous demandez peut être comment nous avons obtenu ceci, pourquoi aussi je vous avoue tout cela, et surtout pourquoi je le dis en secret ? C’est très simple, tout est lié à l’Île Mystérieuse d’où vient votre créature… C’est pourquoi il nous intéressait tant Bill et moi… »

Le voleur s’arrêta un instant pour agrémenter son jeu d’acteur d’une larme qui coula sur sa joue, avant de continuer :

« Ah… Bill… C’était un si bon ami, et le dragon l’a tué si froidement, lui, un homme si bon… Nous avions monté ce projet à deux, et Bill me manquera… Mais je vois une personne de confiance en vous, digne de le remplacer… et même de le surpasser ! C’est pourquoi je vous confie ces secrets, je voudrais que vous preniez sa place à mes côtés, je sais que vous pourrez être bien plus que lui, et ensemble nous nous partagerons ces richesses et ce pouvoir ! »

Il fit une nouvelle pause avant de reprendre, sûr de l’intérêt qu’il pensait susciter chez mon Invoqueuse :

« Mais il y a un problème… Vous êtes trompée par quelqu’un en qui vous avez confiance. Nous avons eu l’occasion de connaître les créatures de l’Île, Bill et moi, et nous avons appris une chose : elles sont toutes aussi fourbes que viles et puissantes : pires que des démons. Je suis sûr que votre dragon connaît la nature du trésor, c’est pour ça qu’il a feint de venir sur l’île d’Arcane avec vous, c’est pour ça qu’il a tout fait pour gagner votre confiance et vous inciter à aller chercher ce trésor. Mais une fois que nous y serons, il nous tuera tous les deux pour récupérer les artefacts. Oui, je suis désolé de vous l’annoncer ainsi, mais je ne connais que trop bien l’espèce de ce dragon sur qui vous avez placé votre confiance : c’est le plus fourbe des démons, le noir de ses écailles et le rouge de ses yeux n’y trompent pas. Il n’attend qu’une chose : l’occasion de vous planter ses griffes dans le dos dès que cela lui sera profitable. »

Il marqua un silence dramatique avant de continuer sur le ton de la conspiration :

« Oui, il se croit plus malin que vous, mais on va lui prouver que c’est faux : il ne nous volera pas notre trésor… Il faut que nous nous débarrassions de lui avant qu’il ne se débarrasse de nous. Je sais qu’il vous obéira si vous lui donnez un ordre, il cherche à garder votre confiance, il a besoin de vous car il a vu que je vous appréciais… Il faut donc que vous l’éloigniez très loin d’ici, ou que nous le tuions pendant qu’il sera vulnérable, afin qu’il ne nuise plus jamais à personne… »


Une lueur de vengeance brillait dans les yeux du voleur, cependant cela ne l’empêcha pas de continuer :

« C’est une décision difficile, car je sais que ce fourbe a su abuser de votre confiance, mais il faut que nous la prenions pour éliminer cet être malfaisant, dernier obstacle entre notre avenir à tous les deux… »

Je ne pus m’empêcher de lâcher un soupir exaspéré, qui pouvait être interprété comme l’irritation que pouvait provoquer notre marche dans le désert, mais qu’Edvah ne manquerait pas de comprendre comme le fait que ce Yann commençait vraiment à me taper sur le système. Il avait les deux bras pétés, une vie plus que menacée, et la certitude que son capital confiance avait été ébranlé par ses mensonges répétés, et il allait jusqu’à inventer son histoire alambiquée pour m’éloigner ou me tuer et ensuite se débarrasser d’Edvah – prenant sa compassion feinte pour de la faiblesse – afin de garder son trésor ? Qu’est ce qu’il pouvait chercher à protéger à ce point ? Était-il avide de richesses au point de préférer mourir en ayant frôlé un peu d’or plutôt que de vivre pauvre, ou son trésor avait-il une valeur si énorme que cela en valait la peine ?

En tout cas il ne semblait pas déterminé à nous montrer son camp, et ça allait poser problème. D’autant plus que la curiosité me poussait maintenant à savoir ce qu’il cherchait à cacher, bien que ça n’aurait probablement pas d’intérêt à mes yeux. Il allait falloir lui tirer les vers du nez autrement. Je m’arrêtai donc brutalement, et forçai les chevaux à s’arrêter eux aussi derrière moi en bloquant leur chemin. Les deux humains relevèrent la tête vers moi avec un air intrigué. Je pris alors la parole pour annoncer :


« Il y a quelque chose qui cloche sur cette piste, Edvah pourrais tu venir voir s’il-te-plaît ? J’aurais besoin de ton avis… »

J’attrapai l’attache des chevaux pour éviter que notre prisonnier en profite pour s’enfuir, et attendis que mon Invoqueuse me rejoigne.

Je prétexterais une quelconque piste de prédateur ou des traces bizarres pour assoupir la méfiance de notre voleur, et j’en profiterais pour lui parler rapidement de la suite des évènements. J’allais lui proposer de feindre de croire l’homme, mais d’afficher quelques doutes et de lui demander de montrer le camp pour les dissiper – avec moi mis officiellement à l’écart bien sûr – avant seulement de se résigner à me tuer ou à m’ordonner de partir. J’écouterais ensuite ses propositions au cas où elle aurait quelque chose de mieux à proposer que mon idée hâtive.


Dernière édition par Ushiran le Mer 3 Aoû - 13:26 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 31 Juil - 00:37 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

"- Ridicule ? C’est le mot, mais je pensais vraiment que tu comptais te ranger pour vivre aux côtés de cet homme plein de grandeur d’âme et destiné à un brillant avenir… Non ?
- Me cherche pas Maxi Lézard !
- Bon je m’occupe de lui, mais il faudra encore que tu lui fasses les beaux yeux après, telle la protectrice qu’il voit en toi contre le vilain dragon que je suis."


Edvah lui tira la langue avant de continuer à s'activer. Ensuite Ushiran prit un malin plaisir à jeter leur prisonnier sur un cheval et l'heure de partir arriva enfin. Avec un sourire tendre, la jeune femme aida Yann à s'assoir sur l'animal de façon assez correct puis se hissa derrière lui après avoir attaché les deux autres à leur monture. Elle sentait que le voyage allait être long, fastidieux et ennuyeux. L'homme l'empêchait de manœuvrer le cheval à la perfection, il lui tenait chaud et elle commençait à en avoir marre de cette comédie stupide... Seul l'or l'empêchait d'abandonner cette vermine à son triste sort, et l'once d'amusement qu'elle tirait parfois de cette mascarade.

"- Ne t’avise pas d’essayer de nous doubler, ou je te jure que tu vas le regretter. J’ai des millénaires d’expérience avec ton espèce, je connais vos petites combines ainsi que vos limites physiques et mentales par cœur. Par ailleurs, j’ai l’éternité devant moi pour te le prouver si tu fais un pas de travers. Compris ?
- Allons Ushiran, soit un peu plus aimable... Il ne peut rien nous faire !"


Elle ne vit pas la mine du voleur mais s'imagina son visage décomposé par la peur. Elle se retint cependant de montrer sa mine consternée à Ushiran... Si jamais le prisonnier se rendait compte qu'ils l'avaient roulés de A à Z il refuserait sans doute de les mener à son trésor.
Edvah fit alors avancer son cheval, suivant la direction indiqué par Yann. Celui-ci se tournait de temps en temps vers elle et lui lançait des sourires enjôleurs. S'imaginant les trésors qu'il devait bien cacher, c'est avec moins de difficulté et de lassitude qu'elle lui rendait ses œillades ridicules. De toute façon, elle n'aurait rien sans rien. Suivant les indications du jeune homme ils avancèrent lentement dans l'étendue aride, observant les dunes de sable à perte de vue. Soudain la voix du voleur résonna doucement à l'oreille d'Edvah, sur un ton mielleux mais conspirateur. Sans doute pensait-il qu'à voix basse le dragon ne saisirait rien de ses paroles, malheureusement pour lui ce n'était pas le cas, la jeune femme le savait. De nombreuse fois son étrange compagnon avait fait preuve d'une ouïe plus développée que la sienne, chose leur facilitant souvent la tache.

"Je ne vous ai pas parlé des trésors qu’il y avait dans mon camp… Mais nous avons découvert des choses superbes, de l’or à ne plus savoir qu’en faire, des pierres précieuses d’une qualité encore jamais vue, des armes aussi belles que mortelles, et surtout… des connaissances. Des connaissances qui permettront d’accumuler encore plus de richesses, et de puissance…"

Edvah se mit à l’écouter, cherchant à comprendre ce qui le poussait à lui dire de telle chose. Mais s’il essayait de l’appâter avec des bouquins ce n’était vraiment pas la bonne solution. Elle n’avait pas honte de ne pas savoir lire, c’était une chose assez courante dans son village, de ce fait apprendre la lecture lui semblait assez futile.

"Vous vous demandez peut être comment nous avons obtenu ceci, pourquoi aussi je vous avoue tout cela, et surtout pourquoi je le dis en secret ? C’est très simple, tout est lié à l’Île Mystérieuse d’où vient votre créature… C’est pourquoi il nous intéressait tant Bill et moi…"

Le pauvre, s’il savait qu’Ushiran ne venait pas de l’île mais du Temple du Feu… Il serait sans doute déçut, et déjà son histoire commençait à ne plus vraiment tenir debout. Mais Edvah n’en oublia pas sa tache, prenant l’air peiné par la larme qui roulait sur la joue de l’homme, faisant mine de vouloir le réconforter. En même temps elle se mit à penser qu’avec tous les hommes qu’elle avait rencontré elle avait du mal à compter le nombre de minutes qu’elle avait passé à faire la comédie, jouant de son visage d’ange sur ses démons sans cœur… Pour mieux se servir dans leur sac. Elle avait aussi causé beaucoup de mort, et si elle n’avait pas eut à se salir les mains elle n’y aurait déjà plus pensé… Pour celui-là, elle laisserait Ushiran se débrouiller.

"Ah… Bill… C’était un si bon ami, et le dragon l’a tué si froidement, lui, un homme si bon… Nous avions monté ce projet à deux, et Bill me manquera… Mais je vois une personne de confiance en vous, digne de le remplacer… et même de le surpasser ! C’est pourquoi je vous confie ces secrets, je voudrais que vous preniez sa place à mes côtés, je sais que vous pourrez être bien plus que lui, et ensemble nous nous partagerons ces richesses et ce pouvoir !
Mais il y a un problème… Vous êtes trompée par quelqu’un en qui vous avez confiance. Nous avons eu l’occasion de connaître les créatures de l’Île, Bill et moi, et nous avons appris une chose : elles sont toutes aussi fourbes que viles et puissantes : pires que des démons. Je suis sûr que votre dragon connaît la nature du trésor, c’est pour ça qu’il a feint de venir sur l’île d’Arcane avec vous, c’est pour ça qu’il a tout fait pour gagner votre confiance et vous inciter à aller chercher ce trésor. Mais une fois que nous y serons, il nous tuera tous les deux pour récupérer les artefacts. Oui, je suis désolé de vous l’annoncer ainsi, mais je ne connais que trop bien l’espèce de ce dragon sur qui vous avez placé votre confiance : c’est le plus fourbe des démons, le noir de ses écailles et le rouge de ses yeux n’y trompent pas. Il n’attend qu’une chose : l’occasion de vous planter ses griffes dans le dos dès que cela lui sera profitable."


Edvah tourna la tête vers Ushiran, le détaillant du coin de l’œil. Chacun de ses pas faisaient trembler le sable, ses écailles devaient être brûlantes, il semblait dur et fermé, il avait déjà tué un homme devant elle… Mais la jeune femme lui faisait confiance. De toute façon, entant qu’invocation il ne pouvait rien contre elle. Mais sans ça, leurs caractères collaient et jusqu’à maintenant ils s’étaient pas mal amusé… Oui, Edvah ne craignait rien avec son dragon de compagnie. Mais ça, Yann ne pouvait pas le savoir et espérait bien que le doute s’immisce dans l’esprit de la jeune femme. Alors elle fronça les sourcils et fit mine de chercher dans ses souvenirs quelque chose qui aurait put lui mettre la puce à l’oreille.

"Oui, il se croit plus malin que vous, mais on va lui prouver que c’est faux : il ne nous volera pas notre trésor… Il faut que nous nous débarrassions de lui avant qu’il ne se débarrasse de nous. Je sais qu’il vous obéira si vous lui donnez un ordre, il cherche à garder votre confiance, il a besoin de vous car il a vu que je vous appréciais… Il faut donc que vous l’éloigniez très loin d’ici, ou que nous le tuions pendant qu’il sera vulnérable, afin qu’il ne nuise plus jamais à personne…
C’est une décision difficile, car je sais que ce fourbe a su abuser de votre confiance, mais il faut que nous la prenions pour éliminer cet être malfaisant, dernier obstacle entre notre avenir à tous les deux…"


Sur le côté, Ushiran poussa un soupir de lassitude, mais ce n’était sans doute pas le sable ou le soleil qui le faisait souffler. Non, sans doute le spectacle pitoyable qu’offrait le voleur… Et Edvah, car elle devait bien jouer la comédie si elle voulait mettre la main sur la récompense. Il ne fallait pas tout gâcher après tant d’effort. Et son histoire était incroyable, Edvah avait du mal à savoir si tout était faux, si la vérité avait sa part dans ce récit… Jusqu’où le mensonge s’immisçait-il ? Son intérêt était plus réel. Quelle sorte de trésor pouvait bien pousser un homme à jouer sa vie sur un récit aussi étrange ? L’or se regagnait, la vie valait plus que des piécettes tout de même.
Edvah était sur le point de poser une ou deux question au jeune quand les chevaux se stoppèrent soudain. L’invocatrice leva les yeux vers la masse noire leur cachant agréablement le soleil et la voix d’Ushiran se fit entendre.

"Il y a quelque chose qui cloche sur cette piste, Edvah pourrais tu venir voir s’il-te-plaît ? J’aurais besoin de ton avis…"

Le dragon se saisit des brides par sécurité puis Edvah sauta de sa monture. Pas mécontente de se dégourdir les jambes, elle jeta néanmoins un regard interrogateur au prisonnier, comme pour lui demander conseil. Ravis, il lui fit signe d’y aller, sans doute pensait-il très fort qu’il fallait qu’elle fasse comme si leur conversation n’avait jamais eut lieu. Ushiran lui montra le sable, expliquant d’une voix assez forte pour que leur compagnon l’entende que des traces de prédateurs longeaient leur piste.
Par réflexe Edvah scruta les grains jaunes, cherchant une quelconque patte, puis Ushiran lui glissa quelques mots à l’oreille.
La jeune femme s’accroupit, faisant mine de montrer un indice dans le sable puis chuchota tellement doucement que le moindre bruit aurait couvert sa voix. Mais elle savait que son invocation l’entendrait.

" J’suis d’accord, je vais le faire marcher encore un peu. Quand il pensera que c’est dans la poche avec moi il faudra que je cherche une idée pour te faire dégager… Tu devrais rester à porter de ma voix, mais assez loin pour qu’il pense être débarrassé de toi…"

Elle se releva, un peu de sable dans les mains, détaillant les grains avec un intérêt particulier. Puis tout en parlant elle fit un pas vers quelque chose d’invisible, le tendant dans sa paume à Ushiran pour qu’il lui dise ce qu’il en pense.

" Et quand on sera à son camp… On improvise, mais je pense qu’il suffira que je le cuisine un peu pour avoir des secrets et là tu lui retombes dessus et on l’attache… Si jamais on en a encore besoin. Et dès que c’est bon, on s’en débarrasse parce que là je commence à en avoir marre. Si jamais tu as une meilleure idée, le prétexte du fauve est pas trop mauvais."

Elle s’accroupit une dernière fois comme pour reposer tout ce qu’elle avait trouvé et s’appuya sur Ushiran pour s’aider à se relever. Mais ses écailles étaient brûlantes et elle agita sa main par réflexe, grimaçant sous la douleur. Sa paume était rouge mais elle avait retiré sa main assez rapidement pour s’éviter des cloques. Elle se tirait avec l’équivalent d’un mauvais coup de soleil.

" T’es bouillant Ushi !"

Elle lui donna un petit coup de pied dans la jambe, se doutant qu’il ne sentirait sans doute pas grand-chose, lui tira discrètement la langue. Puis elle grimpa avec une difficulté exagérée sur son cheval, se plaignant d’une voix vacillante au jeune homme.

"- Vous allez bien ?
- Non, j’espère que je vais pouvoir encore diriger le cheval… Ses écailles sont brûlantes comme de la lave !
- Moins fort, je voulais vous prévenir… Vous devriez vous séparer rapidement de cette chose.
- Et sa piste était bidon, il n’y a que des traces de petits animaux.
- Restez avec moi. Dites lui de partir… Si seulement je pouvais soigner votre main…"


Edvah planta soudain ses yeux dans ceux de son vis-à-vis, le stoppant net. Elle fit avancer le cheval qu’Ushiran avait libéré et poursuivit le voyage. Leur prisonnier se rassit convenablement mais restait attentif aux paroles de la jeune femme. Il semblait peiné mais la joie de rouler la femme semblait difficilement surmontable. Elle poursuivit sur un ton doux mais sûr. Sa main blessée la faisait légèrement souffrir, de ce fait elle dirigeait le cheval d’une seule main.

"- Yann, tutoies moi. S’il te plait. Ton idée d’affaire m’intéresse et j’ai réfléchis… Ushiran me ment, je le sens bien, il essaye de m’éloigner de toi parce que tu as raison, c’est évident. J’ai envie de continuer avec toi, et toi seul. Je… Je vais faire partir Ushiran. On va le chasser et nous pourrons poursuivre tranquillement… Mais il nous protège d’une attaque de monstre. Nous le chasserons quand nous serons proche du camp, assez pour qu’il le voit pas, mais pas trop pour pas avoir à se battre. D’accord ?
- Oui, c’est une bonne idée. Mais tu vois là-bas, en face, la dune un peu plus foncée. C’est là que ce trouve le camp."


Edvah poursuivit ensuite son badinage pendant une bonne demi-heure. Elle fit part de ses inquiétudes à Yann, lui raconta de fausses étranges aventures qu’Ushiran lui avait fait vivre, les façons dont il l’avait sauvé en l’ayant presque poussé dans un ravin juste avant… Puis elle parla d’une vie douce qu’elle n’avait jamais menée, de son voyage avec un groupe d’aventurier monté de toute part sur l’île mystérieuse qu’elle n’avait jamais vu.

"- Le camp est juste derrière cette dune, on voit bien le haut de la grotte.
- Oui, c’est vrai.
- Il serait peut-être temps…
- Vraiment ? J’ai du mal à m’en séparer quand même…
- Je sais… Mais pense aux trésors, à ce que l’on vivra ensemble…
- J’y vais alors."


Sautant de cheval, elle dégaina son épée mais la mania de la main gauche, droite devant elle en menace pour Ushiran. Etant dos au prisonnier, elle ne prit pas la peine de jouer son rôle à merveille, comptant sur un effort de la part d’Ushiran. Yann était derrière elle, impatient que cela se termine, espérant que le dragon n’aurait pas raison de la jeune femme, et Edvah se tenait face à son invocation, se préparant au spectacle qu’ils allaient donner. Juste avant de lancer sa tirade elle chuchota quelques mots à son invocation.

" Je ne sais pas comment fonctionne les invocations… Mais je pense pas ce que je dis, je t’interdis de retourner au Temple gros lézard ! La flemme de refaire tes épreuves."

Puis d’une voix forte mais tremblante, elle ajouta tout ce que Yann souhaitait sans doute entendre.

" Ne soit pas étonné, monstre ! Yann m’a ouvert les yeux sur ton objectif et je me laisserais pas bouffer sans me battre. Je te défis de me tuer sur le champ ou de fuir, tu n’es plus le bienvenu dans ce groupe. Dégage et ne reviens jamais. Tu ne me tueras pas sans que je me batte et tu ne nous voleras pas. Le trésor est à nous."

Elle fit un pas vers le dragon, brandissant son épée, attendant un mouvement de sa part. D’après le plan il allait partir et Edvah poursuivrait son chemin seule avec Yann. Après elle chanterait ses louanges, de toute façon le camp était en vue, elle n’avait plus tellement besoin de lui. Il faudrait encore une vingtaine de minute sans doute pour atteindre ce qui ressemblait à un énorme grain de sable jeté dans le désert. D’après Yann la grotte était dissimulée derrière une légère faune aride et ses "connaissances" étaient rangées là. Le mystère allait se lever.
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MessagePosté le: Mer 3 Aoû - 13:24 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Après avoir approuvé et agrémenté de quelques suggestions mon plan, tout en feignant un intérêt particulier pour quelques grains de sable parmi les milliards constituant cet océan d’ambre brûlant, Edvah posa sa main sur moi pour se relever, et je pus sentir la fraîcheur de sa paume contraster avec la chaleur de mes écailles avant qu’elle ne la retire un instant plus tard, avec une grimace d’indignation et de douleur. La regardant avec un léger sourire moqueur, je lui fis un petit « Je t’avais prévenu » d’un ton goguenard, et elle se vengea en me donnant un coup de pied, pied qui n’échappa au sort de sa main que parce qu’une botte le protégeait de la chaleur.

Suite à cela, elle retourna auprès du voleur en geignant, ce que ce dernier ne manqua pas de tenter de tourner à son avantage en lui apportant une fausse compassion et en lui réaffirmant sa volonté de l’aider. Finalement, après un silence, Edvah lui avoua sur un ton de conspiratrice hésitante qu’elle lui faisait confiance et qu’elle était prête à se débarrasser de moi, une fois que nous serions à son camp, afin de bénéficier de ma protection jusque là-bas. Suggestion qui collait d’ailleurs parfaitement avec son esprit calculateur et profiteur.

Bref, trente longues minutes passèrent, seulement entrecoupées par le blabla de mon Invoqueuse, inventant des histoires grosses comme moi à propos de son passé que le chasseur de trésors gobait comme si de rien n’était, probablement réjoui que ces fausses anecdotes nourrissent ses mensonges à lui, ce qui généralement suffisait aux humains qui s’arrêtaient à ce qu’ils voulaient entendre.

Quand enfin nous arrivâmes à proximité du camp de notre lascar, ce dernier le signala en le désignant du doigt à Edvah. Je me retins de regarder la direction qu’il pointait afin qu’il ne se doute pas que je l’entendais, mais je pouvais deviner que « le haut de la grotte » devait être cet espèce de gros caillou comme nous en avions vu des centaines depuis que nous étions dans le désert. Il fallait au moins avouer qu’ils avaient là une bonne planque. Le voleur signifia alors qu’il fallait que mon Invoqueuse me fasse partir, ce à quoi elle manifesta quelques réticences pour finir d’endormir les soupçons de l’homme, avant de finalement céder. J’allais enfin pouvoir m’amuser un peu…

La pirate descendit de sa monture, et je dus me retourner pour lui faire face. Elle se planta alors devant moi, et me chuchota discrètement de ne pas tenir compte de ce qu’elle allait me dire juste après, demande à laquelle je répondis d’un sourire entendu, avant d’écouter en feignant la surprise et l’indignation sa diatribe qui m’imposait de partir maintenant ou de la combattre, avant qu’elle ne fasse un pas vers moi, comme pour mettre à exécution sa menace.

Je ne comprenais toujours pas comment l’abruti qui se tenait à une distance respectueuse derrière nous pouvait croire que l’humaine acceptait de combattre un adversaire cent fois plus gros qu’elle juste pour ses beaux yeux, et l’orgueil et l’aveuglement dont il faisait preuve comme beaucoup de son espèce me fit rire intérieurement, tandis qu’un sourire carnassier répondant à ce rire se dessinait sur mon visage.


« Soit, si c’est ce que tu désires, mourrez, toi, sale ingrate, et ton amant mielleux. »

À l’instant où je finis ma phrase, je donnai un grand coup de patte dans la base de la dune sur laquelle se tenait mon Invoqueuse, faisant s’écrouler la colline de sable et déstabilisant la pirate afin de l’empêcher d’ébaucher un réflexe défensif, avant de m’élancer vers elle, et de lui donner un coup de museau achevant de la faire tomber à terre, pour finalement l’immobiliser d’une patte, en prenant toutefois garde à ne pas mettre trop de pression dans ma prise. Dans le même mouvement, je fauchai les pattes de la monture du voleur d’un coup de queue pour l’empêcher de fuir, et ce dernier se retrouva immobilisé, une jambe coincée sous le cheval.

Je montrai alors les dents, comme pour l’abattre d’un claquement de mâchoire, un feu rubis de colère brillant dans mes yeux, avant de marquer une hésitation, pour finalement refermer la gueule, crachant sur un ton plein de mépris :


« Tu me dégoûtes, humaine. J’accepte de te suivre sans rien en retour, ayant bien plus à perdre qu’à gagner à t’accompagner, et tu décides d’oublier tout ça pour le premier abruti venu qui te promet quelques piécettes et te prouve sa bravoure en restant planqué derrière toi pendant que tu me combats pour lui. Ton espèce me dégoûte, vous n’êtes dignes d’aucun intérêt, vous ne me manquerez pas, toi et ton trésor à la noix dont je me fiche complètement. Je te souhaite bien du plaisir avec cette lavette que tu veux suivre, et espère pour toi qu’il attendra au moins quelques jours avant de disparaître dans la nature, histoire que tu profites au moins un petit peu de ton choix avant de le regretter le reste de ta vie. »

Puis, me baissant vers elle comme dans une dernière hésitation, j’ajoutai plus bas :

« Tu n’es même pas digne de mourir par mes crocs, je laisse à ton amant le soin de te planter une dague entre les omoplates une fois que j’aurais le dos tourné. Et même si tu lui survis, tu ne me reverras plus jamais. Ou du moins dans ton intérêt je te le souhaite. »

Puis m’approchant encore un peu comme pour lui jeter un dernier regard meurtrier, je lui soufflai tout bas à l’oreille :

« T’as eu peur, hein ? Avoue ! Ne m’en veux pas, mais après mon petit spectacle, notre ami sera obligé de faire du zèle pour conserver ta confiance, surtout qu’il risque d’avoir besoin de toi encore, je crois que le pauvre chou a un bobo à la jambe, et ça facilitera les choses pour lui tirer les vers du nez. »

Lui faisant discrètement un sourire complice, j’ajoutai :

« Quand tu auras besoin de moi, tu n’auras qu’à m’invoquer, je ne suis pas ton Invocation pour rien après tout. Pour ma part, je vais prendre un peu de bon temps en attendant. Ah, et fais semblant d’avoir peur, comme ça Yannou croira que je te dis de méchantes choses. Amuse-toi bien et ne fais pas trop de bêtises pendant que je ne suis pas là, et fais gaffe à toi, j’ai pas envie de me retrouver dans mon temple moisi parce que tu as été égorgée par un abruti. »

Puis, la repoussant d’un coup de patte avec une brutalité plus feinte que réelle, je conclus en rajoutant tout haut :

« Adieu. »


Avant de me retourner et de m’éloigner sans un regard en arrière dans une direction perpendiculaire à celle du camp des chasseurs de trésor.

J’étais pour la première fois depuis des siècles vraiment libre, sans aucune attache, et je comptais bien en profiter, en commençant par une chasse sanglante dans cet océan de sable brûlant qui était un parfait point de départ. En effet, depuis que j’étais sorti du temple, mon instinct de chasseur était titillé par toutes les odeurs exotiques, puissantes et épicées, qu’avait captées mon odorat. Alléché depuis plus d’une journée par toutes ces promesses de batailles épiques et de récompenses à la hauteur de la victoire, il était temps que je me mette à l’action, oubliant pour au moins l’heure que me laisserait Edvah cet imbécile de Yann et son histoire de trésor merveilleux.



Dernière édition par Ushiran le Lun 8 Aoû - 10:19 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 6 Aoû - 19:34 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

" Soit, si c’est ce que tu désires, mourrez, toi, sale ingrate, et ton amant mielleux."

Jusqu’alors confiante, sûre de sa sécurité avec Ushiran, Edvah eut un doute. Elle pensait qu’il se contenterait de partir mais quand elle sentie le sable se désister sous ses pieds, ses yeux s’écarquillèrent comme des soucoupes. Une petite partie d’elle se mit à paniquer, tandis qu’une autre lui certifiait que tout allait bien se passer. Soudain la tête du dragon s’approcha d’elle et la fit chuter au sol. Le choc n’avait pas été très violent mais la surprise et le sable l’empêchait de riposter. Puis la patte d’Ushiran l’entoura. Le spectacle avait suffisamment duré, heureusement qu’il n’y mettait pas tout son poids ! Derrière elle, elle put entendre un bruit sourd de chute et le gémissement du prisonnier. Sans doute était-il tombé de son cheval l’imbécile. Il devait être terrifié, autant qu’Edvah l’était de se retrouver écraser par l’énorme patte griffue du dragon. Et en même temps elle était satisfaite du petit spectacle qu’ils offraient à Yann, de la peur qu’ils devaient lui donner.
Edvah détourna le visage, mimant la peur sans difficulté, quand Ushiran approcha sa gueule pleine de crocs de sa frimousse rougie par le soleil. L’haleine du dragon lui parut brûlante mais le contact de l’imposante patte de son invocation lui paraissait moins chaud que ses écailles. Ses dents claquèrent un peu trop près de sa joue au gout d’Edvah, plissant les yeux pour ne pas voir son joli minois finir entre les mâchoires du dragon.

"Tu me dégoûtes, humaine. J’accepte de te suivre sans rien en retour, ayant bien plus à perdre qu’à gagner à t’accompagner, et tu décides d’oublier tout ça pour le premier abruti venu qui te promet quelques piécettes et te prouve sa bravoure en restant planqué derrière toi pendant que tu me combats pour lui. Ton espèce me dégoûte, vous n’êtes dignes d’aucun intérêt, vous ne me manquerez pas, toi et ton trésor à la noix dont je me fiche complètement. Je te souhaite bien du plaisir avec cette lavette que tu veux suivre, et espère pour toi qu’il attendra au moins quelques jours avant de disparaître dans la nature, histoire que tu profites au moins un petit peu de ton choix avant de le regretter le reste de ta vie.
Tu n’es même pas digne de mourir par mes crocs, je laisse à ton amant le soin de te planter une dague entre les omoplates une fois que j’aurais le dos tourné. Et même si tu lui survis, tu ne me reverras plus jamais. Ou du moins dans ton intérêt je te le souhaite."


Edvah commençait à avoir du mal à respirer, suffoquant à moitié entre le sable qu’elle avait dans la bouche et le nez, le poids heureusement minime d’Ushiran sur son thorax et la chaleur environnante. Elle espérait que le lézard aurait bientôt finit son spectacle avant qu’elle ne meurt sous sa patte. Elle tenta de se débattre sans succès comme une mouche prise au piège, s’essoufflant davantage.

"- T’as eu peur, hein ? Avoue ! Ne m’en veux pas, mais après mon petit spectacle, notre ami sera obligé de faire du zèle pour conserver ta confiance, surtout qu’il risque d’avoir besoin de toi encore, je crois que le pauvre chou a un bobo à la jambe, et ça facilitera les choses pour lui tirer les vers du nez.
- Pousse toi tu m’écrases gros crétin ! Evidemment que tu m’as fait peur.
- Quand tu auras besoin de moi, tu n’auras qu’à m’invoquer, je ne suis pas ton Invocation pour rien après tout. Pour ma part, je vais prendre un peu de bon temps en attendant. Ah, et fais semblant d’avoir peur, comme ça Yannou croira que je te dis de méchantes choses. Amuse-toi bien et ne fais pas trop de bêtises pendant que je ne suis pas là, et fais gaffe à toi, j’ai pas envie de me retrouver dans mon temple moisi parce que tu as été égorgée par un abruti.
Adieu."


Edvah répondit à son sourire par une rapide grimace avant de continuer à se débattre. Puis le poids et la chaleur d’Ushiran s’envolèrent et elle se redressa aussi vite que possible, courant jusqu’au voleur écrasé sous sa monture. Bon dieu qu’il était stupide. Elle regarda Ushiran s’éloigner, réfléchissant à ce qu’il lui avait dit. Elle n’avait aucune idée de comment invoquer le dragon. Il lui paraissait maintenant évident qu’il s’agissait d’une des caractéristique des invocations mais elle n’y avait songé auparavant et Drake ne lui en avait jamais touché le moindre mot. Sans doute l’ignorait-il aussi.
Quand la masse noire d’Ushiran ne fut plus visible, Yann parut soudain reprendre vit et il se tourna comme il put vers la jeune femme. Il l’interpela d’une voix misérable et lui demanda si tout allait bien. Elle acquiesça et poussa le cheval paniqué de la jambe de son cavalier. L’animal semblait blessé mais les deux autres étaient encore en parfaite santé. Une de ses jambes semblait foulée et il ne pourrait plus supporter le poids de deux cavaliers. Mais Edvah se tourna vers son compagnon, s’occupant d’abord du jeune homme avant de se pencher plus sur le cheval. Son armure en cuir avait amortie la chute et il ne paraissait pas trop mal en point, une cheville tordue tout au plus mais Edvah n’était pas médecin.

"- J’ai eut la peur de ma vie… Ce monstre est incontrôlable, je suis désolé qu’il t’ait maltraité comme ça.
- C’est de l’histoire ancienne Yann, il est partit, nous allons pouvoir continuer sur de bonne base.
- Oui, c’est vrai.
- On va juste changer de cheval. Si celui-là ne peut pas suivre..."


Edvah fit doucement passer son doigt sur sa gorge comme si les mots pourraient effrayer l’animal. Puis elle aida le voleur à monter sur un autre cheval, attachant l’autre en dernier, derrière celui qui portait leurs affaires. Puis elle s’épousseta, cracha dans le sable pour se débarrasser de celui qu’elle avait dans la bouche et recoiffa ses cheveux en une queue de cheval haute. Elle but ensuite quelques gorgées à sa gourde, en donna à Yann et aux chevaux. Puis elle ramassa son épée, la rengaina et avec un soupir elle monta à cheval.

"- Je sais que son départ est un poids sur tes épaules mais…
- Nous en avions besoin… J’espère simplement que j’ai fait le bon choix.
- Tu n’as pas à douter de moi, je suis là pour toi."


Yann lui offrit un sourire réconfortant qu’Edvah lui rendit.
La trentaine de minute qu’il fallut encore pour atteindre le camp se fit assez silencieusement. De temps en temps le jeune homme lui adressait des mots réconfortants mais il passa la plupart de la route à fixer l’horizon, comme essayant de vérifier que le dragon noir ne les suivait pas pour les tuer.
Quand ils arrivèrent au pied de l’imposant rocher, Edvah sentit son cœur battre la chamade. Elle guida les chevaux à l’ombre de plusieurs palmiers.

" Voilà, c’est ici que je me cache. Je veux bien que tu me fasses descendre du cheval, y a un vieux fauteuil à l’entrée, je vais me poser là."

Edvah se laissa glisser au sol puis soutenu Yann au travers de la végétation qui couvrait le bord de la roche. Une entrée aussi large qu’une petite porte à double battant se trouvait caché là derrière un épais buisson épineux, et effectivement un vieux fauteuil crasseux attendait. Le jeune homme se laissa tomber dedans, chercha une position confortable et fit mine de faire une sieste. Soudain il rouvrit les yeux et s’adressa à Edvah sur un ton calme et posé.

"- Edvah, je peux te demander un service ? Juste derrière moi il y a une caisse… Si tu ouvres le couvercle elle est remplie de fiole vide, mais il y a une clé dans celle du milieu. Tu l’as ? Elle permet d’ouvrir le tiroir qui se trouve sur le bas. Voilà. Il y a des fioles pleins là, non ?
- Si, y en a pleins…
- Prends la fiole d’Essence de miracle et un de Dessolation. Doit y en avoir une d’entamée.
- Heu… Oui."


Edvah fixa le fond du tiroir avec perplexité… Toutes les fioles portaient des étiquettes et elle n’avait aucune idée de comment les reconnaître. Il y avait deux fioles contenant un liquide transparent portant l’étiquette « Alcool », quatre fioles remplie d’une substance bleue marine « Curaga », une fiole remplie d’un liquide blanc presque étincelant avec une étiquette « Essence miracle », quatre grandes fioles rondes remplient de « Dessolation » incolore et cinq gros comprimés dans un sachet portant un R et un long bandage… Mais à part le mot alcool, Edvah ne comprenait aucune des inscriptions manuscrite que portaient les fioles. Elle en prit deux au hasard et les ramena à Yann, grattant les étiquettes pour que l’écriture soit plus difficile à lire.

"- Merci… Tu t’es trompé, c’est du Curaga ça. Enfin c’est tellement mal écrit aussi… Les Dessolations, c’est les grosses fioles rondes."

Edvah s’empara doucement du Curaga et alla récupérer le Dessolation à moitié vide. Puis Yann but la totalité du petit récipient et expliqua à Edvah que celle qu’elle avait dans la main s’étalait sur la peau pour soigner les coups de soleil.

"- Je vais le mettre dehors, si ça te dérange pas.
- Non non je vais dormir un peu, avec ça normalement dans quelques heures je serais sur mes pieds… Enfin mes bras. Je te fais confiance.
- Pas de soucis !"


Sans montrer la moindre excitation, Edvah sortit de la grotte fraiche et sombre pour s’exposer au soleil. Avec hésitation elle appliqua la totalité de la fiole sur sa peau et c’est avec bonheur qu’elle sentie sa main se guérir et les coups de soleil se calmer. Puis elle alla attacher les chevaux de façon plus sûre au pied de la mini oasis qui se trouvait devant la grotte. Elle fixa pendant quelques secondes l’horizon, cherchant autre chose que des dunes sans résultat. Ushiran était-il partit loin ? Comment allait-elle l’invoquer ? Sentant le regard de Yann sur elle, elle partit s’occuper du cheval blessé le temps qu’il s’endorme, posant son épée avec le reste de ses affaires.
Au bout de 10min elle rejoignit la grotte, trouvant le jeune homme endormit, ronflant bruyamment. Alors, avec discrétion elle fit le tour du camp. Près de Yann se trouvait un tabouret assortit avec son fauteuil, trois tentes et un tas de coussins. Elle trouva la petite caisse de fiole, une malle contenant des vêtements, un coffret contenant un bon tas de Tsuris, un tas d’armes de mauvaises factures, d’armures rouillées et une étagère pleines de bocaux remplie de liquides, de poils, de cornes, de la nourriture emballée… Un peu plus au fond de la grotte se trouvait des portant sur lesquelles trônaient des armures en bonne état et des armes magnifique. Dans une malle était entassés de vieux livres poussiéreux et miteux, quelques statues et vases étaient entreposés dans un coin mais ce qui attira l’œil d’Edvah fut une petite malle fermée à clé jetée dans un coin. Alors avec ardeur elle fouilla encore une fois la grotte. La clé se trouvait derrière un bocal remplie d’une liquide rouge visqueux, et dans la malle se trouvait une carte et une boussole. Déçut, Edvah ouvrit la carte pour la détailler. Il s’agissait d’une carte de l’île où se trouvait un petit point rouge au milieu du Désert. Perplexe elle détailla la boussole qui pointait vers son autre main… Ses yeux s’écarquillèrent. Elle en avait entendu parler, de ces cartes des Murmures ! La boussole indique la carte et la carte indique la boussole. Avec un émerveillement enfantin elle allait tout remettre en place quand elle entendit des bruits de pas dans le sable. Yann avait disparu…
Elle courut à l’extérieur, abandonnant ses trouvailles sur le sol.

"- Vite ! Fay, grouille-toi !
- Yann, qu’est ce que c’est ?
- Ta fin ma jolie !"


Edvah vit la scène au ralentit, prise au piège. Yann se tenait face à elle à une dizaine de mètre, se débarrassant de ses attelles. Cela devait faire au moins deux heures qu’elle fouillait dans la grotte et la lotion avait eut le temps de faire effet, libérant le jeune homme de ses bras blessés. Derrière lui se trouvait une femme à cheval, une arbalète à la main. Elle était brune, la peau mate et un sourire malsain sur le visage.

"- On en tirera combien Yann ?
- Beaucoup, le marché des esclaves marche bien en ce moment, avec les mauvaises récoltes…"


Esclaves ?! Edvah n’en revenait pas. Il l’avait fait marcher tout ce temps pour la vendre ?! Sous le coup de la surprise, la jeune femme resta plantée quelques secondes sans bouger, cherchant à replacer tous les évènements dans l’ordre.

"- C’est touchant la tête qu’elles font à chaque fois. Et puis c’est un bon lot celle-là…
- Pourtant j’ai eut du mal à l’avoir, elle avait un fichu dragon avec elle.
- Un dragon ? La vache, t’en as fait quoi ?
- Il est partit, j’ai cru qu’il allait la tuer… Tout ça pour rien avec deux bras dans le plâtre et un monstre fou de rage sur le dos… Mais les lézards sont stupides."


Edvah se redressa et fit volte face, laissant les deux autres discuter derrière elle. Elle courut aussi vite que le sable lui permit, cherchant un endroit où se cacher. Un carreau d’arbalète la frôla et elle sentit son cœur près à éclater.

" Ushiraan !"

Elle hurla tellement fort que sa voix se brisa, la forçant à tousser, chutant dans le sable. Pourvu qu’il l’entende ou que cela suffise à l’invoquer. Edvah tenta de se relever mais une botte pesa sur sa tête, lui enfonçant le visage dans le sable, l’empêchant de respirer. Et des mains se mirent à attacher ses poignets dans le dos pendant qu’elle suffoquait au sol.

" Ferme-là sale garce, je vais t’apprendre à maltraiter mon homme !"
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Invoqueur: Edvah
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Point(s): 21

MessagePosté le: Lun 8 Aoû - 14:57 (2011)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang. Répondre en citant

Ah, la liberté… La caresse du soleil sur mes écailles, la chaleur du sable sur mes pattes s’enfonçant dans le sol, ces innombrables couleurs animant le paysage s’offrant à moi, ces odeurs envoûtantes à mes narines, ces sons remplis de vie tout autour de moi… Je pensais que les millénaires d’enfermement ne changeraient rien à tout ceci, et pourtant je redécouvrais ces sensations avec un plaisir décuplé, comme si je foulais de nouveau le monde pour la première fois. Comme quoi l’emprisonnement avait quelque chose de bon… Même si tout ceci ne valait pas ces longs siècles d’isolement et d’ennui que j’avais du subir.

Cependant il me restait encore quelques sensations à redécouvrir. Le plaisir grisant de la chasse, et le goût du sang sur ma langue, notamment. Parce qu’on ne pouvait pas vraiment dire que le combat contre les deux chasseurs de trésor avait fait monter le frisson de la chasse. Il me fallait quelque chose d’un peu plus gros et combattif, histoire de sentir l’adrénaline me parcourir les veines.

Je m’arrêtai donc de marcher pour goûter les odeurs qui venaient à moi. De la roche, des cactus, des gros fauves, des petits reptiles, et d’autres bestioles plus exotiques, les Zuhu que j’avais pu sentir parmi les restes du groupe de mercenaires ayant accompagné Edvah, ou bien une créature mêlant une odeur de canidé avec un petit goût métallique, ou encore d’autres senteurs un peu plus étranges.

Bref, il me fallait choisir là-dedans, et rapidement, car je n’allais pas rester tranquille indéfiniment. Je tranchai donc pour les sauriens, ils me faisaient penser à des petits dinosaures, et une meute de carnivores agressifs pouvait être un challenge intéressant. Je me mis donc en route vers la provenance de l’odeur, à quelques kilomètres de l’endroit où je me trouvais, traquant les moindres effluves parvenant à mes narines et toutes les traces dessinées dans le sable que le vent avait épargnées.

La discrétion n’était pas mon fort, et pourtant lors de chasses comme celle-ci, la surprise demeurait mon principal atout. En effet, si ma ou mes cibles fuyaient, je pourrais faire une croix sur mon butin, car si je gardais une mobilité tout à fait satisfaisante qui permettait de ne pas me retrouver désarmé en étant assailli par plusieurs adversaires, je n’étais clairement pas taillé pour la vitesse et ne pourrais donc pas les rattraper.

Si seulement j’avais des ailes, comme tous ces fils et filles d’Aer qui ne se rendaient même pas compte de la chance qu’ils avaient et n’utilisaient pas convenablement leurs capacités à mon goût… La possibilité de voler ne devait pas être utilisée pour fuir comme ils le faisaient quand je les combattais, mais pour attaquer. C’était un formidable atout stratégique, offrant des possibilités d’embuscades, d’attaques éclair et de contournements… Ce n’était d’ailleurs pas pour rien que l’aviation dominait dans les guerres humaines pré-apocalypse… Mais c’étai un atout dont je devais me passer, et il ne servait à rien de ressasser toujours les mêmes rêves, sitôt sorti de prison. Je n’étais tout de même pas impotent, et une embuscade réussie ou un assaut frontal serait fatal à mes adversaires, qui n’étaient d’ailleurs plus très loin.

Je me concentrai donc sur les petits lézards situés de l’autre côté de la dune que je gravissais, tentant de me faire aussi discret que ma carrure et ma masse me le permettaient. Retroussant les babines pour goûter les odeurs qui provenaient de cette direction, je pus constater que le vent soufflait vers moi, me permettant d’approcher plus discrètement. Je pouvais presque entendre les cœurs de mes proies battre de l’autre côté de la colline de sable. Un peu trop vite à mon goût d’ailleurs, ils étaient stressés. M’étais-je fait repérer ? Non, le vent m’apporta aussi l’odeur d’un autre prédateur, mêlée aux effluves de peur des sauriens : le gros fauve que j’avais senti tout à l’heure, qui se trouvait un peu plus loin, de l’autre côté des lézards.

J’étais entièrement focalisé sur ma chasse, mais une petite partie de moi me titillait comme si j’avais oublié quelque chose. Tentant de chasser ces pensées qui me gênaient, je me concentrai sur mes proies. Le gros fauve allait jouer le rôle de rabatteur, parfait. Je n’avais donc qu’à rester en embuscade de ce côté de la dune, pour leur réserver une petite surprise si ils franchissaient son sommet pour fuir leur prédateur. Et s’ils combattaient le fauve, je n’aurais qu’à me mêler à la curée.

Mais ils se contentèrent effectivement de fuir, gravissant rapidement la dune qui les séparait de moi, tandis que le rugissement du fauve passant à l’attaque les poussait à se dépêcher. Déjà les premiers lézards apparurent au sommet de la colline de sable, et se stoppèrent net en m’apercevant, mais ils furent bousculés par leurs congénères qui les avaient rejoints et cherchaient à poursuivre leur fuite, ne me voyant pas et ne tenant pas à finir entre les crocs du fauve qui les chargeait. Il était temps pour moi de rentrer en action, avant que les bestioles ne me contournent.

Une part de moi se détourna alors de nouveau des sauriens pour porter mon attention sur autre chose, et je chassai une nouvelle fois ces pensées, agacé, en poussant un puissant rugissement, avant de charger à mon tour sur mes proies qui faisaient un gros tas au sommet de la dune, se bousculant pour tenter de fuir dans deux directions opposées. C’était des lézards d’un bon mètre cinquante de haut, aux dents aiguisées et aux membres supérieurs se terminant par des sortes de lames, et il y avait une bonne quinzaine d’entre eux. Des adversaires qu’il ne s’agissait pas de sous-estimer : ils pouvaient s’avérer dangereux s’ils étaient acculés, et il fallait donc laisser une échappatoire à la majorité tout en en piégeant quelques uns.

Je devais les effrayer pour les inciter à fuir sans combattre. Me décalant donc légèrement sur la gauche pour laisser une ouverture de fuite à mes cibles tout en conservant le contrôle du terrain, je donnai un grand coup de patte au premier des sauriens, profitant de la désorganisation du groupe, qui l’envoya valser éventré à une dizaine de mètres. De l’autre côté de la dune, le fauve qui était à la fois mon partenaire et mon adversaire apparut. C’était une sorte de gros léopard, très élancé et dont la queue se terminait par une touffe de fourrure, touffe aussi présente sur son poitrail et sur l’avant de ses pattes. De longues moustaches colorées se déployaient de chaque côté de son museau et semblaient animées de leur vie propre, probablement parce qu’elles étaient parcourues de magie.

Le fauve me jeta un regard avant de reporter son attention sur les félins, et d’en faire brûler un, la magie utilisée agitant ses longues moustaches colorées. Le bruit que fit le saurien en se consumant ainsi que son odeur ajoutée à celle du sang de celui que j’avais tué juste avant eut tôt fait de dissuader la meute de nous combattre, et elle tenta de fuir sans demander son reste par l’ouverture que je leur avais laissé. J’en profitai pour en faucher quelques uns d’un coup de queue tandis que le félin se jetait sur le dos d’un retardataire. Il y avait pour l’instant entre nous deux une sorte d’accord tacite : je n’étais apparemment pas sur son territoire et nous étions des prédateurs disposant chacun de ce que nous cherchions, nous ne nous combattrions donc pas pour le moment.

Une fois de plus ma concentration fut à ce moment troublée par l’arrière pensée qui me gênait, plus insistante cette fois-ci, comme si mon instinct me poussait à me concentrer sur autre chose, quelque chose d’urgent. Je chassai de nouveau cette gêne en secouant la tête. Quoi que ce soit ça pourrait bien attendre une dizaine de secondes que j’en finisse avec ma proie. J’attrapai donc un des lézards entre mes dents et l’envoyai en l’air d’un coup de tête pour le rattraper et assurer ma prise tout en l’achevant lorsqu’il retomberait. Tandis qu’il redescendait dans un couinement, sentant sa fin prochaine, je savourai d’avance le goût de ma proie, pressé à l’idée de son sang sur ma langue.

Une voix que je connaissais cria alors mon nom dans mes oreilles, et mes mâchoires claquèrent bruyamment dans le vide, le son se répercutant plusieurs fois sur les parois de la grotte. De la grotte ? Qu’est ce que je faisais dans une grotte ? Intrigué et contrarié à l’idée que je pouvais faire une croix sur mon repas, je baissai la tête pour observer mon nouvel environnement. Une sorte de caverne aménagée de quelques meubles et de babioles à humains, occupée par deux de ces derniers qui me regardaient avec des yeux grands comme des soucoupes, s’attendant visiblement aussi peu que moi à ma présence ici. Non trois en fait, sous la botte de la femme, il y avait… Edvah ?! Zut, je l’avais totalement oubliée elle, accaparé que j’étais par mes petits lézards. Pour ma défense il fallait dire que nous ne vivions pas au même rythme, et l’oublier quelques heures pour moi devait être la même chose que de m’oublier quelques secondes pour elle.

C’était donc ça de se faire invoquer ? Pas très agréable, surtout qu’elle n’avait pas choisi le meilleur moment pour le faire. Mais soit, elle était dans une posture délicate, et on ne pouvait pas dire que je n’avais pas été prévenu avant d’avoir été téléporté, je ferais plus attention à cette étrange sensation d’urgence la prochaine fois qu’elle chercherait à m’invoquer.

Se ressaisissant avant moi, le dénommé Yann qui semblait en bien meilleure posture que lors de la dernière fois que je l’avais vu, s’écria :


« Sale garce ! Qu’est ce que ce dragon fout ici ?! Et notre pacte ? Traîtresse, je croyais qu’il devait partir ! »

Se rendant compte de l’énormité qu’il venait de sortir, le voleur rougit un instant, avant de crier à la femme qui foulait Edvah du pied :

« C’est lui Fay, c’est le dragon de cette chienne, celui qui m’a pété les deux bras et la jambe, ne le laisse pas approcher ! »

Alors que l’attention générale se tournait de nouveau vers moi, je pris soin de ménager la théâtralité de mon entrée, je rouvris donc la mâchoire pour lécher le sang qui s’était écoulé sur mes crocs lorsqu’ils avaient percé la peau fine du saurien que j’avais attrapé, puis répondis d’une voix suave :

« Salut Yannou, je t’ai manqué ? Je vois que les petits bobos que je t’ai faits sont déjà réparés ? C’était des chatouilles trop gentilles, je vais t’arracher les membres ce coup-ci, ça fera plus classe comme blessures de guerre, et ça durera plus longtemps, tu ne trouves pas ? Oh et tu ne t’en tireras pas avec ton jeu d’acteur minable cette fois-ci, il faudra que tu prennes quelques cours de théâtre avant d’arriver quelque chose, mais je suis désolé de t’annoncer que tu n’es pas fait pour cette carrière, sauf si tu essaies de susciter la pitié, auquel cas tu as un brillant avenir. »

Le chasseur de trésors blêmit, et la femme vint à sa rescousse, en portant une dague aiguisée à la gorge de mon Invoqueuse, faisant perler une goutte de sang :

« Hé, le gros lézard ! Ferme ta grande gueule, j’ai la vie de ta maîtresse entre mes mains, alors t’es gentil, tu fais demi-tour et tu disparais d’ici tout de suite si tu espères la revoir un jour vivante. Ou bien tu te laisses enchaîner en échange de sa liberté. C’est au choix, mais un geste ou une parole de plus contre nous et elle meurt. »

Tournant la tête vers elle, je pris un air dégagé :

« Tu perdrais ainsi la seule monnaie d’échange que tu crois avoir, ce serait dommage non ? Et puis me faire enchaîner ? Très peu pour moi, d’autant plus que j’émets de sérieux doutes quant à vos engagements. Je ne sors pas d’une prison pour retourner dans une autre. »

Voyant son air étonné, j’ajoutai avec un sourire dévoilant mes crocs :

« Oui, sur l’Île d’où je viens, j’ai été emprisonné parce que je ne respectais pas les lois des humains, et encore moins leurs vies. C’est dommage n’est-ce-pas ? Enfin mon peuple est bizarre, pourquoi vouloir vous protéger ? Surtout que vous vous entretuez, alors je trouve ça sympathique de vous aider… Enfin bref on s’égare. Tu disais ? Je pars d’ici ou tu tues celle que tu croies être ma maîtresse ? Le problème de ton marché, c’est que je n’en ai rien à faire de la vie de celle-là, tu vois ? Ceci dit c’est vrai que je préfèrerais la tuer moi-même pour le manque de respect impardonnable dont elle a fait preuve envers moi, en jugeant ma compagnie indésirable alors que le peu d’humains à qui je fais cet honneur devraient s’en montrer dignes. »

Je marquai une petite pause pour prendre un air contrarié, tout en mobilisant mes ressources : il était temps de passer à l’action. Dans le passé, en plus de l’énergie du Feu, je pouvais jouer sur l’esprit de mes cibles pour leur faire perdre leurs moyens et abaisser leurs résistances physiques et mentales en les emplissant d’effroi, j’allais voir si j’avais retrouvé une partie de ce pouvoir d’intimidation. Je comptais mettre toute la gomme : dans le passé, ma cible serait morte trois fois sur place d’une crise cardiaque après avoir mouillé ses chausses, mais vu le niveau désespérément bas qu’avaient atteints mes pouvoirs, mieux valait ne pas lésiner.

Je plantai donc le feu rubis de mes yeux dans ceux de la dénommée Fay, et repris la parole d’une voix très basse, aussi douce que tranchante, martelant chaque mot comme s’il était une incantation magique invoquant la mort sur la femme :


« Alors maintenant, toi tu vas m’écouter, car je vais te laisser un choix et je ne me répèterais pas. Dans l’immédiat, je considère vos morts comme inutiles car je suis pressé d’en finir avec la vie de celle que tu as au bout de ta misérable dague, et vous ne feriez que me retarder, voir me gêner, alors ou vous disparaissez de ma vue immédiatement en me laissant seul avec ma chère Edvah, ou bien vous partagez son sort de douleur et de mort. Pas d’autre option : ou bien vous déguerpissez, ou je vous carbonise sur place à petit feu, compris ? »

Que ma menace fonctionne ou non, j’espérais bien que la pirate en profiterait pour se dégager de la prise de son agresseur et s’occuper d’elle pendant qu’elle était affaiblie, car je ne pouvais pas la libérer moi-même sans risquer de la blesser : j’étais fait pour les attaques massives, pas les frappes chirurgicales, je m’occuperais donc pour ma part du sort de mon voleur préféré.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:35 (2017)    Sujet du message: Du sable, du soleil, et du sang.

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